‹ Histoire de l'abbaye royale de Saint-Pierre de Jumièges (volume 3)Chapitre 42 sur 44 · Tome I · texte numérisé non relu

Tome I

conjecture et la rend vraisemblable, c’est que sa charité pour les malades et les lépreux s’étendit à toutes leurs nécessités durant sa vie; qu’il avoit quitté le priorat pour les servir, et que l’on trouva dans leur église le corps entier d’un abbé de Jumièges, lorsqu’au milieu du xive siècle, cette même église, dont la dédicace est marquée au 29 de novembre dans le .martyrologe del’abbaïe, fut transférée, avec la léproserie, à l’extrémité du bois, comme nous le dirons en son lieu. Les tombeaux de ses prédécesseurs nous sont connus ; ses successeurs ont tous été enterrés dans l’abbaïe, jusqu’à la destruction de l’église de Saint-Michel. Quel autre abbé que Guillaume de Fors peut donc avoir été inhumé dans cette église?

Nous n’avons raconté que peu d’actions particulières de la vie de ce saint homme, parce que les monuments de l’abbaïe de Jumièges ne nous ont rien appris de plus que ce que nous en avons rapporté. On peut dire néanmoins que son humilité, sa douceur, ses lumières, son amour pour l’étude, son zèle pour le renouvellement des livres du choeur, pour l’augmentation de la bibliothèque et pour le maintien de la régularité, son caractère tendre et bienfaisant, sa fermeté dans les occasions, ses discours fréquens et pleins d’onction à ses religieux, ses exhortations aux malades, et la décence de ses mœurs, le rendirent un des plus saints personnages de son siècle. Voicy comment en parle un copiste de son temps, à la fin d’un Commentaire sur

Job , que Guillaume de Fors avait acheté n’étant encore que prieur (a) .

Corde : caritatem non simulât.

Ore : veritatem humiliter annuntiat.

Opéré : alios bonis exemplis ædificat.

1 Bibl. munie, de Rouen : Cat. 86 ; A 78.

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