‹ Histoire de l'abbé de Rancé et de sa réformeChapitre 2 sur 445 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Manuscrit de l'abbé de Rancé sur la Sainteté et les Devoirs de la vie monastîque ; il veut le brûler; on en refait quelques copies; on en communique une à Bossuet; Mabillon le consulte (1681 et 1682).

Annoncer la publication d'un ouvrage de l'abbé de Rancé, c'est paraître, de prime-abord, le mettre en contradiction avec lui-même, et le présenter comme un homme qui a oublié sa résolution constante et tant de fois exprimée, de se renfermer dans le silence de sa profession. Si cette résolution n'eût pas été sincère, il lui eût été plus facile de suivre son goût dans les commencements de sa retraite; lorsqu'il avait plus de santé et de temps; quand il était dans toute la force de son talent, la vigueur de son esprit et la fleur de son imagination. S'avise-t-on de devenir auteur, pour la première fois, à l'âge de près de soixante ans, quand le corps, qui tend à sa dissolution , appesantit l'âme (1), et que l'on voit entr'ouvert devant soi l'abîme où l'on doit être englouti demain? Mais comment a-t-il été amené à la chose qui lui répugnait le plus? C'est ce que nous allons raconter.

Nous avons déjà dit que Dom Minguet, abbé de Châtillon, avait donné

1) Marsoll., Vie de l'abbé de la Trappe, t. II, p. 107.

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