‹ Histoire de l'abbaye du Bricot en BrieChapitre 55 sur 204 · Nouvelles recherches sur la France, l. Il, p · texte numérisé non relu

Nouvelles recherches sur la France, l. Il, p

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surent une ruine et une désolation dont la malheureuse abbaye ne se releva point '. Les détails manquent sur cet événement; mais tous les historiens qui en ont parlé sont unanimes à affirmer la grandeur du désastre -. Le souvenir s'en perpétua, parmi les religieuses du Bricot, comme d'une véritable catastrophe; bien des années après leur émigration à Sézanne, dont il sera question plus loin, il était encore vivant parmi elles.

Le couvent de Notre-Dame-des-Bois ne fut pas le seul sur lequel s'exerça la rage des calvinistes champenois. « C'est alors, écrit un historien moderne, que furent détruits, à Broyés, le prieuré de Val-Dieu, de Tordre des Chartreux ; à Pleurs, l'abbaye des Jardins, de l'ordre des Cîteaux; à Gaye, une autre abbaye; à Vertus, celles de Notre-Dame et de Saint-Sauveur » ^ ; et il faut ajouter, plus près du Bricot, l'abbaye de Nesle-la-Reposte +.

Les infortunées habitantes du Bricot-au-Bois

1 . Les pillards qui visitèrent le Bricot appartenaient sans doute à l'armée du prince deCondé, qui, vers le milieu de décembre lôôy, occupa Sézanne (Poinsignon, Histoire de la Champagne et de la Brie, t. Il, p. lyii ; Inventaire-sommaire des archives départementales de l'Aube, série G, t. 1, p. 178).

2. Bibliothèque nationale, mss., Collection de Champagne, vol. XLIV, fol. 21 r° et v°; Boitel, Recherches sur Esternay, p. 201; Desgucrrois, Saincteté chrestienne, fol. 267; Expilly, Dictionnaire géographique, t. VI, p. 809; etc..

3. Poinsignon, Histoire de la Champagne et de la Brie, t. Il, p. 172, note I.

4. Gallia christiana, t. Xll, col. 536; Courtalon, Topographie historique de la ville et du diocèse de Troyes, t. 111, p. 341.

s'étaient, semble-t-il, enfuies comme un troupeau de biches affolées devant l'affreuse tourmente. Marie d'Humblières ne put probablement survivre à tant de calamités. Nous trouvons, un peu plus d'une année après, sa remplaçante, Madeleine Desprez, retirée à Amiens, dans une abbaye de Prémontrés ', d'où, en attendant qu'il lui fût permis d'y rentrer, elle ne négligeait point les intérêts de son monastère du Bricot. En vertu du droit sur l'église de Châtillon-sur-Morin attaché au titre d'abbesse de Notre-Dame-des-Bois, elle choisissait, le cas échéant, le titulaire à pourvoir de cette paroisse. L'occasion se présenta d'exercer ce privilège en 1569. La cure de Châtillon s'étant trouvée vacante par le décès d'Etienne Gillaut, dernier curé, Madeleine Desprez arrêta son choix d'un successeur sur Etienne Doyart, religieux de l'ordre des chanoines réguliers de Saint-Augustin, que, par lettres faites dans l'abbaye de Saint-Jean d'Amiens en présence du prieur Jean Lagrené, elle proposa à l'évêque de Troyes Pierre de Bauffremont, le 14 août -. Peut-être le candidat présenté avait-il précédemment rempli dans l'abbaye du Bricot les fonctions de chapelain. L'abbesse, en tout cas, avait pris soin de s'assurer de la pureté de ses croyances et de son entière soumission à l'Église : elle le déclare exempt de toute souillure d'hérésie. Il est donc

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