‹ Histoire de l'Académie française (volume 3)Chapitre 66 sur 89 · BAUDOUIN, UN SERGENT, LE GEOLIER · texte numérisé non relu

BAUDOUIN, UN SERGENT, LE GEOLIER

lîALBOLIN.

Enfin c'est aujourd'hui qu'on réforme les mots ; Nous pourrons par après prendie notre repos; Nous pourrons désormais abandonner l'étude Et bannir avec elle un peu d'inquiétude. Mais je me sens surpris ; qui me prend au collet ?

LE SERGENT

Monsieur, il faut entrer dedans le Châtelet.

BALDOllX.

D'où me vient cet affront ?

LE SERGEM.

Du Bray vous le fait faiic.

TiALDOLiI.N.

Du Bray, cet imprimeur, oh ! je ne me puis taire :

(il) r.cUc sccue cl la siii>ai!to iii(tu<|i!ciit dau^ rcilitiou de Ucs Maizeatii.

l'ILCLS JLSTlllCAllVES. 433

Il saura, l'impiuleiit, si j'ai quelque crédit, rs'est-ce point sans aveu? Du Bray ne ni"a lien dit.

LE SKRGEM.

Regardez ce papier.

BALDOLIX.

Je connois bie.i mon signe; Mais la prise de corps me semble trop indigne.

LE SERGENT

Il est uu peu fâcheux ; mais quoi 't

BALDOUIN.

Quelle raisou !

LE SEBGE-NT.

Hâtez- \ous promptement de veuir en prison.

BAUDOLIN.

Sergent, je suis auteur, je fais un beau \olumc.

LE SEBGEiST.

Auteur, je suis sergent, et je vis de la phnr.e Comme vous, compagnon.

BALUOUl.\.

Un peu différemment.

LE SERGENT

Entrez, monsieur l'auteur.

BAUDOLIN.

Poussez moins rudement.

LE SERGENT

Geôlier, gardez-le bien.

LE GEÔLIER

J'en ferai bonne garde.

Je suis fort NJgilant a ce qui me regarde.

BAUDOUIN

Monsieur.

LE SERGENT

Ah ! (iiiel accent !

43i PIECES JUSTIFICATIVES.

BAUDOLIN.

Vous puis-je supplier D'avertir de ceci notre grand Chancelier?

LE SERGENT

Il n'en est pas besoin. Donnez-nous quelque chose.

LE GEÔLTER.

Mais comment ferez-vous ?

LE SEBGENT.

Nous feindrons quelque cause, Quelque subtilité qui l'a fait échapper...

BAUDOUIN

Et que vous n'aurez pu jamais me rattraper. Tenez, voilà dix sols.

LE SERGEXT.

Dix sols... quelle infamie!

Et vous tranchez du grand dedans l'Académie !

BAUDOUIX.

Contentez- vous, Messieurs, vous aurez un teston.

LE SERGENT

J'aime mieux te donner cinq cents coups de bâton,

LE GEÔLIER

Monsieur, pour échapper, donnez-nous de quoi boire.

BAUDOUIX.

Je n'ai que trente sols.

LE SERGENT

Et qui le pourroit croire ?

BAUDOUIN

Fouillez-moi, s'il vous plaît.

LE SERGENT

Il a ma foi raison.

Pour moi, je suis content qu'il sorte de prison.

LE GEÔLIER

Tout beau, tout beau, Monsieur, il me faut le geôlage.

BAUDODIN.

Si je n'ai point d'argent?

LE GEÔLIEK.

Laissez-moi quelque gage.

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