H4 DE RACAN
M. de Racan, diverses particularités qui concernent M. de Racan lui-même, et qu'il raconte d'une manière si franche, si désintéressée, qu'on douteroit presque s'il est l'auteur de l'ouvrage. Mais une personne de sa condition étoit au-dessus de cet amour-propre, dont un auteur, qui n est qu'auteur, ne se défend jamais bien.
Je suis, au reste, trop sérieux dans tout ce volume, pour que je me permette ici de l'égayer par l'aventure des trois Racans , et par quelques a^tres contes semblables, dont le Ménagiana est la source K
^ On retrouve ce conte dans TaUemant, et, sous des noms supposés, dans le Francion de Sorel, où M"^ de Gournay est remplacée par le pédant Hortensius.
Tallemant a donné sur Racan une notice que M. Pa^lin Paris a enrichie d'un utile commentaire. Nous en tirons les passages suivants qui nous montrent Racan dans son rôle d'Académicien :
T. II, p. 363. — t A TAcadémie, quand ce Vnt à son tour à haranguer, il y vint avec un chiffon de papier tout déchiré dans ses mains: « Messieurs, leur dit-il, je vous apportois ma harangue; mais ma grande levrette me Ta toute mâchonnée. La voilà. Tirezen ce que vous voudrez, car je ne la sais point par cœur et je n'en ai point de copie. »
Pellisson raconte le fait autrement, et Ton voit par Une lettre de Racan, publiée pour la première fois dans Tédition de là Bibliothèque elzéviriettnef que le récit de Pellisson peut seul être vrai.
« n est le seul qui ait voulu avoir ses lettres d'Académicien, et^ quand son fils aîné fut assez grand, il le mena à l'Académie pour lui faire saluer tous les Académiciens. »
Racan n'est pas le seul qui ait eu ses lettres; celles de Huet existent encore.
T. II, p. 3(î6. — f Étant à Paris>pour un procès, il s'enuuyoit quelquefois et ne perdoit pas un jour d'Académie. Même il lui prit