‹ Histoire de l'abbaye du Bricot en BrieChapitre 79 sur 204 · Description de Sézanne, etc., p · texte numérisé non relu

Description de Sézanne, etc., p

lyO HISTOIRK \)K I. ABBAYK DU BRICOT

sitôt '. Les Sézannais obtinrent trente arpents de bois dans la forêt de la Traconne, décharge totale d'impôts royaux pendant quatre ans, décharge de moitié pendant quatre autres années à la suite, dix francs par minot de sel vendu au grenier à sel de la localité pendant huit ans, et des foires franches ^,

Nous ne savons quelle part eurent à supporter dans la triste calamité les religieuses du Bricot. On ne peut douter que, propriétaires de nombreuses maisons dans la ville et ses faubourgs, elles n'eussent été atteintes gravement dans leurs intérêts matériels; mais il semble que la demeure qu'elles occupaient, séparée par les murailles et les fossés de l'agglomération principale, ait été un des rares édifices que la flamme épargna.

Leur habitation était restée jusque là, d'ailleurs, fort peu importante, et, en présence des nombreuses demandes d'admission qui se produisaient, la nécessité s'imposait impérieusement de l'agrandir. C'est ce que l'on fit pendant le même temps

1. La rapidité avec laquelle la ville sortit de ses ruines est presque incroyable. L'incendie eut lieu en i632; Jean Bachot, qui en composa sa ridicule relation l'année suivante, s'excuse auprès des habitants d'apporter un ailoucisscinent inutile à une douleur déjà oubliée, et, toujours hanté de souvenirs classiques, se compare, à cette occasion, à l'empereur Tibère exprimant à des ambassadeurs de la ville de Troie ses condoléances sur la mort de leur cminent concitoyen Hector {Se^iannice urbis incendiiim..., p. 3).

2. Nouvelles recherches sur la France, t. II, p. 282; Archives de la ville de Sc:{anne.

que la ville se relevait de ses ruines. L'activité de Paule de Guédon fit surgir du sol presque en entier un monastère d'une ampleur suffisante '.

Grâce à l'intervention de Claude de Bouthillier de Chavigny, plus tard surintendant des finances sous la régence d'Anne d'Autriche, les religieuses de Notre-Dame obtinrent du roi, pour élever tout d'abord un dortoir qui leur manquait, le bois nécessaire à la construction et 2,000 francs d'argent comptant. La première pierre du bâtiment fut solennellement posée, le 29 juin i633, par le seigneur de Chavigny et sa femme Marie de Braguelonne. En souvenir de l'événement, on plaça sur les murs de la salle les armoiries des deux illustres protecteurs '.

Il n'était guère moins urgent de construire une église, qui faisait également défaut à la communauté. La même dame de Bouthillier intéressa encore la piété de Louis XIII à cette œuvre. Le roi

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