‹ Histoire de l'Académie française (volume 2)Chapitre 7 sur 158 · BOIS-ROBERT · texte numérisé non relu

BOIS-ROBERT

c( son esprit et de son humeur lui méritèrent la faveur *

Voiture, comme nous rapprenons de M. Huet, dans Tendroit de ses oicigines de Caen, où il parle de Palris. Un conte charmoit dans la bouche de Bois-Robert. U étoit grand dupeur d'oreilles. C'est lui-même qui le dit, en représentant à Conrart, qui Tinvitoit À publier ses poésies, qu'elles pourroient bien n'avoir pas, sur le papier, tout Pagrément qu'il avoit Tart de leur donner quand il les réciloit :

En récilantj de Trai je fais merveilles.

Je suis, Conrart, un grand dupeur d'oreilles, (o.)

1 11 y eut un intervalle de disgrâce, et voici à quel sujet. Quand la tragédie de Mirame fut jouée pour la première fois, le Cardinal fit défense d'y laisser entrer qui que ce fût, hors les personnes qu'il auroit nommées lui-même. Bois-Robert cependant ne laissa pas d'y faire entrer secrètement deux femmes d'une réputation équivoque. La duchesse d'Aiguillon, qui ne Taimoit point, comme ordinairement les parents des grands n'aiment point leurs fatoris, profita de cette occasion pour le perdre, en remontrant au Cardinal que Bois-Robert étoit le seul qui eût osé mépriser ses ordres, et qu'à la vue de la Reine et de toute la Cour, il avoit été le profanateur de son Palais. C'est ce que portent les lettres manuscrites de Chapelain. Je n'en ai point voulu adoucir les termes, exprès pour mettre dans son jour l'action que fit l'Académie en corps, action qui mérite d'être immortalisée. La Compagnie n'ignoroit pas que la nièce du Cardinal étoit irritée; elle savoit que, dans le fond, Bois-Robert avoit tort ; et cependant elle eut le courage dedéputerauCardinal, pour lui redemander Bois-Robert après quelques mois d'exil. Qu'il est beau de voir entre les premiers Académiciens, non-seulement une société de littérature, mais encore une société d'intérêts ! Ils sui voient cette admirable maxime de Quintilien : Non est sanclius sacris Usdem, quàm studiis initiari. Le Cardinal reçut parfaitement bien les députés, et après leur avoir dit qu'ils méritoient d'avoir un confrère moins étourdi que Bois-Robert, il ajouta que l'heure dupardonn'étoit pas encore venue, mais qu'elle pourroit venir. En effet, à quelque temps de là, Bois-Robert rentra dans ses bonnes grâces ; mais pour en jouir bien peu, car le Cardinal mourut la même année, (o.) — Tallemant donne la même cause à la disgrâce de Bois-Robert.

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