I. Près de Villicrs-Saint-Gcorgcs
l'abbaye du bricot a sézanne i83
ment plus onéreuses que profitables ». Ce qui valait mieux pour l'abbajT, c'était le droit de chauffage qu'elle exerçait, de très vieille date, dans la forêt de la Traconne ', sur toutes les ventes ordinaires, droit qui était à la charge de l'adjudicataire et se montait à vingt cordes de bois pris dans la forêt. Enfin elle jouissait de rentes constituées, au nombre d'une vingtaine, recueillies depuis son établissement à Sézanne, de personnes diverses, parmi lesquelles nous vo3'ons figurer la duchesse d'Angoulême, le marquis de Lavalle, M'"'' de Grég}^ le seigneur de Morcins, MM. de Chévign}^', deThury, de Fontenay, de Dousigny, de Poussé, Saussoy, lieutenant-général à Provins, de Leuze, de la Chappelle et du Val de Saint-Remy. Ces rentes produisaient un revenu total annuel de 2,760 livres -\
Telles étaient les ressources de l'abbaye du Bricot, ressources plus variées qu'abondantes. Il fallait, avec cela, subvenir aux besoins d'une communauté assez peuplée. « Il y a, dit l'état dressé en 1668, 43 religieuses, lesquelles, l'une por-
1. Indépendamment de ce droit, « il appartient de temps immémorial à laditte abbaye cent cinq arpents de bois, scitués au Bricot, où étoit anciennement laditte abbaye, tenant à la forcst de la Traconne et à Monsieur le président Morel ». L'abbaye en tirait son bois de chauffage, estimé 35o 1. par an {Archives départementales de l'Aube, G, 886, état de 1729).
2. Seigneur de Neuvy-aux-Bois, près d'Esternay (Boitel, Recherches sur Esternay..., p. 55).
3. Arch. départ, de l'Aube, G, 886, état de 1668. — Document communique par M. l'abbé Millard, curé de Saint-Gond.
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tant l'autre, ne peuvent moins despenser, tant pour la nourriture qu'entretien, en mesnageant beaucoup, que la somme de 3oo livres. » A côté de cela, il y avait les dépenses communes de la maison : pour la chapelle, luminaire, cire, huile, entretien de l'autel, i5o livres; pour les gages du chapelain, même somme; pour le médecin, 100 livres; pour l'apothicaire et les drogues, i5o livres; pour les gages de quatre servantes, 100 livres; pour les menues réparations de la maison conventuelle et des fermes, 200 livres au moins; pour le combustible, 3oo livres; pour les ustensiles, fournitures et menus frais de cuisine, 200 livres, etc. A ces frais s'ajoutaient d'autres charges pour l'abbaye : l'obligation de faire dire quatre messes par an dans la chapelle de l'ancien couvent, au Bricot, plusieurs autres services ou messes pour des donateurs, des cens grevant au profit du roi les fermes de Montolivet et La Haye, à cause de la châtellenie de Tréfols, des créances passives montant en tout à 7,000 livres, dont on payait l'intérêt, u Pour ce qui est deub à laditte abbaye, ajoute l'état de 1668, est si esgaré que l'on ne le met point en ligne de compte '. »
C'était ainsi environ i5,ooo livres qu'il fallait chaque année aux religieuses pour maintenir leur communauté. Chacune d'elles, à son entrée, apportait une dot à l'établissement. Plusieurs rece-