‹ Histoire de l'Abbaye du Bricot en Brie (XIIe siècle-1792) [microform]Chapitre 93 sur 194 · Expilly, Dictionnaire ge'ographique, t. VI, p · texte numérisé non relu

Expilly, Dictionnaire ge'ographique, t. VI, p

3. Toutes les dots dcs religieuses furent employees a ces acquisitions ou a des constructions (dortoir, logis abbatial, chapelle, infirmerie). (Arch, depart, de I'Aube, G, 886.)

4. Archives de la ville de Sezanne. L'acte d'acquisition donne les noms de vingt-ne.uf religieuses professes alors dans la communaute : Antoinette de Champagne, prieure, Anne Ayman, sousprieure, Louise Cadet, depositaire, Nicolle de Bermen, Marguerite de Bermen, Madeleine de Picot, Gabrielle de Champagne,

entre bonnes mains dans celles de 1'abbesse de Pousse. Nous voyo.ns-en elle une administratrice habile et nullement indiffere,nte.

Sous son regne, le monastere eut, ce qui n'etait pas nouveau, une grosse difficulte avec le cure de Chatillon-sur-Morin a 1'occasion des dimes de cette paroisse. Elles appartenaient en commun a notre abbaye, au prieure de Saint-Julien de Sezanne et au seigneur d'Esternay, chacun de ces codecimateurs, a tour de role, les levant a son profit, c'est-adire une annee sur trois. Une partie, toutefois, en devait etre abandonnee toujours au cure. G'etait la, sous 1'ancien regime, le revenu le plus clair, souvent bien insuffisant, des malheureux desservants ruraux. Tandis que d'orgueilleux prelats vivaient fastueusement sur des revenus princiers, comme 1'eveque de Strasbourg auquel son siege

Louise de Durand, Anne Gerard, Valentine Bouber, Marie Lefebvre, Marie Ayman, Claude Giffey, Marie de Durand, Angeliquc Desroches, Marguerite de Bretel, Marie GifFey, Anne de Bellay, Jeanne de Nugaut, Charlotte du Val, Madeleine de Durand, Anne du Saussoy, Genevieve Chasle, Marie Pajot, Catherine du Saussoy, Catherine-Hilaire d'Ollivet, Madeleine de Henault, Marie-Felise de Bermen et Francoise Ricard. De ces noms, plusieurs figurent deja, sous une forme un peu difFerente, dans la' liste que nous avons reproduite plus haut (p. i85 - 186). C'est que les noms patronymiques n'avaient pas, avant notre siecle et la constitution de Petal civil, 1'orthographe arretee et immuable sans laquelle nous ne les concevons plus aujourd'hui. Entre les differentes manieres dont on trouve les mfimes noms de famille ecrits dans les documents, il est parfois, et c'est id le cas, assez embarrassant de choisir.

rapportait 400,000 livres, ou 1'eveque de Gambrai qui en avait 200,000 f , de pauvres ecclesiastiques campagnards touchaient a peine de quoi assurer leur maigre subsistance. Aussi, n'etait-il point rare de voir ces desherites mettre quelqu'aprete a poursuivre le recouvrement de leur portion congrue sur la dime, generalement aux mains de titulaires plus fortunes. Par la difficulte meme de sa perception, d'ailleurs, et par sa quantite variable suivant les annees et les recoltes, la dime offrait une matiere natureile a chicane. Deja, en 1648 et en 1626, celle de Ch&tillon avait, comme on 1'a rapporte plus haut 2 , suscite des contestations entre les religieuses du Bricot et le cure. Mais les choses s'etaient arrangees par voie de transaction amiable ou miamiable. Depuis ce temps, les religieuses avaient reguh'erement paye, chaque fois qu'elles avaient pris la dime, trente-six setiers de grains, et le cure s'en etait toujours contente. C'etait, parait-il, a peu pres tout ce qu'elles pouvaient faire, la dime de Ghatillon, en moyenne, ne rapportant guere plus, et les reparations d'entretien a faire a 1'eglise devant etre payees sur son produit. En somme, la communaute etait portee a considerer ces dimes comme plus onereuses qu'avantageuses. Le cure de Ghatillon recevait d'ailleurs sensiblement moins des

1 . A. Gasquet, Precis des institutions politiques et societies de I'ancienne France, t. II, p. 55.

2. Voir pages 119-120 et 146-148, et pieces justificatives, numeros xxxvn et XLIII.

autres codecimateurs, lesquels ne lui abandonnaient chacun que vingt-quatre sellers '.

Vers la fin du xvn e siecle 2 , un cure de Chatillon, messire Guillet, grand plaideur devant 1'Eternel et, si Ton doit ajouter foi au temoignage de 1'abbesse de Pousse, devenu tres habile en chicane par la longue pratique qu'il a[voit] toujours cue avec tous les seigneurs des terres dont il a[voit] desservi les cures , s'avisa qu'il etait peut-etre lese. II obtint que les portions que lui payeraient le doyen de Saint-Julien de Sezanne et \Q seigneur d'Esternay, alors le marquis de Jerlon, seraient de trentesix setiers. Le dernier avait accepte 1'arbitrage de 1'eveque de Troyes. II est constant, observait a ce sujet 1'abbesse du Bricot, que les eveques sont toujours dans les interets de leurs cures, comme membres d'un corps dont ils sont les chefs 3 .

Fort d'un premier succes, le cure de Chatillon retourna ses armes contre le couvent de Sezanne. La circonstance qui le determina a agir fut que les dimeurs, auxquels 1'abbaye avait coutume d'amodier le revenu de sa dime, 1'avaient levee sur une terre novale de huit arpents. On designait, sous le nom de novales, les terres nouvellement mises en culture; d'apres les regies du droit canonique, la

1. Arch, depart, dela Marne, serie H, fonds de Vabb. de N.-D. du Bricot, carton III, liasse 7.

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