Poinsignoiij op. cit., t. II, p
3. Dcsguerrois {Sainctetc direstienne, toi. 267 V), parlant de la partie de la forêt de la Traconnc où s'élevait le monastère du Bricot, rapporte « que ce lieu forestier et cscarté cstoit subjcct aux desbauches des malins et couppegorgc des voleurs ». Cf. plus haut, page 22, note.
Il est difficile de croire qu'après « la grande ruine qu'y firent les hérétiques en 1567 ' », elle n'eut pas encore à essuyer d'autres incursions, soit des huguenots, soit des pillards qui désolaient la contrée. Tous ces fléaux, cependant, touchaient à leur fin, et l'on commençait déjà à entrevoir le salut à l'horizon.
Il y avait trente ans que les discordes religieuses déchiraient la France ; la lassitude avait gagné les partis, et le peuple épuisé réclamait le repos. Le 25 juillet iSqS, Henri de Bourbon, devenu roi de France par la mort de Henri III (i58g), se décida enfin à abjurer solennellement le protestantisme. L'année suivante, il fut sacré à Chartres, et bientôt il triomphait des dernières résistances de la Ligue. Ce prince n'eut plus, dès lors, d'autre souci que de rétablir l'ordre dans le royaume, d'en cicatriser les blessures et de rendre à ses sujets la tranquillité et l'abondance. L'effet de cette sollicitude se fit sentir jusqu'au fond de la forêt de Traconne, et notre abbaye en éprouva tout spécialement les bienfaits.
Il paraît que le roi visita Sézanne en 1594, qu'il y logea et qu'il chassa dans les forêts voisines -.