Le déplorable embrasement et incendie de Césane, p
l'abbaye du bricot a sézanne 169
entièrement consumées. Trois faubourgs furent également la proie des flammes. Au faubourg Go3'er, notamment, plus de cent belles demeures « où logeaient les marchands et voituriers et autres allant de Vitr}^ en Lorraine à Paris », furent complètement réduites en cendres; cent petites maisons plus pauvres, habitées par des mendiants, à demi ruinées. C'étaient, en tout, i,25o maisons détruites, sans compter les églises et les édifices publics. La grande halle, la hallette, l'église Saint-Denis, celle du prieuré de Saint-Benoît, les bâtiments de l'Hôtel-Dieu, les portes de la ville, guérites, corps de garde, pont-levis, avaient été dévorés par le feu. Les cloches des églises avaient fondu. Bref, Sézanne n'était plus qu'un amas de décombres fumantes. « Quand on auroit eu, dit le procès-verbal du sinistre, un commandement du roi de ruiner cette ville de fond en comble, il ne seroit pas possible de la réduire en cet état et calamité. » On évalua les pertes à 4,5oo,ooo livres'.
Les habitants avaient cherché un refuge dans les villages environnants". Grâce aux secours accordés par le roi et aux corvées imposées aux manants des paroisses voisines, la ville fut rebâtie presqu'aus-
1. Description de Sézanne suivie du procès-verbal de l'incendie, p. 16 et suiv. ; Nouvelles recherches sur la France, t. II, p. 281. — Les archives de la ville périrent dans l'incendie de i632 [Description de Sé:^anne.., p. i3).