‹ Histoire de l'abbaye du Bricot en BrieChapitre 93 sur 204 · Expilly, Dictionnaire géographique, t. VI, p · texte numérisé non relu

Expilly, Dictionnaire géographique, t. VI, p

3. Toutes les dots des religieuses furent employées à ces acquisitions ou à des constructions (dortoir, logis abbatial, chapelle, infirmerie). [Arch. départ, de l'Aube, G, 886.)

4. Archives de la ville de Sézanne. — L'acte d'acquisition donne les noms de vingt-neuf religieuses professes alors dans la communauté : Antoinette de Champagne, prieure, Anne Ayman, sousprieure, Louise Cadet, dépositaire, NicoUe de Bermen, Marguerite de Bermen, Madeleine de Picot, Gabrielle de Champagne,

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entre bonnes mains dans celles de l'abbesse de Poussé. Nous voyons en elle une administratrice habile et nullement indifférente.

Sous son règne, le monastère eut, ce qui n'était pas nouveau, une grosse difficulté avec le curé de Châtillon-sur-Morin à l'occasion des dîmes de cette paroisse. Elles appartenaient en commun à notre abbaye, au prieuré de Saint-Julien de Sézanne et au seigneur d'Esternay, chacun de ces codécimateurs, à tour de rôle, les levant à son profit, c'est-àdire une année sur trois. Une partie, toutefois, en devait être abandonnée toujours au curé. C'était là, sous l'ancien régime, le revenu le plus clair, souvent bien insuffisant, des malheureux desservants ruraux. Tandis que d'orgueilleux prélats vivaient fastueusement sur des revenus princiers, comme l'éveque de Strasbourg auquel son siège

Louise de Durand, Anne Gérard, Valentine Boubcr, Marie Lefebvrc, Marie Ayman, Claude GilVey, Marie de Durand, Angélique Desroches, Marguerite de Bretcl, Marie Giffey, Anne de Bellay, Jeanne de Nugaul, Charlotte du Val, Madeleine de Durand, Anne du Saussoy, Geneviève Chasle, Marie Pajot, Catherine du Saussoy, Catherine-Hilaire d'Ollivet, Madeleine de Hénault, Marie-l'élise de Bcrmen cl Françoise Ricard. De ces noms, plusieurs figurent déjà, sous une forme un peu différente, dans la liste que nous avons reproduite plus haut (p. iS5 - 186). C'est que les noms patronymiques n'avaient pas, avant notre siècle et la constitution de l'état civil, l'orthographe arrêtée et immuable sans laquelle nous ne les concevons plus aujourd'hui. Entre les ditlerentcs manières dont on trouve les mêmes noms de famille écrits dans les documents, il est parfois, cl c'est ici le cas, assez embarrassant ilc choisir.

rapportait 400,000 livres, ou l'évêque de Cambrai qui en avait 200,000 ', de pauvres ecclésiastiques campagnards touchaient à peine de quoi assurer leur maigre subsistance. Aussi, n'était-il point rare de voir ces déshérités mettre quelqu'âpreté à poursuivre le recouvrement de leur portion congrue sur la dîme, généralement aux mains de titulaires plus fortunés. Par la difficulté même de sa perception, d'ailleurs, et par sa quantité variable suivant les années et les récoltes, la dîme offrait une matière naturelle à chicane. Déjà, en 1648 et en 1626, celle de Châtillon avait, comme on l'a rapporté plus haut", suscité des contestations entre les religieuses du Bricot et le curé. Mais les choses s'étaient arrangées par voie de transaction amiable ou miamiable. Depuis ce temps, les religieuses avaient régulièrement payé, chaque fois qu'elles avaient pris la dîme, trente-six setiers de grains, et le curé s'en était toujours contenté. C'était, paraît-il, a peu près tout ce qu'elles pouvaient faire, la dîme de Châtillon, en mo3^enne, ne rapportant guère plus, et les réparations d'entretien à faire à l'église devant être payées sur son produit. En somme, la communauté était portée à considérer ces dîmes comme plus onéreuses qu'avantageuses. Le curé de Châtillon recevait d'ailleurs sensiblement moins des

1. A. Gasquet, Précis des institutions politiques et sociales de l'ancienne France, t. II, p. 55.

2. Voir pages iig-120 et 146-148,61 pièces justificatives, numéros XXXVII et XLiii.

autres codécimateurs, lesquels ne lui abandonnaient chacun que vingt-quatre setiers '.

Vers la fin du xvii*= siècle ', un curé de Châtillon, messire Guillet, grand plaideur devant TÉternel et, si l'on doit ajouter foi au témoignage de l'abbesse de Poussé, devenu très habile en chicane « par la longue pratique qu'il a[voit] toujours eue avec tous les seigneurs des terres dont il a[voit] desservi les cures », s'avisa qu'il était peut-être lésé. Il obtint que les portions que lui payeraient le do3^en de Saint-Julien de Sézanne et le seigneur d'Esternay, alors le marquis de Jerlon, seraient de trentesix setiers. Le dernier avait accepté l'arbitrage de l'évêque de Troyes. « Il est constant, observait à ce sujet l'abbesse du Bricot, que les évêques sont toujours dans les intérêts de leurs curés, comme membres d'un corps dont ils sont les chefs ■'. ^)

Fort d'un premier succès, le curé de Châtillon retourna ses armes contre le couvent de Sézanne. La circonstance qui le détermina à agir fut que les dîmeurs, auxquels l'abbaye avait coutume d'amodier le revenu de sa dîme, l'avaient levée sur une terre novale de huit arpents. On désignait, sous le nom de novales, les terres nouvellement mises en culture ; d'après les règles du droit canonique, la

1. Arch. départ, delà Marne, série \\, fonds de l'abb. de N.-D. du Bricot, carton 111, liasse 7.

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