Lalore, Cartnlaire du Paraclet, introduction, p. vi
2. Bibliothdque nationals^ mss., Collection de Champagne, vol. XLIV, fol. 21 v.
3. Archives departementales de la Marne, serie H, fonds de Vabbaye de Notre-Dame du Bricot, carton III, liasse 12.
Bricot et le cure de Chatillon-sur-Morin, messire Nicolas Hiard. C'etaientderechef les dimes de cette paroisse, lesquelles, on s'en souvient ', appartenaient, de trois annees 1'une, a notre communaute, qui fournirent 1'occasion du litige. L'abbesse le perditen premiere instance : une sentence du baiili de Sezanne reconnut le cure de Chatillon fonde a reclamer trois grands muids de grain, par tiers froment, meteil et avoine, chaque annee ou les dimes de son eglise competeraient aux religieuses. Paule de Guedon, ne se tenant pas pour battue, porta appel de ce jugement devant le Parlementde Paris. Mais sa cause etait mauvaise, et elle ne pouvait que la perdre une seconde fois. La prudence maternelle s'interposa a temps pour epargner a la jeune abbesse la contrariete d'une nouvelle defaite. Se portant garante pour sa fille, Jeanne-Baptiste de Marmier conclut avec messire Nicolas Hiard un accord ou 1'un et 1'autre declaraient se desister de 1'instance, moyennant certaines conditions : la vicomtesse de Saconay prenait 1'engagement de faire toucher a messire Hiard une somme de 80 deniers, a litre d'indemnite pour ses debours de justice, plus 60 livres tournois, comme equivalent des arrerages auxquels il pouvait pretendre sur les dimes; en outre, elle promettait de faire reconnaitre pour 1'avenir, par un acte en forme, les droits du cure, conformement a la sentence du
i. Voir plus haul, page ng.
juge sezannais. Cette transaction cut lieu le 6 mars 1626 '.
A tres pen de temps de la, les religieuses de Notre- Dame-des-Bois obtinrent du roi Louis XIII, par lettres patentes donnees a Paris au mois de fevrier 1627, la confirmation de a plusieurs beaux droits d'usage, pannage, pasturage et privileges)) dont elles jouissaient dans la foret de la Traconne, droits, disait 1'acte royal, que nos predecesseurs, rois et princes de bonne memoire leur ont donnes et concedes et qui leur ont etc confirmes de temps en temps, mesme par le feu roy Henry le Grand 2 . II est certain qu'animee d'une pieuse ardeur, la jeune superieure deployait le zele le plus actif pour tons les interets de sa communaute. Un document posterieur de quelques annees a sa nomination lui rend pleinement temoignage en ce sens et resume sa tache en affirmant que, depuis son installation, la nouvelle abbesse a travaille de tout son pouvoir a la recherche des droicts et revenus perdus d'icelle abbaye, aux reparations des bastiments et edifices et en premier lieu de 1'esglise, cloistre et logemens des religieuses, a 1'appel, convocation et establissement de filles religieuses, au restablissement du sainct office divin et fmalement a 1'introduction et establissement de la reforme de 1'ordre et estroicte closture, qui jusques alors n'y avoit jamais este observee; ce qu'elle auroit... assez heureusement