‹ Histoire de l'Académie française (volume 3)Chapitre 52 sur 89 · juin · texte numérisé non relu

juin

n J'ai vu M. Ménage, et nous avons fort parlé de vous. Il est toujours en fantaisie de vous aller faire visite, et Dieu

* Il semble qu'il soit question ici et clans notre extrfeiit XLP de Perrot d'Ablancourt; et cependant d'Ablancourt avait été nommé en 1657. Comment aurait-il tant tardé à prendre possession de son titre ?

sait quand cela sera; combien il vous contera de nouvelles des savants et des ignorants, des candidats de l'Académie et de ceux qui repulsam passi sunt en ces derniers temps, dans la poursuite d'un lieu en votre célèbre Compagnie. •

Chapelain a M. Coineart, a Bourbon.

27 juin IG-iO.

« Nous avons fait aujourd'hui de nouveaux officiers, et M. Gombaud , qui s'étoit opiniâtrement déposé du vicariat de la Chancellerie, par une justice de la fortune, s'est luimême, en distribuant les billets, donné celui qui portoit le nom de Chancelier, dont vous auriez ri si vous aviez vu sa surprise. M. de Yaugelas s'est trouvé Directeur, qui feroit très-bien la charge s'il avoit la voix un peu plus haute. »

Chapelain a M. Conrart, a Bourbon.

4 juillet 1640.

« Je ne sais plus que répondre à l'Académie, où personne ne sauroit remplir votre place, qui est la seule qui n'y est point sujette à changement. Tous nos autres amis murmurent de votre long séjour à Bourbon', et disent qu'ils n'eussent jamais cru que vous les eussiez oubliés pour un verre d'eau. »

Chapelain a Balzac.

8 juillet 1640.

« Je n'ai pas été moins scandalisé que vous et que tous

1 Dans une lettre à Montausier du 14 juillet, Chapelain annonce le retour de Conrart à Paris.

nos autres amis de la mauvaise action de grâces que notre cher M. d'A....' a faite pour celle qu'il prétend avoir reçue lorsqu'il a été admis entre les académiciens françois. Mais personne n'a osé le détourner de cette tentation pour les sujets que vous pouvez penser ; et en tout cas, il en reviendra ce bien que ceux qui connoissent le mérite de notre ami prendront bonne opinion de cette Compagnie, voyant qu'un si homme d'honneur que lui s'en est presque tenu indigne, et que nous avons beaucoup accru son estime de l'y avoir bien voulu souffrir. J'ai été eu mon particulier confondu de ce qu'il a voulu mettre à la fin de son épître, et ce qui vous y a choqué au commencement ne m'a semblé qu'une peccadille à comparaison. Je ne m'en plaindrai pourtant point ici , de peur que vous ne m'accusiez d'affecter de la modestie, et vous laisserai juger dans votre cœur si je n'ai pas

occasion de me plaindre de lui

« Pour le candidat, c'est le même abbé (d'Aubignac) qui, pensant avoir un pied dans l'Académie, repulsam passus est en faveur de M. Patru, votre ami et excellent avocat, à cause d'un libelle qu'il avoit fait contre la Roxane de M. Desmarets, qui avoit charmé les puissances. »

XLIIÎ.

Chapelain a Balzac.

13 juillet 1640.

« M. d'Aubignac est M. Hédelin. M. Hédelin autem fut naguère précepteur de M. le marquis de Brézé, et est encore son domestique; l'une de ses plus fortes ambitions a été d'entrer dans l'Académie, et il y avoit grande apparence qu'il eût été le premier reçu s'il n'eût point fait un libelle

' Voyez ci-dessus, p. 386.

contre la Roxane de M. Desmarets, où il blâmoit le goût de son Émineuee et de madame d'Aiguillon, qui l'a voit estimée. Dans ce temps, M. Porchères d'Arbaudse laissa mourir, et plusieurs se présentèrent pour remplir cette place, le libelliste entre autres. M. Patrii, notre ami et très-galant homme, l'obtint d'une commune voix, et le précepteur eut l'exclusion, dont moult dolent fut et plaintif. »

Chapelain a Boisrobert.

M septembre 1640. « L'Académie ne sait que c'est de vacations. On travaille toujours, et MM. de Bourzeys et de Porchères, redevenus Directeur et Chancelier, tiennent la main à l'avancement de l'ouvrage. »

Chapelain a Balzac. ,

8 décembre 1649.

« J'ai fait voir à M. de Priezac l'éloge que vous avez fait de son dernier livre. Je l'ai fait voir aussi à l'Académie, qui l'a loué extrêmement , et qui en a regardé notre ami avec plus d'estime. M. le chancelier l'a vu aussi, et, sur cette occasion, a très-bien parlé de vous. »

A ces lettres de Chapelain nous croyons intéressant de joindre celles de Balzac, qui se rapportent au même objet 5 nous ne les séparons point, parce que les lettres de Balzac ne correspondent pas toutes à celles de Cha-

pelain que nous possédons : des renvois serviront d'ailleurs à rattacher les réponses de l'un aux lettres de l'autre qui les auront provoquées.

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