‹ Histoire de l'abbaye royale de Saint-Pierre de Jumièges (volume 3)Chapitre 2 sur 44 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Jumièges, que Ton appeloit de ce nom (a) longtems avant que l’abbaïe y fut bâtie l, est une presqu’isle dans la province de Normandie, à cinq lieues de Rouen et à trois lieues ou environ de la ville de Caudebec. L’enceinte en est peu considérable, n’étant que de cinq lieues sur un quart et demi de traverse, ce qui n’empêche pas qu’elle ne puisse se suffire à elle-même pour

(a) Spicil, t. III, p. 190.

1 M. l’abbé Cochet fait remonter Jumièges à l’époque romaine, et même à l’époque gauloise. Dans la vie de S. Philbert on rapporte que ce saint abbé fonda son monastère dans un lieu où les anciens avaient établi un eastrum. « Ibidem caslrum considérant antiqui. » On a trouvé en 1857, en abattant un chêne dans le bois de Jumièges, un vase contenant des bronzes de l'époque gallo-romaine. On remarque, comme de la plus haute antiquité, le long terrassement de l’isthme qui isole toute la presqu’île, composé d’un creux et d’un rejet de terre que les temps n’ont pu combler ni abattre.

Une preuve plus curieuse nous paraît pouvoir être tirée du ms. Y 127 de la bibliothèque de Rouen. Les découvertes d’antiquités étaient si fréquentes dans la presqu’île Gémétique que dans le Rituel à l’usage de

la plus grande partie des commodités de la vie. Sa situationsur la rivière de Seine, qui en arrose les abords du côté du levant, du midi et du couchant, contribue beaucoup à la rendre fertile; et ce qui se voit peu dans les meilleurs pais de la France, une acre de terre de cent soixante perches y est affermée dans certains cantons jusqu’à trente-six livres de notre monnaie. Les seigles, avoines, vesces, lins, chanvres et autres menus grains y viennent à proportion du froment. Les foins et pâturages y sont abondants, et passent même pour bons; aussi y élève-t-on beaucoup de bestiaux.

Les arbres fruitiers de toute espèce y sont en grand nombre, et les fruits qu’on appelle à noyau et à pépin, n’y flattent pas moins le goût par la délicatesse de leur chair, que ceux qui sont destinés à faire du cidre, par l’excellence de leur liqueur. Plusieurs aveux du xve siècle font mention d’un vignoble dans Jumièges, et le nom de vigne, qu’on conserve encore aujourd’hui à une pommeraie de treize acres et demie dans l’enclos du monastère, fait bien voir que le froid des hivers ne

l’abbaye, écrit dans les premières années du xic siècle (1000 à 1034), on trouve une oraison spéciale pour la purification des vases antiques. Oratio super vasa in loco antico reperta : Omnipotens sempiterne Deus , inséré te officiis nostris et hœc vascula arte fabricata gentilium, sulimitatis tuœ potentiâ ita emundare digneris, ut, omni immundiciâ depulsâ, sint tuis fidelibus tempore pacis atque tranquilitatis utenda ; per...

Les moines du xie siècle en savaient plus sur l'origine de ces vases que ce docteur qui faisait graver au xvne siècle le portrait d’un pot de terre qui croist naturellement en terre avec d'autre vaisselle.

prévenoit pas dans ces temps là celui de la vendange, et que Jumièges avoit ses vins. C’est un point de notre histoire dont il n’est plus permis de douter après l’arrêt du Parlement de Normandie rendu en 1572 en faveur des religieux contre un abbé commendataire qui leur disputoit la propriété de cet enclos. Un auteur d’ailleurs très ancien parle ainsi en général des vignes de Jumièges : « Videas illic botris gravidas vites {a). » 1

Il est peu de terrain inutile dans la péninsule. De grands et magnifiques bois y remplissent les espaces que l’industrie humaine auroit peut être été contrainte de laisser incultes. Ces bois, contigüs à beaucoup d’autres du côté du Nord, et séparés seulement par la Seine du côté du midi de la forêt de Brotone, procurent le divertissement de la chasse à la noblesse, forment

(a) Anonym apud Mai., Acta, SS. Ord. S. Ben.

1 La queue de vin de Haute-feuille, provenant de Jumièges, se vendait en 1405 et 1406 le prix de 4 livres. (M. Charles de Beaurepaire. — Notes et documents concernant l'état des campagnes de la Haute- Normandie, dans les derniers temps du moyen-âge. — Rouen, 1875, p. 362.)

On exportait encore au xvme siècle des vins de Conihout, les plus estimés de la presqu’île ; ils étaient exempts de droits, de musson et de choix, et payaient seulement seize deniers par queue pour la coutume à la vicomté de l’Eau de Rouen. (Ch. de Beaurepaire. De la Vicomté de l’Eau, p. 24, 298 et 299.)

Deux clos, l’un dans l’enceinte même de l’abbaye de Jumièges, l’autre au manoir de la Belle-Agnès, au Mesnil, portent encore sur le cadastre le nom de Clos de Vigne (E. Savalle. Les derniers moines de Jumièges, p. 18). Voir aussi l’abbé Cochet : Les anciens vignobles de la Normandie, passim.

un des plus agréables points de vue dont l’œil puisse jouir, et font subsister au moins un quart des habitants, qui, outre l’avantage de pouvoir gagner leur vie à les exploiter, ont encore celui d’avoir un quai sur la rivière, où ils les chargent sur des bateaux plats pour être exportés et consommés à Rouen et à Paris.

La pêche tient lieu de fortune à une autre partie de ces peuples, qui ne s’y emploient jamais inutilement, car quoiqu’elle soit moins heureuse en nos siècles qu’au temps de S. Filbert et de S. Aicadre, où, par un effet de la divine Providence, toujours attentive aux besoins de ses serviteurs plustot que par une rencontre ordinaire, on prenoit des monstres marins de cent cinquante pieds de longueur (a), dont la chaire servoit à la nourriture des religieux et l’huile à l’entretien des lampes , on y prend encore aujourd’hui l’esturgeon, le saumon, l’aloze, le brochet, la carpe, l’éperlam, chacun dans leur saison, outre une quantité prodigieuse de poissonnailles ,que les particuliers achettent et dont les pêcheurs vivent eux-mêmes.

Ce fut en ce lieu que S. Filbert, qui y avoit autrefois couru la chasse avec Dagobert I, fonda la célèbre abbaïe dont nous écrivons l’histoire l. Ilétait fils unique

(a) Ann. Ben. 1. XIV, p. 431. Il doit y avoir ici une singulière exagération. La vie de S. Filbert parle seulement de poissons de cinquante pieds de longueur, pisces marini quinquagenis pedibus longi. Boll. act. sanct. Aug. Tom., p. 76; F. Mabill., acta SS. Ord., 3; Ben, S II, p. 820. (prem. édit.).

1 Tous les détails qui vont suivre sont extraits de la seule vie ancienne de S. Philibert qui nous reste et qui a été publiée d’abord par

de Filibaud, premier magistrat de Vie \ dont il fut depuis évêque. Il vint au monde dans l’ancienne ville d’Eause 2, assez près de la ville d’Aire, en Guienne, vers l’an 617 ou 618; il fut élevé à Vie sous les yeux de son père. D’excellents maîtres l’instruisirent aux sciences et le formèrent à tout ce qui étoit d’usage parmi la nation : ce qui est dire en peu de mots que leur élève acquit par leurs soins toutes les connoissances capables de former l’homme pour l’esprit et pour le cœur, pour le monde et pour la religion. C’est au moins l’idée que nous en donne l’auteur de sa vie, contemporain de ses disciples, et qui avoit comme touché de la main les évènements qu’il rapporte. Dès que Filbert fut

Dom Mabillon (Act. SS. Ord. S. Ben. soec. II, pp. 816-825), puis par le Bollandiste Guillaume Cuypers (Act. SS. Aug. pp. 66-95.r„Edit. princ.), avec d’excellentes annotations.

Cbifflet l’avait déjà donnée dans les preuves de son Histoire de l’Abbaye de Tournus (Dijon, 1664, in-4°), pp. 70 et suiv. Cette vie fut écrite par ordre de Cochin, troisième abbé de Jumièges, mais on doit conclure dun passage des actes de Ste Austreberte, qu’il existait une vie plus ancienne, aujourd’hui perdue pour nous. (Bolland, act. SS. Febr., p 429). Les anciens ont généralement écrit avec un F le nom de notre saint (Filibert) ; cependant l’orthographe moderne Philibert a prévalu.

1 Vie-Jour, Vicus-Julius (Godescard, Vie des saints , 20 août), aujourd’hui Vic-Fézensac, départ, du Gers. — Le siège épiscopal de Vie fut transféré à Aire, départ, des Landes. (Godescard. Ibid.)

2 Aujourd’hui Eauze, départ, du Gers, chef-lieu de canton de l’arrondis ement de Condom, ancienne Elusa, capitale des Elusates, et métropole de la Novempopulanie. (Migne, Dict. de Géographie.)

De fréquentes découvertes d’antiquités chrétiennes ont récemment encore démontré l’importance de cette cité et le développement du christianisme dans la région dès les premiers siècles de notre ère. (Voir mémoires de la Société des Antiquaires de France. Tom. XLl. (1880), pp. 103, 133 et 209.

en état d’être produit dans le monde, son père, qui étoit en grande recommandation auprès du roi Dagobert, lui ménagea une place à la cour ; il eut le bonheur d’y connoitre S. Ouen et de mériter son estime. Il s’y attacha par inclination jusqu’à le faire dépositaire des secrets mouvements de son cœur ; ce qui a donné lieu de croire que S. Ouen, qui portoit dès lors le cilice sous l’or et la soie, et qui vivoit dans le monde comme n’en étant pas, contribua beaucoup à le préserver de l’amour du siècle, et à lui faire prendre la résolution de 1 abandonner. Quoiqu’il en soit, avant d’en venir là, et peut-être même avant d’y penser, Filbert régla de telle sorte sa conduite, qu’il ne fit jamais rien paroitre dans toutes ses actions qui tînt de l’enfance.

Dieu étoit connu à la cour, mais mal servi ; le culte extérieur qu’on lui rendoit ne passoit presque pas les lèvres ; le cœur n’y avoit point départ; on y adoroit tous les objets de la cupidité; on y suivoit toutes les inclinations corrompues; on espéroit d’être heureux à proportion de ce qu’on s’élevoit, et comme il arrive d’ordinaire dans les lieux de délices, on mettoit sa félicité à jouir d’une paix mondaine, qui ne fût troublée ni au dedans paraucun déplaisir ni au dehors par aucun fâcheux accident. Filbert, dont on avoit admiré plus d’une fois la justesse et la vivacité de l’esprit, en fit usage fort à propos. Dans toutes les occasions, il découvrit sans peine les différentes passions dont chacun étoit animé; et bien loin de se laisser emporter au torrent, comme les autres il prit occasion de l’ambition

des uns pour n’avoir que des désirs modérés, et des dérèglements des autres pour s’attacher plus fortement, plus tendrement à Dieu. Il aima peu de choses et il les aima peu; persuadé avec l’apôtre S. Jacques que l’amitié de ce monde est une inimitié contre Dieu 1 , et que l’esprit qui habite en nous, nous aimant d’un amour de jalousie, nous devons l’aimer d’un amour de préférence.

Ce n’étoit point assez pour notre jeune courtisan de n’aimer ni le monde ni les choses qui sont dans le monde, il travailloit encore, à l’exemple de S. Ouen, à répandre dans tous les coeurs la semence précieuse de l’évangile, dont ce respectable ami lui donnoit des leçons dans les entretiens particuliers qu’ils avoient ensemble ; ses remontrances s’étendoient à tous sans distinction d’âge ni de condition. Les courtisans néanmoins y avoient toujours la meilleure part , il s’étoit acquis le droit de leur parler librement, et de les contredire sans leur déplaire ; il leur faisoit voir, non par une fausse sagesse couverte du nom de philosophie, dont son âge ne le rendoit pas capable, mais par des discours pleins de grâce et d’onction, que le véritable bonheur consiste à vivre sans ambition, sans avarice, et à se préparer par un généreux mépris des biens présents à quitter de bon cœur dans l’occasion ce que des hommes encore plus puissants qu’eux pouvoient leur enlever. Il ne leur dissimuloit point que leurs efforts

1 Amioitia hujus mundi inimica est Dei. ( Jac. IV. L.)

pour parvenir aux emplois, ou pour satisfaire leurs passions, les déshonoraient, et que devant finir avec la vie, ils n’étoient, au plus, dignes que du monde réprouvé qui ne craint et n’espère rien après la mort.

Ces instructions simples et naïves dans une cour où règnoit le mauvais exemple, loin de lui faire des ennemis, lui concilièrent la bienveillance et l’affection des seigneurs. Chacun vouloit avoir part à son amitié et recherchoit avec empressement sa compagnie. Le Roi lui même voulut se l’attacher, moins en considération des services que Filibaud lui avoit rendus dans le gouvernement de sa province qu’en vue d’en tirer d’aussi réels des rares talents qu’il admiroit dans le dis, et d’honorer la religion en élevant aux charges un jeune seigneur, dont les dispositions actuelles lui promettoient qu’il n’en fer oit usage que pour la faire respecter partout où il seroit. Plusieurs emplois se présentèrent, tant pour la Cour que pour la Robe; mais Filbert, qui n’avoit pas de plus grande ambition que d’être réuni à celui dont le règne n’avoit pas été de ce monde, quoique souverain maître de toute la terre, ne voulut s’engager dans aucun.

Le temps étoit venu, que l’esprit qui souffle où il veut, le devoit séparer du monde pour le préparer à l’oeuvre à laquelle il l’appeloit ; il lui inspira tant de dégoût de tous les objets dont la cupidité est idolâtre, que pour ne pas laisser éteindre par sa négligence le feu céleste dont son cœur étoit embrasé, Filbert résolut de crucifier sa chair avec tous ses désirs dans quel-

qu’un de ces asiles sacrés où l’on ne vit que pour Jésus-Christ. Aiant formé ce dessein à l’âge de vingt ans, et l’aiant fait approuver du Roi, dont le consentement étoit nécessaire, il vendit tous ses biens et en distribua le prix aux pauvres et aux monastères. S’il préféra celui de Rebais, nouvellement fondé dans la Brie au diocèse de Meaux, ce fut moins à cause des grands biens qu’il y avoit donnés, que parce qu’il connaissoit S. Agile, que son ami S. Ouen y avoit établi premier abbé. Il n’eut pas à se repentir de l’avoir choisi pour guide dans une route où les premiers pas décident assez souvent de tous les autres. Epris des charmes de la vie solitaire et touché du zèle et de la vigilance du pasteur qui présidoit à tous les exercices de jour et de nuit, il commença sa vie nouvelle d’une manière si parfaite que ces commencements alloient au delà de la perfection où beaucoup de saints religieux ont achevé leur carrière. Aussi le vit-on en très peu de temps si fort élevé au dessus des autres par la sublimité de ses vertus, qu’on avoit peine à croire ce qu’on voioit; jeunes et vieux, tous étoient également étonnés de trouver en lui un modèle à admirer plustot qu’à imiter.

Mais cette rapidité avec laquelle il couroit dans la voie des commandements de Dieu, jointe à la pratique exacte des observances régulières, lui attira bientôt la persécution du démon, cet ancien et perpétuel ennemi du salut des hommes , dont toute l’application ne tend qu’à les rendre compagnons de sa disgrâce. Cet esprit fourbe et séducteur eut d’abord recours aux artifices de

la tentation, pour tâcher de le renverser dès le commencement de sa glorieuse carrière. Il l’attaqua diversement, mais surtout du côté de l’abstinence, qu’il s’étoit obligé de pratiquer avec une rigueur extraordinaire. Il lui mit dans l’esprit que ses jeûnes étoient excessifs, qu’ils diminueroient ses forces et altèreroient sa santé, qu’il y avoit de l’imprudence à se ménager si peu dans un âge où n’aïant encore rendu aucun service à la religion, il tomberoit dans des infirmités qui le rendroient insupportable à lui même et aux autres, au lieu de se mettre en état de les servir longtemps, en donnant à son corps ce que d’aussi saints religieux que lui ne croioient pas devoir lui refuser. Quelques uns de ses frères aïant achevé de le convaincre, il se crut obligé d’apporter quelqu’adoucissement à ses mortifications ; mais Dieu ne le laissa pas longtemps dans l’erreur. Ses actes rapportent à ce sujet un évènement qu’un ancien maître de la vie spirituelle a inséré dans son ouvrage, et que nous ne croions pas devoir omettre. S. Filbert aiant un jour pris quelque nourriture plus qu’à l’ordinaire, sans néanmoins faire d’excez, Dieu permit, pour lui faire connoitre la suggestion de l’ennemi de son salut, que cet artificieux adversaire lui apparût en songe la nuit suivante et lui dit d’un ton railleur en le pressant un peu de la main sur le ventre : Vous voila maintenant fort bien. Cette fade raillerie d’un ennemi qui présumoit déjà de sa victoire, ouvrit les yeux de notre jeune combattant, qui pour le confondre et se vaincre lui même s’imposa durant quel-

ques jours une abstinence trois fois plus rigoureuse que celle qu’il avoit pratiquée auparavant, il la porta si loin et la soutint avec tant de constance, que le tentateur désespérant de le pouvoir entamer une seconde fois de ce côté là, résolut de prendre de nouvelles voies pour réussir à l’abattre en quelque manière que ce pût être. Il se travestit premièrement en ours, pour l’épouvanter lorsqu’il alloit à l’église ; puis en géant armé d’un chandelier de fer, dont il lui présentoit la pointe , comme pour le percer ; une troisième fois enfin il s’empara de la porte du chœur pour lui en deflfendre l’entrée, mais inutilement. Filbert comme un autre David terrassa cet ours et renversa ce philistin, sans autres armes que le signe de la croix, par lequel Dieu le fit triompher en toutes rencontres de cet infatigable ennemi. Tant de victoires ne servirent qu’à rendre notre jeune religieux plus humble, plus vigilant sur soi-même, plus fidèle à Dieu et plus exact à ses devoirs.

Il vivoit ainsi dans la pratique de toutes les vertus depuis environ douze ans, sous la discipline du bienheureux Agile, qui i’avoit fait ordonner prêtre, lorsqu il plut à Dieu d’attirer à lui ce saint abbé, pour courronner ses travaux. Il mourut le trentième jour d’aout, vers l’an 650, âgé de 66 ou 67 ans au plus, puisqu’il n en avoit que sept lorsqu’il fut mis à Luxeu, 1 qui ne fut bâti qu’en 590.

1 Luxeu, aujourd’hui Luxeuil , départ, de la Haute-Saône. Saint Colomban y fonda un célèbre monastère en 590, où Ebroin, en 670, et

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