‹ Histoire de l'Abbaye du Bricot en Brie (XIIe siècle-1792) [microform]Chapitre 71 sur 194 · Maurice Poinsignon, Geographic de la Marne, p · texte numérisé non relu

Maurice Poinsignon, Geographic de la Marne, p

5. Bibliotheque nationale, mss., Collection de Champagne, vol. GXIX, fol. 82. Cf. Millard, Histoire de Vabbaye d'Andecy, p. 2.

jusqu'a Vinde et aux bois de Saint-Nicolas, comprenant le Champ-Benoist, la Vaurache, Jambejoux, le Clos, jusque et compris le Petit- Vinde, qui servoit de faubourg r > Ce qui est certain, c'est que son nom ne se rencontre dans aucun document avant le xi e siecle. Elle appartenait alors a Hngues de Broyes et formait un comte 3 . Reunie, en 1 162, au domaine du comte de Troyes, nous la voyons, presque quarante ans plus tard, figurer comme 1'une des sept chatellenies que Thibaud III (1197-1201) assigna en douaire a sa femme Blanche de Navarre par son contrat de manage. Elle entra de nouveau dans le douaire d'une comtesse de Champagne avec Marguerite de Bourbon , femme de Thibaud IV. Apres avoir d'abord suivi, en 1284, le sort de laChampagne, rattachee, comme on sait, a la couronne depuis cette epoque, elle en fut distraite ulterieurement pour former 1'apanage d'une branche de la famille d'Orleans 3 . Plusieurs fois, dans le cours de ses destinees, Sezanne subit les fatales consequences de la guerre. Thibaud IV la rasa en 1228 (ou 1229), mais la reconstruisit aussitot, trop tot, il est vrai, car a peine rebatie, les

1. Bibliotheque nationale, mss v Collection de Champagne vol. CXIX, renseignements donnes comme tires d'une note communiquee par Grosley .

2. Courtalon, Topographic historique de la ville et du diocese de Troyes, t. Ill, p. 3i5; Maurice Poinsignon, Geographic de la Marne, p. 96.

3. Courtalon, loc. cit.; Baugier, Memoires historiqnes de la province de Champagne, t. I, p. 872.

TENTATIVE DE RESTAURATION l5y

troupes de saint Louis 1'incendierent, en 1240 '. On a vu plus haut comment, par deux fois, la guerre de Cent Ans et les guerres de religion entrainerent pour 1'infortunee cite le renouvellement de semblables desastres.

A 1'epoque de Louis XIII, Sezanne passait pour utie des cites champenoises les plus attrayantes. Les maisons y etaient fort bien belies et... tres belles...; ladite ville etant habitee par plusieurs officiers tant du baillage, prevote, election, grenier a sel, eaux et forets que bons bourgeois, qu'honnetes marchands de longue main, ils s'etaient efforces de se bien accommoder et y batir des maisons dignes de leurs qualites et conditions 2 . La place etait ceinte de murailles reputees assez bonnes ; une fausse porte ou poterne et quatre principales portes y donnaient acces : la porte de Broyes au nord , la porte de Paris ou porte Gohier a 1'ouest, la porte de la Juiverie au sud et la porte Notre-Dame a Test 3 . Mais les maisons debordaient fort au-dela de 1'enceinte des murs et formaient, sur les chemins de Chalons, de Paris et de Troyes, des faubourgs importants. C'est dans Tun de ceuxci et non dans la ville meme, a proprement parler, que les religieuses du Bricot avaient arrete le dessein de se fixer.

1. Maurice Poinsignon, Geographic de la Marne, p. 96 et suiv.

2. Description de la ville de Sezanne sitivie du proces-verbal de Vincendie de cette ville en 16X2, p. 17.

3. Baugier, Memoires liistoriqites, t. I, p. 872 ; Bibliotheque nationale, mss., Collection de Champagne, vol. XLIV, fol. 14.

Tout semblait les attirer a Sezanne : la proximite de cette localite par rapport a leur premier etablissement, les avantages materials qu'offrait la ville, abondante en ressources de loute espece, les nombreux interets, droits ou proprietes qu'elles y possedaient, la faveur que leur avaient constamment temoignee les habitants, enfin le catme et la tranquillite de cette paisible residence, a laquelle sa vieille et majestueuse eglise, a 1'aspect imposant de cathedrale, pretait comme un air de pieux recueillement. Sezanne n'etait done nullement un sejour mal choisji pour une maison religieuse, et ce qui le prouverait encore au besoin, c'est que, malgre son importance mediocre, elle en renfermait deja quatre : un prieure, une collegiale, un couvent de Cordeliers et un couvent de Recollets.

Le prieure benedictin de Saint-Julien, remontant au moins au xi e sieete ', etait le plus ancien de ces etablissements 2 . II dependait directement de Cluny 3 . En 1 153, le pape Anastase IV lui accorda une confirmation de toutes ses possessions, parmi lesquelles nous voyons figurer les eglises Notre- Dame, Saint-Pierre et Saint-Nicolas de Sezanne, la dime de cette ville, celle de Chatillon-sur-Morin

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