‹ Histoire de l'Académie française (volume 3)Chapitre 72 sur 89 · RÉSOLUTION DE L'ACADÉMIE · texte numérisé non relu

RÉSOLUTION DE L'ACADÉMIE

Prononcée par le président Sérisat.

■• Grâce a Dieu, Compagnons, la divine assemblée

« A si bien réussi, que la langue est réglée.

'< Nous avons rejeté ces vieux et rudes mots

« Introduits autrefois par les barbares Goibs (a);

[n] Après CCS quatre vers, ou lit (édition 17b3 :

« Lt s'il en reste aucun en faveur de l'usage, « 11 fera désormais un méchant personnage. « Or. qui lit l'important, déchu de tous honneurs.

PIÈCES JUSTIFICATIVES. ioA

« Nous les avons ôtés, et, de pleine puissance,

« Faisons aux écrivains une juste défense,

< Qui devra leur servir d'une très-forte loi,

« Qu'ils n'usent pour jamais de car ni de pourquoi;

« Parce que ni parfois ne sont plus à la mode;

« Combien que n'est pas bon; or est très-incommode;

'< Jadis semble trop vieux pour vouloir s'en servir;

« Nous bannissons d'autant aussi bien qu'à ravi> ;

« Et, quoique la coutume en ceci soit bien forte,

« On dira désormais que l'on pousse la porte.

« Nous cassons sans appel l'importun effectif;

« Nous mettons agissant à la place d'actif;

«■ Nous souffrons néanmoins; pour le mot d'empirance,

« Ne pourra plus servir qu'à de vieux raisonneurs.

" Combien que, pour ce que font un son incommode,

a Et d'anlanl et parfois ne sont plus à la mode.

Il // cunste, il nous appert sont termes de barreau.

Il Mais le plaideur François aime un air plus nouveau.

u II appert étoit bon pour Cujas et Barlhole ;

Il // consie ira trouver le parlement de Dole,

« où, malgré sa vieillesse, il se rendra commun

« Par les graves discours de l'orateur Le Bruu.

« Du pieux Chapelain la bonté paternelle

Il Peut garder son tombeau pour sa propre Pucellb ;

Il Aux stériles esprits, dans leur fade entretien.

Il On permet fi ravir, lequel n'exprime rien.

Il Jadis est conservé, par respect pour Malherbe ;

« Dans l'ode il a marché. Jadis, grave et superbe.

Il Et de là, s' abaissant en faveur de Scarron,

Il 11 a pris l'air burlesque et le comique ton ,

Il Mais il demeure exchis du langage ordinaire.

0 vieux Jadis, c'est pour vous tout ce que l'on peut faire.

Il II faudra modérer cet indiscret pourquoi,

« Et révérer le car pour l'intérêt du Roi.

■■' En toutes nations la coutume est bien forte ;

Il On dira cependant que Von pousse la porte.

n Nous soutTrons néanmoins, et, craignant le Palais.

« Nous laissons nonobstant en repos pour jamais.

i\ Qu'au milieu des cités la vaine coterie

« Au prodigue cadeau soit toujours assortie.

« Personne n'ignoroit qu'il falloit décadence.

« Voici ce qu'à peu près nous voulons réformer;

« Soit nommé libertin qui nous voudra blâmer î

<' Qui ne reconnoîtra la troupe académique

« Soit estimé chez nous pire qu'un hérétique ! »

n Et que dans le repas, ainsi que dans l'amour, Il Us demeurent bourgeois, éloignés de la Cour. •

Auteurs, mes compagnons, qui réglez le langage, Avons-nous assez fait? en faut-il davantage ?

LA TROOPB.

Voilà ce qu'à peu près nous pensons réformer. Anathème sur ceux qui nous voudront blâmer I Et soit traité chez nous plus mal qu'un hérétique Qui ne reconnoîtra la troupe académique !

DESMARETs Chancelier de l'Académie.) Après ce bel arrêt, des arrêts le plus beau. Je m'en vais tout à l'heure apposer le grand sceau.

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