‹ Histoire de l'abbaye royale de Saint-Pierre de JumiègesChapitre 38 sur 39 · RENÉ DE COURTENAI, SOIXANTE-DOUZIEME ABBÉ · texte numérisé non relu

RENÉ DE COURTENAI, SOIXANTE-DOUZIEME ABBÉ

RenédeCourtenai, fils de Guillaume premier du nom et de Marguerite Fretel, fut nommé à Pabbaïe de Jumièges par Henri IV, le 5 novembre suivant, à la recommandation de Charles de Bourbon, comte de Soissons, qui devoit posséder les revenus de l’abbaïe sous son nom. Le nouvel abbé ne prit possession que le 20 décembre 1595. Les religieux le conduisirent à 1 église en chantant le Te Deum, et de là ils le menèrent au chapitre, où, après lui avoir fait ratifier les concordats

entre eux et les cardinaux de Ferrare et de BourlDOn, ils lui promirent obéissance selon la règle.

L’année suivante, le roi Henri vint à Rouen et y tint les états le 4 novembre dans la grande salle de l’abbaïe de Saint-Ouen. On fit divers projets, principalement sur les moyens d’assurer des fonds au roi, et de trouver de l’argent pour la guerre. C est pourc^uoi, comme le gros de l’assemblée étoit composé de magistrats et de gens de finances, on proposa de priver les ecclésiastiques de leurs exemptions et de les contraindre à donner une déclaration de leurs biens ; sur quoi le parlement députa un conseiller pour informer du revenu de l’abbaïe de Jumièges et du nombre des religieux ; mais ce projet parut au roi si chimérique et si peu digne de son amour pour ses sujets, qu’à la première représentation des ecclésiastiques, il leur donna des lettres pour les maintenir dansleurs droits et les exempter défaire leur déclaration. Le député du parlement interrompit alors ses opérations à Jumièges et y laissa le procès-verbal qu’il avoit commencé à pure perte (<x). Il sert néanmoins à nous faire connaître plusieurs particuliarités que nous aurions ignorées sans lui ; savoir : qu’il y avoit à Jumièges vingt-neuf religieux profès, quatre novices et un précepteur, trente-trois domestiques, y compris les servantes de la basse-cour et les lingères , cent— quarante— neuf cheminées tant dans le courtil ou étoit

id) Arobives.

la blanchisserie, et que Pon cuisoit jusqu’à trois fois le jour pour les religieux et pour lés pauvres. D’où l’on peut coclure que les aumônes étoient toujours abondantes à Jumièges et que les religieux n’avoient pas abandonné la charité de leurs pères.

Les années suivantes, jusqu’en 1600, ne nous fournissent rien, pour notre histoire, qu’un arrêt du parlement en faveur de Tabbé de Courtenai, contre David \ imond, qui prétendoit ériger en léproserie la chapelle de Saint-Martin de Cotevrard, dont il disoit avoir été pourvu par le feu cardinal de Bourbon en 1592, et une sentence du Baillage de Rouen, contre le dit sieur abbé, auprofit du curédeSaint-André-d’Yainville, auquel on assigne une somme de 80 livres pour sa pension annuelle. Cette pension fut modérée dans la suite et réglée à 60 livres. Aujourd’hui le curé jouit des dîmes du Trait, annexe d’Yainville, et fait la condition du vicaire.

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