OLIVET
1 Ainsi est datée la dédicace de d'Olivet, même dans l'édition de 174Ô, que nous avons généralement suivie.
L'ACADÉMIE FRANÇOISE
A Monsieur D. F. F,'
J'entreprends, puisque vous le voulez, d'écrire tout ce que j'ai pu savoir de l'Académie Françoise, qui est une Compagnie dont plusieurs parlent, mais que peu de personnes connoissent comme elle mérite d'être connue. Car soit que l'on regarde son but, qui a été de porter la langue que nous parlons à sa dernière perfec-
* De Faure Fondamente. C'étoil un gentilhomme du Languedoc, allie de M. Peliisson. (o.)
— L'ouvrage de Peliisson avait paru anonyme; son nom est révélé cependant dès la l"'^ édition par le privilège qui lui est accordé ; dans la cession que l'auteur fait de ce privilège au libraire A. Courbé, il restitue le nom De Faure Fondamente, désigné en tête du livre par les seules initiales. M. De Faure Fondamente fut un des premiers fondateurs de l'Académie royale de Nîmes, qui depuis fut affiliée à l'Académie française. (Rec. des harangues prononcées par Messieurs de l'Acad. fr. — 1 vol. in-i", 1G98, page 615.)
tion. et de nous tracer un chemin pour parvenir à la plus haute éloquence-, soit que Ton considère les personnes dont elle a été composée, de qui les noms sont célèbres et le seront vraisemblablement à l'avenir; soit que Ton jette les yeux sur son fondateur, le cardinal de Richelieu, ce fameux ministre, dont le génie et la fortune ont été également extraordinaires, je ne vois rien en tout cela, qui ne soit digne qu'on s'en informe, et qu'on en conserve soigneusement le souvenir.
Si quelqu'un nous avoit particulièrement laissé par écrit ce qui se passoit entre Auguste, Mécénas, et les excellents esprits de leur siècle, je ne sais si nous en lirions î'histoire avec moins de curiosité et de plaisir, que celle des guerres et des affaires d'Etat de ce tempslà; je ne sais même, afin que je dise quelque chose de plus, si nous la lirions avec moins d'utilité et de profit: nous, dis-je, à qui la fortune n'a donné ni armées à conduire, ni républiques à gouverner, oîi nous puissions montrer qui nous sommes, et à qui elle ne laisse en partage que l'étude, la conversation, et les vertus privées et domestiques.
Je ne craindrai donc point de rapporter fort exactement sur mon sujet, tout ce que j'ai recueilli, ou des registres et des mémoires très-amples qui m'ont été communiqués, ou des longs et particuliers entretiens que j'ai eus sur cette matière avec les personnes qui m'en pouvoient le mieux instruire ; et n'y oublierai pas même plusieurs petites circonstances qu'un historien omettroit sans doute; mais qu'un ami, ce me semble, peut dire familièrement à son ami. Je me dispenserai
seulement de suivre toujours et pas à pas l'ordre des dates, qui sentiroit un peu trop le journal, et m'obligeroit à revenir trop souvent sur les mêmes choses. Mais rien ne m'échappera, si je ne me trompe, quand j'aurai traité, comme j'en ai le dessein, ces cinq articles :