‹ Histoire de l'abbaye du Bricot en BrieChapitre 52 sur 204 · Gallia cliristiana, t. XII, col · texte numérisé non relu

Gallia cliristiana, t. XII, col

4. Bibliùthùquc nationale, mss., Collection de Champagne, vol. XLIV, fol. 21 r».

Sous cette dernière, les religieuses se débarrassèrent de leurs dîmes de Châtillon-sur-Morin. Moyennant une redevance annuelle fixe d'un muid et demi de froment, d'une quantité égale de méteil et de seigle et de trois muids d'avoine, elles les abandonnèrent à trois habitants du pays, Pierre Pynon et Jean Dupuys, de Châtillon, et Christophe Barthélémy, du Bricot-la-Ville. Cette affaire fut conclue à Sézanne, par-devant deux notaires de la localité, Renaud Lelarge et Robert Frelat, le 28 juin i55o. Mais ni l'abbesse ni aucune des religieuses ne s'y rendit : elles étaient représentées par leur chapelain, Anselme d'Avaliville, muni des pouvoirs de la communauté '.

L'abbesse de Duyt étant morte en i552, fut remplacée par une religieuse de l'abbaye de Jouarre -, Marie d'Humblières, qui obtint ses bulles de provision, du pape Jules III, le 14 septembre de la même année 3. On lui donne, dans la liste des abbesses du Bricot, le nom deMarie P^ . Nous n'avons découvert, relativement à son administration, qu'une pièce de peu d'importance. C'est un acte par lequel l'abbesse de « Nostre-Dame du Bricot-aulx-

2. Célèbre abbaye de la Bric champenoise et du diocèse de Meaux, redevable de sa fondation, au vi° siècle, à Adon, frère de saint Ouen. Elle relevait directement du saint-siège (Ludovic Lalanne, Dictionnaire historique de la France, 2" éd., p. 1046).

3. Gallia cliristiana, t. XII, col. 57g; Archives départementales de la Marne, série H, fonds de l'abbaye de Notre-Dame du Bricot, carton IV, liasse 19.

Boys-lès-Sezanne » et tout le couvent assemblé en chapitre constituent messire Pierre Pouplier leur procureur à l'effet d'affirmer par-devant le prévôt de Sézanne que la communauté n'a trouvé aucun titre établissant son droit de propriété sur une maison sise dans cette ville, près l'église Saint-Julien, et alors en possession des héritiers d'un certain feu Nicolas Ricard. Cette procuration est du 27 février i562 (nouveau style) '.

C'est vers cette époque qu'éclatèrent en France les guerres de religion, déchaînées par la Réforme, et dont les conséquences devaient ôtre si désastreuses pour notre abba3^e. Ces luttes fratricides, auxquelles la politique ne resta point étrangère, pendant trente années agitèrent et ensanglantèrent de si pitoyable façon le royaume qu'on put, en plus d'un endroit, se croire revenu aux plus mauvais jours de la guerre de Cent Ans. Dans les ruines

I. Archives départementales de la Marne, série H, fonds de l'abbaye de Notre-Dame du Bricot, carton IV, liasse 8. Cette pièce porte encore le sceau de l'abbaye et le sceau, fruste, de l'abbesse. Voici, d'après les compilateurs de la Collection de Champagne {vo\. XLIV, fol. 2 1 V"), la description du premier : « Une Heur de lys de Florence, écrit autour : EDVVERCVS BE SBICOR INBO ». L'état actuel du sceau rend difficile le contrôle de cette bizarre lecture. Il est probable que l'exergue était tout simplement conçu ainsi : Sigillum conventus Bkate Marie de Bicor in Bosco. — On peut, en passant, signaler vers le même temps, la nomination d'un nouveau curé au Meix-Saint-Époing, le 14 mai i535 : nDominiit: Martinus Houilicr, presbyter diocesis lauditnensis, curatiis cura' et ecclcsiœ parrochialis de Ma^o Sancti Hispani » {Archives départementales de l'Aube, G, 67, fol 65 v").

RUINE DE l'abbaye DU BRICOT 123

qu'elles accumulèrent, la Champagne et la Brie eurent une large part. Le protestantisme avait pénétré de bonne heure dans cette province, grâce à sa proximité de l'Allemagne. Dès l'époque de François P'' (i 5 1 5-1 547), on vit la doctrine nouvelle professée à Sézanne par un jeune clerc nommé Dubec, natif des Essarts, qui, après avoir jeté le froc aux orties, était allé nouer des relations avec les réformés de Strasbourg et de Montbéliard. Arrêté, dégradé en 1641, il fut, quelque temps après, exécuté à Troyes comme hérétique '. Mais il laissait derrière lui des prosélytes : un autre enfant du pays, Jacques Sorel, devint en quelque sorte le coadjuteur de Calvin, qui l'envoya de Neufchâtel aux réformés de Troyes, où il organisa un consistoire et institua un séminaire de jeunes prédicants ", Plus près de notre abbaye, le seigneur d'Esternay, de Châtillon-sur-Morin et probablement aussi du Bricot-la-Ville, Jean Raguier, chevalier, embrassa la Réforme et s'en fit l'un des principaux champions dans la province. Fils de Louis Raguier et de Charlotte de Dinteville, ce gentilhomme que nous voyons pourvu à la cour de Henri II de l'office d'écuyer tranchant, avait rendu foi et hommage au roi, « à raison de son chastel,chastelleny, fief, terre et seigneurie d'Esternay et de sa terre et seigneurie de Chastillon-sur-Morain », à Paris, le i6 juin

1. Poinsignon, Histoire de la Champagne et de la Bric, t. II, p. 119.

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