DES CHOSES REMARQUABLES
arriva chez M. le duc de liesdlgulèrcs, qui tt'étoit alors que comte de Sault, et de ràccotntnodenient qui fut fait efitre eux par Ventremise de la noblesse de Dauphiné, assemblée en corps'.
Je n'Ignore pas combien les choses de cette nature sont délicates et chatouilleuses parmi les François, et qu'il s'en pourra trouver qui me blâmeront d'avoir fait mention de celle-ci, en un ouvrage oi je n*avoiâ pas dessein de diminuer la gloire de l'Académie ni la réputation des particuliers qui la composent. Mais enfin.je rie vois rîeti qui m'oblige à supprimer des événements remarquables , qui se rencontrent dans mon sujet, qui peuvent servir dinstructîori et de préjugé en des occasions pareilles, qu^on pubïieroit peut-être un jour tout autrement qu'ils ne sont, et ou, tout considéré, 11 n'y à aujourd'hui rien de fâcheux, liî pour cette illustre Compagnie qui n'avoit point de part à dé différend, ni pour M. de Boissat, gentilhorfitne, c'ofnme chacun sait, plein d'honneur et de mérite. J'en parlerai dotfc : et qUi plus est, sachsltit bien d*uti côté qu'une matière sf curieuse ne vous ètinuîera pas, et dé Fautre qu'en (îes points d'honneur on f)èse jusqu'aux moindres syllabes, j'insérerai ici tout au long, rioiiseulemeht k copie de l'accommodement qui fut envoyée à l'^Acadéfflie par M. de Boissat, lîiais aussi là lettre dont îf l'accompagna, et la réponse qu'elle y fit.
Que si je snpprfmc la première leCtre qct'it écrivit à cette Compagnie, et (|ui conteuoU une narration parti*
> Voir aux pièces justiticaUves.
ARRIVÉES DANS L'ACADÉMIE. m
culièré de son malheur et des choses qui avoient précédé, c*est parce que j*ai appris qu^il tâche à la sup* primer lui-même | par un mouvement de véritable générosité, pouriie laisser aucune marque de ressenti* ment ni d'aigreur contre des personnes avec lesquelles il est tout à fait réconcilié, dont, en mon particulier, j'honore comme je dois la qualité et la naissance.
SBCOmn UITTRS DE M. DE BOISSAT, SANS DATE^ AVEC CETTE
. 8USCRIPTI0N :
A Messieun, Messiewrs de V Académie de V Éloquence aesemhlé»
en Corpg,
Messieurs ,
Gomoie je vous rendis eompte du malheur inouï qui m'arriva diea le lieutenant du Roi^ en Dauphiné, ainsi je vous fais part d'un aceommodement encose phis inouï que la Noblesse de eette prot ince a désiré treiie mois dorant, et pour lequel elle s'ert assemblée plus solennellement qu'elle n'a de coutume en d'autres oeeasioDS. Ce moyen extraordinaire, que la Providence a sasciié pour finir un nHdheur que mes sentiments fouloienl raidie iinnortel, a pu me réduire à la paii^ quand les opinions de VMNB maltre,^ de mes amis et de mes parents m'y ont porté, et quand, après avoir envoyé jusqu'à trois gentilshommes dans Grenoble, j'ai vu la voie des armes comme impossible, par les soins que tout le monde prend à la conserrattotr des grands.
Les principales raisons qui m'y ont obligé, outre la volonté de tous Tés miensy vous seront bien ai^es â connoître si vous vous souvenez. Messieurs, que la partie se doit et ne se peut dénier â son tout ; que la Noblesse prit, dès le commencement, cause en nàain pour moi, et que depuis, ayant désiré l'entière connoissance de l'affaire, ceux qui étoient mes ennemis l'ont eu pour partie et pour juge tout ensemble ; qu'un corps de cent ou m vingts gentilshommes e^t un garant plus proportionné à mon
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honneur qu'un prince; que j'ai autant de cautions qu'il y aYoit là de têtes assemblées ; que bien au delà de réparer l'honneur d'un particulier, ils en peuTcnt former de nouTelles lois dans leur pays pour ce qu'ils sont la source de l'honneur même; que c*«st une chose inouïe, dans la monarchie françoise, qu'on ait fait si hautement satisfaire un gentilhomme; et enfin que celui qui leur commande à tous s'est soumis à eux d'une façon inconnue à tous les siècles. Voilà, Messfeurs, les motifs qui m'ont obligé à vaincre ma propre résistance, et à donner les mains à toute notre province.
De vous dire maintenant de quelle sorte ils ont travaillé, cette copie dont j'ai l'original signé vous en fera foi, et vous montrera que ces vrais gentilshommes ont eu plus d'égard à mon innocence et à leur honneur qu'à toutes les 'grandeurs de la terre. Ce que j'y puis ajouter du mien est que, douze jours durant, on s'est assemblé soir et matin avec une patience invincible, et que tout ce qui s'y est passé est grand, mémorable et sans exemple. Je crois. Messieurs, que m'ayant toujours vu révérer, parfaitement votre Corps, «et chérir sur toutes choses l'honneur que j'ai d'en être, vous agréerez que M. de Sérisay m'appreime les sentiments q\ie vous avez là-dessus, afin que si cette affaire mérite, comme je n'en doute point, votre approbation, je reçoive un contentement plus parfait, s'il est possible, que celui que je ressens. C'est de quoi je vous supplie avec tout le respect que je vous dois, et de me croire plus que personne du monde ,
Messieurs ,
Votre très-humble, très-obéissant et très-passionné servie teur,