‹ Histoire de l'Abbaye du Bricot en Brie (XIIe siècle-1792) [microform]Chapitre 28 sur 194 · PROSPERITY DE L'ABBAYE AU XIII C SIECLE · texte numérisé non relu

PROSPERITY DE L'ABBAYE AU XIII C SIECLE

Ce seigneur du Bricot, dont la mort survint peu apres la date ci-dessus ', etait-il un parent de 1'abbesse Emmeline, qui presidait, au commencement de la seconde moitie du xm e siecle,aux destinees de notre abbaye? On serait, dans une certaine mesure, amene a le penser,a considerer le soin touchant que prit,en 12 55 2 , cette devote personne de fonder, dans son monasterememe, un anniversaire a la memoire du defunt chevalier, ainsi qu'a celles de sa femme et de ses pere et mere. II est vrai qu'il avait pu s'acquerir des titres particuliers a la reconnaissance d'Emmeline, car nous voyons qu'elle jouissait, surune grange ayant appartenu a Guillaume, d'une rente annuelle d'un setier de vin. Ce fut precisement ce revenu que 1'abbesse affecta a sa pieuse fondation. Le doyen de la collegiale de Sezanne, Thibaud, lui preta son assistance pour 1'accomplissement des formalites relatives a cet acte 3 .

vinum etquicquid habet apud Seu% et apud Castellionem, usque ad valorem IIII XX libratarum terre. Dominus Gilo de Vilegntis, sororius ejus, tenet de ipso, au Blicor et apud Seu% et apud Castellionem, circiter XXX libratas terre. Item, Johannes de Fontenelles tenet de ipso, apud le Blicor, circiter XXX libratas terre. Ut dicit, non debet gardam . (A. Longnon, Role des fiefs de Tldbaitd le Chansonnier, p. 28 1, art. io5o.)

2. 11 y aurait eu, d'apres Boitel,un peu avant cette date, en 1254, Une donation faite aux religieuses du Bricot et qu'aurait approuvee Guidon, abbe de Nesle (Recherches sur Esternay..., p. 33j). Nous n'avons retrouve aucune trace de cet acte. Son existence ne nous parait point suffisamment demontree par 1'assertion d'un auteur trop sujet a caution.

Parmi les seigneurs de la portion de la Brie qui nous occupe dont les noms se retrouvent dans les listes de vassaux des comtes champenois, il en est un encore qu'il convient de signaler, non pas tant a raison de sa qualite de tres proche voisin de notre abbaye que parce qu'il figure dans une transaction interessant cette derniere. II s'agit de Jean de Launat. On n'a pas oublie l'emplacement du hameau de Launat, faisant face presque, par dela le vallon du Morin, aux constructions de Notre-Dame-des- Bois. II y avait jadis a Launat une maison forte relevant directement du roi. Un Jean de Launat, chevalier, est indique, comme occupant ce chateau, par un des roles de vassaux dont 1'original pouvait etre de la fin du xn e siecle ou du commencement du xm e . Le meme chevalier possedait des serfs a Gimbrois l et avait obtenu du roi la gruerie, c'est-a-dire la charge de gruyer ou juge inferieur en matiere de forets, chasse, eaux et peche, de cent-vingt arpents de bois, bien probablement dans la foret de la Traconne et peut-etre meme tout proche de 1'abbaye 2 . Dans les feoda Campanice de 1 25 1, apparait un heritier du precedent, portant ie meme nom que lui et le titre d'ecuyer. II est donne

1. Canton de Villiers-Saint-Georges, arrondissement de Provins (Seine-et-Marne).

2. Archives nationales, P, 1114, Registre des vassaux du comte de Champagne : Ce stint lifie de la chastellerie de Provins... Johannes de Alneto, miles, juratus dixit quod tenet domum fortem de Alneto de rege. Item, tenet homines de Gimbrois, pro quibus dedit ei rex gruariam centum et viginti arpentorum nemoris .

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comme tenant du comte de Champagne une maison a Verdey, des terres, des pres, des vignes, des droits justiciers, et, par sa femme, environ vingtcinq livrees I de terre ; apres la mort de la dame de Verdey, il devait recueillir son heritage. En outre, il avait des vassaux a Verdey : Villain de Verdey, Jean de Verdey, frere de Villain, Herve de Mecringe, Hugues de Reveillon 2 .

G'est en 1 268 que Jean de Launat, deuxieme du nom, fait une apparition, momentanee et dans un role a la verite des plus effaces, au milieu de 1'histoire de notre abbaye. Un chevalier, nomme Thibaud de Vanne, avait vendu aux religieuses du Bricot un terrage qu'il avait a Seu. Par ce nom de terrage, on entendait le droit, pour le seigneur, de lever sur les recoltes une certaine redevance en nature, de proportion variable suivant les cas, droit appele indifferemment encore agrier ou champart 3 . On sait, d'un autre cote, que, sous le regime

1. La livre'e representait unevaleurde terre produisant annuellement une livre de revenu. C'etait une mesure agraire etablie, non sur 1'etendue, mais sur le rapport (Cf. Du Cange, Glossarhim mediae et infima latinitatis, v libra, edit. Favre, t. V, p. 97).

2. A. Longnon, Roles des fiefs du comte' de Champagne, p. 282- 233, art. io56 : Johannes de Alneto, juratus, tenet domum de Verdi, terras, prata, vineas, justiciam, circiter XXV libratas terre de dote uxoris sue et de ballio puerorum et, post mortem domine de Verdiaco, excadantiam. Dominus Villanus de Verdeio tenet de ipso, apud Verdi, XXV. libratas terre. Dominus Johannes, frater ejusdem Villani tenet XXV libratas terre de ipso. Dominus Herveus de Mesclinges et Dominus Hugo de Rivellon tenent de ipso, apud Verdi, L libratas terre. Non debet gardam, ut dicit.

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