Gallia christiana, t. XII, col
liques, obligées de vivre aux frais de Thabitanl et réquisitionnant vivres, fourrages et chevaux sur leur passage, tantôt par des bandes huguenotes, pour lesquelles le meurtre, l'incendie et le pillage semblaient n'être que jeu. Le pa3^s eut la visite des reîtres, ces redoutables alliés des calvinistes, qui, selon l'expression d'un contemporain, ne se faisaient scrupule de tuer les pa3'sans qui leur résistaient « non plus que de tuer ung poux » '.
Enfin, pour comble de misère, des bandes de malfaiteurs s'organisèrent, à la faveur de la confusion des partis et de l'anarchie régnante, et se mirent à dévaster les villages, à rançonner les vo3'ageurs, les gens de justice et d'Église -. La forêt de laTraconne devint le principal repaire de ces brigands : ils paraissent même sy être perpétués assez longtemps -\ Aussi n'y avait-il plus, dans le pays, ni commerce ni agriculture ; le cultivateur atfamé abandonnait son champ aux broussailles, et la campagne se dépeuplait.
On se demande si, au milieu de tant de désordre, parmi de si nombreux périls, la communauté du Bricot, quelque réduite qu'elle fût, put se maintenir.
1. Claude Haton, Mémoires (cité par Poinsignon, Histoire de la Champagne et de la Brie, t. II, p. 206).