Ulysse Chevalier,' ztf supra
4. Lettre de Pierre de la Celle a Thomas Becket: Rogastis de familiaritate etamicitia... Quas proportionis habitudo inter abbatern cellensem et cancellarium regis Angliaa ?... Secundum post regem in quatuor regnis quis te ignorat ?... (Migne, Patrologie latine, vol CXC, col. 676, et vol. CCII, col. 426).
5. D'apres M. A. Longnon, les dates extremes de la pieriode pendant laquelle on voit apparaitre Pierre, abbe de Montier-la- Celle, comme conseiller de Henri le Liberal, dans les actes de ce prince, sont 1162-1 161. (Histoire des Comtes de Champagne, t. VII, introduction, p. 3o).
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claustrale, dedie precisement a ce prince '. Grace a cette variete d'aspects sous laquelle il se revele, Pierre de la Celle constitue une des figures lesplus curieuses du xn e siecle, et ce n'est pas une des moindres gloires de notre abbaye que d'avoir eu pour pere, en quelque sorte, un homme de cette valeur.
La physionomie d'Hersende nous apparait moins en lumiere. Les seuls renseignements que nous possedions sur elle sont ceux que fournit la charte de fondation de 1'abbaye, et ils se reduisent a bien peu de chose. En dehors de ce document, le nomde lacollaboratrice de Pierre de la Celle ne se retrouve dans aucun texte connu, et nous ne pouvons 1'eclairer que par des conjectures. Tout ce que nous savons d'une maniere certaine d'Hersende, c'est qu'elle avait un frere, du nom d'Eudes, chanoine, peutetre du chapitre de Troyes, et qu'elle etait mere de deux fils appeles 1'un Arnoul 2 , 1'autre Thibaud, et d'une fille qu'on ne nomme point. Sur un simple rap-
1. On peut consulter, sur Pierre de la Celle, I'Histoire litteraire de la France, t. XIV, p. SSG-SGy.
2. C'est evidemment cet Arnoul ou Arnulphe qui se trouve designe, sous le nom d'Arnulfus de Blicorno (pour Blicorio), comme approuvant une donation de Julienne de Plancy, dans une charte de 1'abbaye d'Andecy qui est, au plus tard, de Pannee 1169: .... Noverint... quod Juliana de Planci... dedit... monialibus de Antechois duos sextarios siliginis et sex sextarios avene ad mensuram de Planci, in terragio suo annuatim persolvendos ; laudante hoc Arnulfo de Blicorno, de cujus casamento est. (Lalore, Collection des principaux cartnlaires du diocdse de Troyes, t. IV, p. 264. Cf. abbe Millard, Histoire de 1'abbaye d'Andecy, p. 34).
FONDATtON DE L*ABBAYE
prochement de noms, un erudit s'est cru autorise a voir dans notre Hersende la mere de la fameuse Heloi'se, maitresse d'Abelard, plus tard abbesse du Paraclet. Cette opinion, il faut bien le reconnaitre, et nous ne sommes pas le premier a le faire, ne repose sur aucun fondement 2 . II est probable qu'Hersende se trouvait reduite a la triste condition de la veuve 3 ; peut-etre son mari avaitil succombe dans la derniere croisade, conduite pendant les annees 1 147-1 149 par le roi Louis VII, peut-etre la mort 1'avait-elle surpris dans une de ces guerres incessantes que les seigneurs feodaux soutenaient entre eux. II est permis de supposer que, voyant ses enfants grandis et en age de se pas-
1. F. C. Turlot, Abailard et He'lo'ise, avec un apercu du xn siecle, p. 1 54, 1 55; le passage est loin d'ailleurs de presenter toute la clarte desirable.
2. On lit dans le Gallia Christiana (t. XII, col. 672) : Heloysa fuit filia cujusdam mnlieris nomine HERSENDIS; et deux ou trois pages plus loin (col. 578) : HERSENDIS, ex comitissa de Bricolio, ejusdem loci abbatissa medio circiter scecido duodecimo.... Turlot a evidemment subi la suggestion de cette coincidence. Mais estelle autre chose que 1'efFet d'un hasard ? Beaucoup de femmes, au xii et au xiii" siecle, portaient le nom d'Hersende. M. Charles de Remusat (Abelard, t. I, p. 46, note) juge ainsi 1'assertion de cet auteur : C'est une pure conjecture de Turlot que de donner pour mere a Heloi'se la premiere abbesse de Sainte-Marie-aux-Bois, pres Sezanne, Hersendis, qui aurait etc la maitresse d'un Montmorency et qui aurait passe pour etre celle de Fulbert. Cf. Michelet, Histoire de France, ed. Lacroix, t. II, p. i83,note i.
3. C'est ce que Ton peut inferer du silence absolu de la charte de fondation a 1'egard de son mari. S'il avait ete vivant, il est difficile d'admettre qu'on ne 1'eut pas nomme dans cet acte, ou
, J^a mention de son consentement n'etait pas superflue.
ser de 1'appui de leur mere, c'etait pour realiser un reve de vie claustrale depuis quelque temps caresse et pour isoler plus completement du monde sa viduite qu'elle instituait une maison religieuse, car elle-meme allait y prendre le voile avec sa fille, ces deux pieuses femmes voulant ainsi former le premier noyau de la communaute. Nous ignorons quel rang social Hersende abandonnait pour se consacrera la vie monacale.il semble qu'elle etait personne de qualite, de condition noble tout au moins, puisque notre charte lui donne le titre de domina, que Ton ne prodiguait pas au xn e siecle comme cela se fit par la suite. Elle n'etait nullement, d'ailleurs, depourvue de ressources; nous voyons, par le meme document, qu'elle affectait sa fortune a la construction du monastere. Ses biens devaient consister surtout en terres autour du Bricot, qu'elle habitait et qui etait alors soit un village deja, soit une metairie avec dependances, soit plutot un chateau entoure de quelques habitations de cultivateurs, nous ne saurions preciser au juste. Dans le pays, Hersende etait communement designee sous le nom de Comtesse ou la Gomtesse (en latin comit issd) ; c'esttou jours la"charte precitee qui nous 1'apprend. Nous ignorons d'ou lui etait venue cette denomination, prenom ou surnom, dont il serait aise, au reste, de citer d'autres exemples a la meme epoque l . II est certain que ce n'etait point
i. Ainsi la femme de Hugues III, vicomte de Chateaudun, s'appelait Comtesse (D'Arbois de Jubainville, Hist, des comtes de
FONDATION DE L ABBAYE
un litre. Aussi, qu'elle qu'en ait etc 1'origine, n'en saurait-on conclure, comme Ton fait avec trop de precipitation certains auteurs, qu'Hersende fut reellement comtesse du Bricot r .
Quand Pierre et Hersendeeurentdefinitivement arrete la fondation du nouveau couvent, ils eurent a se preoccuper du choix d'un lieu convenable pour 1'etablir. L'abbe de Montier-la-Celle design a et Hersende accepta, comme propre a cette affectation, un emplacement situe dans la foret de Saint-Me-
Champagne, t. II, p. 209, note i). De m6me, dans uncharte du Paraclet : Milo, dominus Nogennii..., pro Comitissa, nepte sua .., dedit... Milo Sanctus, pro filia sua Comitissa.. .(Lalore, Cartulaire duParaclet, p. g8-io5).
i. Le compilateur du cartulaire de Montier-la-Celle et les auteurs du Gallia Christiana (t. XII, col. 578) sont tombes dans cette meprise. On ne pouvait demander a 1'abbe Boitel, dont le livre (Recherches sur Esternay... ) fourmille dcs plus grossieres erreurs, de 1'eviter apres eux. Aussi la repete-t-il, mais en allant plus loin, puisqu'il trouve des comtes du Bricot au xvi" et au xvn siecle. En realite, les personnages qu'il decore de ce titre ne possedaient, par rapport au Bricot, que celui de seigneurs, ce qui n'est point tout a fait la m6me chose. Par une coincidence etrange cependant, le nom d'un comte de Bichor (forme orthographique que revet aussi dans les anciennes chartes notre mot de Bricot), fondateur de monastere, figure dans une bulle du pape Innocent III aEmeric ou Henri, roi deHongrie (ii96-i204).Voicil'analyse qu'on lit, dans Potthast, de ce document : 9 januar. 21 febr. i iy8. Laterani. Henrico regi Hungarian concedit facultatem monasterium illud, quod B. quondam comes de Bichor adificare incepitsed morie prceventtis consummare non potuit, in locum tutiorem transferendi (Regestapontif.roman.,t.I. p. 3). Remarquons,a ce propos,qu'une autre forme du nom du Bricot egalement usitee dans les anciens documents, Brichol, se retrouve, appliquee a un lieu sans rapport avec notrc Bricot, dans une charte auxerroise de ia65 citee par Du Cange (V noa) : In dicto bie^io de Brichol piscari valeant.
dard, a une courte distance a Test du Bricot actuel, sur la pente qui vient mourir aux bords du Grand- Morin. Bien que des bailments, pendant plusieurs siecles, se soient eleves en cet endroit, tout vestige d'habitations en a aujourd'hui disparu. Les bois ont reconquis ce terrain que la main de I'homme leur avait arrache pour un temps, et si une abondance insolite de pierres moussues 'et'couvertes de lierre, disputant le sol aux troncs presses des futaies, n'etonnait a cette place le regard, seule une vague tradition pourrait nous rappeler ou a existe jadis 1'abbaye du Bricot, car les ruines meme ont cesse d'y etre visibles. Ipscc periere ruince!
Ce lieu ne ressemblait point, il s'en faut,au milieu du xn e siecle, a ce qu'il nous apparait aujourd'hui. Le riant pays que nous connaissons n'etait alors, sauf peut-etre quelques cultures dans le fond de la vallee, qu'une vaste region boisee, sombre, humide et malsaine, entrecoupee de marecages, peu frequentee, moins peuplee encore l . II fallait que ce
i. Mais ce n'etait nullement un lieu mal fame ou dangereusement frequente, comme 1'avance Desguerrois et comme d'autres auteurs Font raconte apres lui, notamment les benedictins, dans le Gallia Christiana (t. XII, c. 5y8). Tres mal renseignees sur leurs origines, les religieuses du Bricot partageaient cette croyance, et c'est peut-etre d'elles-memes que 1'auteur de la Sainctete chrestienne 1'avait empruntee. Cette tradition paralt devoir etre rapportee plus justement a des evenements du temps des guerres de religion. Loin qu'elle flit un lieu d'iniquite , la solitude ou allait s'elever 1'abbayc du Bricot avait etc sanctifiee precedemment par les austerites d'un ermite. C'est 1'acte de fondation qui 1'atteste. (V. pieces justi/icatives, n I.)
FONDATION DE L ABBA YE
caractere sauvage et inculte fiat bien prononce, car, apres six siecles, le pays ne 1'avait pas completetement depouille. Au milieu du xvin e siecle encore, si Ton s'en rapporte a la carte de Cassini, dressee sous les regnes de Louis XV et de Louis XVI, les prairies qui s'etendent actuellement sur les deux rives du Grand-Morin, du Meix-Saint-Epoing a Chatillon, ne sont que d'insalubres marecages; a Test et au sud-est, la foret de la Traconne est couverte d'un reseau d'innombrables et larges flaques d'eau, a peine dignes du nom d'etangs.
Mais vers 1 1 5o, a cette epoque de ferveur religieuse ardente et de sublime mysticisme, plus un lieu etait repute inculte, desert et inhabitable, plus il revetait de charmes pour les ames d'elite resolues a quitter le monde et a vivre dans les rigueurs de la vie ascetique. Il leur semblait que plus elles s'eloignaient des hommes en s'isolant au sein d'une nature apre et inhospitaliere, plus elles se rapprochaient de Dieu. Un pieux ermite, du nom de Fromond, avait naguere vecu, comme un saint Jerome ou un saint Chrysostome , n'ayant pour temoins de ses austerites que les animaux de la foret, dans cette solitude ou Hersende ne redoutait point de s'ensevelir. Les grands bois mugissants, tels que ceux qui entouraient cette retraite, plus impenetrables et plus mysterieux en ce temps qu'aujourd'hui, exercaient une secrete attraction et comme une fascination sur 1'esprit contemplatif des ascetes. Si, bien souvent, des hommes s'y etablissaient dans le dessein de
les defricher et de les conquerir a la culture, frequemment aussi Ton voyait des femmes, .faibles et sans defense, venir s'y retirer pour gouter, dans le recueillement tranquille de leurs profondeurs, toutes les jouissances qui naissent d'une mysticite exaltee. La, bien loin des bruits humains, dans le murmure suggestif des hautes futaies ou parmi les grondements pleins de vagues terreurs des arbres seculaires, les imaginations s'echauffaient, les cerveaux s'enflammaient, et d'etranges et surnaturelles visions apparaissaient aux regards eblouis, 1'oreille etonnee percevait des sons n'ayant rien de terrestre. On peut voir, dans les oeuvres de Roswitha, la docte religieuse allemande du x c siecle, de quels prodiges merveilleux fut le theatre la foret au milieu de laquelle s'eleva son monastere de Gandersheim l .
A une certaine distance du Bricot, separe de cette localite par toute la largeur de la foret de Saint-Medard, dans la direction de Troyes, existait un monastere d'hommes, bati au vn siecle par saint Serein, et que, du nom de son fondateur, on appelait la Celle-Saint-Serein. II adonne naissance a un village qui subsiste encore et porte le nom de la Celle-sous-Chantemerle. Cette. communaute n'etait qu'un simple prieure, dependant de 1'abbaye de Montier-la-Celle. Mais le terrain sur lequel devait etre construite 1'abbaye du Bricot
i. Carmen de pri mordi is ccenobii Gander sheimensis, i85 et ss.j Migne, Patrol, lat., vol, GXXXVII, col. 1140,
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lui appartenait. C'est pourquoi 1'abbe Pierre, avant d'en disposer, reunit le chapitre de Montier-la- Celle, lui communiqua son projet et le consulta. II obtint sans peine 1'assentiment des religieux. Alors il fit une cession solennelle de 1'emplacement a Hersende. Deux conditions toutefois, auxquelles il a etc fait allusion plus haut, furent imposees a la dame : 1'une etait qu'elle emploierait ses biens propres, c'est-a-dire distincts de la portion d'heritage sur laquelle ses enfants avaient des droits, a la construction de batiments pour la communaute acreer; 1'autre, qu'elle y revetirait 1'habit ety ferait profession avec sa fille.
En meme temps, d'autre part, il etait arrete qu'Hersende prendrait la direction et serait la superieure de la nouvelle maison. Le nom d'abbaye n'est pas ecrit dans notre charte de fondation, par ce que cette communaute naissante n'etait pas encore, a proprement parler, une abbaye; elle restait a un rang inferieur, subordonnee a Tautorite de 1'abbe de la Celle, et meme, semble-t-il aussi, quoique certainement dans une moindre mesure, ii celle du prieur de Saint-Serein. De meme, et precisementpour cette raison, on ne donne pas a Hersende le nom d'abbesse. Ses pouvoirs neanmoins, bien que non absolus ni entierement indcpendants, etaient etendus. Elle devait etre consideree comme maitresse des biens de 1'etablissement, dont Tadministration lui appartiendrait exclusivement, et elle gouvernerait les religieuses qui entreraient dans le convent. Remarquons cependant que
son autorite, relativement aux admissions, etait limitee. II etait dit qu'elle ne pourrait recevoir les postulantes quede la licence, soit de 1'abbe de Montier-la-Celle, soit du prieur de Saint-Serein. G'est egalement a 1'abbe de Montier-la-Celle qu'elle devait avoir recours si quelque desordre grave survenu dans le monastere necessitait 1'intervention d'une main et d'une autorite viriles.
Pour le service spirituel, un moine, appele sans doute de Montier-la-Celle ou de Saint-Serein, etait adjoint a la communaute, en qualite d'aumonier, c-omme nons dirions aujourd'hui. Son entretien etait a la charge de 1'abbaye, tenue de lui fournir le vivre, l'habillement et le couvert. Mais, afin de prevenir des conflits possibles entre lui et la superieure, il etait nettement stipule qu'il ne s'ingererait ni dans I'administration des biens du monastere, ni dans le gouvernement interieur de la congregation. Son domaine etait purement spirituel, et ses fonctions devaient se reduire a la celebration des offices et a I'administration des sacrements : tantum vktu et vestitu contentus, lui dit un peu brutalement le statut organique, officiis Dei sludeal.
Comme, par suite de la donation de terrains que Pierre faisait a Hersende, les biens de Montier-la-Celle subissaient une legere diminution, il fut convenu que, pour reparer ce prejudice, la nouvelle communaute servirait chaque annee a celle qu'on pouvait considerer comme sa maison-mere une rente de cinq sous tournois. La charge etait
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proportionnee i la mediocrite des revenus dont allait jouir pendant ses debuts le monastere du Bricot. Mais il pouvait grandir, s'etendre, s'enrichir, devenir une communaute independante.
Dans ce cas, pour qu'il n'oubliat pas ce qu'il devait a 1'abbaye de Montier-la-Celle et qu'un lien assez fort continual a le rattacher a sa souche, le taux de la redevance annuelle devait etre double, c'est-a-dire porte a la somme de dix sous tournois. Enfin, ce qui nait doit mourir, et il est sage de tout prevoir. Si, par la negligence ou I'imperitie des religieuses, le nouvel etablissement se trouvait un jour tellement depourvu de ressources qu'il devint necessaire de 1'abandonner, ou bien que, le desordre s'y etant introduit, la facheuse extremite s'imposat de le supprimer, la charte decidait que la place en reviendrait a la Celle-Saint-Serein. Cette derniere clause n'avait rien que d'assez juste et naturel. Telle fut la fondation de 1'abbaye du Bricot ', a
(i) Notre recit est compose a 1'aide des renseignements contenus dans la charte de fondation (V. pieces justtflcatives, n I). Les religieuses du Bricot oublierent promptement les circonstances de cette fondation. Au xvir et au xviii" siecle, elles n'en avaient plus le moindre souvenir. Dans un etat dc 1'abbaye date de 1668, on lit ceci : Convient en premier lieu remarquer que laditte abbaye a este fondee des un tres longs temps par les comtes de Champagne; lequel comte ayant este reuny a la couronne de France, laditte abbaye est tombee a la nomination du Roy. Plus loin on apprend que, pour la plus grande partie, les tiltres de la fondation ont etc pcrdus et esgares, en tclle sorte qu'on ne les a jamais pu recouvrer (Archives departementales de I'Aube, G, 886). Interrogees, en 1729, sur leur origine, voici ce que les religieuses repondent ; Pour obcir aux ordrcs de sa Majestc,
laquelle se melerent plus ou moins un assez grand nombre de personnages, dont malheureusement les noms seuls rappeles ne nous permettent pas de reconstituer surement 1'identite. On remarque, parmi eux, un prieur, nomme Thomas, qui devait appartenir a Tune des maisons de Montier-la-Celle ou de Saint-Serein, les deux fils d'Hersende, Arnoul et Thibaud, ainsi que le chanoine Eudes, son frere. Telle aussi fut 1'organisation primitive de cette petite communaute, que nous verrons, au milieu de peripeties diverses, avec des alternatives de bonne et de mauvaise fortune, accomplir , courageusement une carriere plus que six fois seculaire et ne disparaitre que lorsqu'un arret commun proscrivit, en France, toutes les communautes reli-' gieuses, pendant la tourmente revolutionnaire.
nous, abbesse..., declarons ne point avoir de certitude quels sont nos fondateurs; 1'opinion la plus commune est que ce sont les comtes de Champagne. Madame Charlotte Boulanger, qui a resigne cette abbaye a dame Paule de la Rouerre-Guedon, lui a toujours dit que tous les papiers de la fondation et autre bien de 1'abbaye avoient este brulez durant la guerre des Huguenots. II reste seulement quelques titres dattez de 1228 et.un autre de i3g2, ce qui marque 1'anciennete de 1'abbaye (Archives departementales de I'Aube, G, 886, etat de 1'annee 1729).