LIVRE VIII, CHAPITRE IV
ne verra rien qui ne soit une preuve qu'elle n'ait agi par une impression de grâce et par des mouvements qui ne sont point naturels.
« Pour ce qui est du Frère Dosithée, c'est un garçon selon le cœur de Dieu : nous en pouvons rendre témoignage, nous le connaissons à fond; et nous pouvons dire qu'ayant été obligé de l'examiner, à cause de l'état où il a été parmi nous, nous n'avons rien remarqué en lui qui ne nous ait donné de l'édification : son humilité, sa docilité, sa mortification intérieure, enfin, sa piété, nous a toujours fait connaître que Dieu avait eu part à tout ce qu'il faisait. Je ne vous en dirai pas davantage sur ce que vous m'écrivez; vous savez que les desseins de Dieu sont toujours traversés par les démons et par les hommes; ainsi, vous ne devez pas vous étonner de l'opposition qui s'élève contre celui-ci. »
Quoi que le monde en pût dire, quoi que le démon pût faire, ce pèlerinage se maintint pendant un siècle entier, jusqu'à la Révolution française, et fut pour toute cette contrée une source de bénédictions. Ainsi avec Citeaux et saint Bernard , le culte de la Vierge-Mère avait repris un nouvel élan au douzième siècle ; avec la Réforme cistercienne du dix-septième, il refleurit dans le monde, il se propage dans plusieurs provinces de la manière la plus merveilleuse. L'abbé de la Trappe est le fils et le successeur de l'abbé de Clairvaux; dans l'héritage de son père, il a recueilli avec amour et respect la douce et consolante devise : Tout par Marie, Omnta per Màriam.