‹ Histoire de l'Académie française (volume 3)Chapitre 22 sur 89 · PHILIPPE HABERT · texte numérisé non relu

PHILIPPE HABERT

tonneau de poudre, fit sauter une muraille, sous les ruines de laquelle il demeura accablé. Il n'avoit guère alors que trente-deux ans. Sa taille étoit moyenne, ses cheveux blonds, ses yeux bleus, son visage pâle et marqué de petite vérole. Sa mine et sa conversation étoient froides et sérieuses-, mais il avoit les sentiments élevés, le courage grand, les passions ardentes, jusque-là qu'on m'a assuré qu'il faillit à mourir effectivement d'amour pour une de ses maîtresses. Il étoit civil, discret et judicieux, homme d'honneur et de probité, et tous ceux qui l'ont connu en parlent comme d'une personne, non-seulement fort aimable, mais encore digne d'une estime toute particulière.

Le seul ouvrage imprimé qu'on ait de lui est le Temple de la 31ort , qui est une des plus belles pièces de notre poésie françoise. Il le fit pour M. de la Meilleraye, sur la mort de sa première femme, qui étoit fille du maréchal d'Effîat. Il a laissé d'autres vers manuscrits*; mais j'ai ouï dire qu'ils ne sont pas tout à fait de même force, soit qu'on ne puisse pas travailler toujours avec un égal bonheur, soit qu'il n'eût pas eu le loisir de les corriger et de les polir, comme ceux-là, qu'il changea et rechangea durant trois ans, pour les amener à cette perfection oii nous les voyons. Il avoit fait aussi une Relation en prose, de ce qui s'étoit passé en Italie sous le marquis d'Uxelles, général de l'armée

* Quelques-unes de ces poésies ont été imprimées depuis, si l'on en croit Sorel, qui l'affirme dans sa Bibliothèque françoise, p. 204. — On voit yn rondeau signé de lui parmi les Œuvres galantes de l'abbé Cotin, 2" part., p. 304.

m DES ACADÉMICIENS EN PARTICULIER, que le roi Louis XIII envoya au secours du duc de Mantoue. L'Académie lui ût faire un éloge par M. de Gombaukl et une épitaphe en vers par M. Chapelain, qui se verront quelque jour avec le reste de leurs œuvres ' .

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