‹ Histoire de l'Académie française (volume 4)Chapitre 20 sur 95 · BARDIN · texte numérisé non relu

BARDIN

Quand M. Bardin laissa la première place vacante dans FAcadémie, la Compagnie ordonna qu'il lui seroit fait un service dans Téglise des Billeltes \ qu'on composeroit aussi pour lui un éloge succinct, et sans affectation de louanges, qui fût comme un abrégé de sa vie. Quelques jours après il fut ajouté qu'on lui feroit encore deux épitaphes, Tune en prose, l'autre en vers, et que les mêmes choses seroient observées en la mort de chaque Académicien. M. de Grasse * fut chargé de l'éloge 5 M. Chapelain de l'épitaphe en vers 5 et M. Tabbé' de Cérisy de celui qui devoit être en prose. Je ne puis mieux faire, ce me semble, que de vous rapporter ici ces trois pièces, qui ne sont ni d'une longueur ni d'un style à vous ennuyer. Que si la loi générale qu'on fit alors eût été depuis aussi exactement observée qu'elle étoit judicieusement établie, je ne serois guère en peine pour vous parler des Académiciens morts. Ces éloges, ou m'en dispenseroient, ou me serviroient de fort bons mémoires. Mais c'est le génie des François de faire de très-bons règlements, et de les exécuter trèsmal. On n'a presque rien pratiqué de celui-là, que ce

* Antoine Godeau, évêque dé Grasse.

m DE» AGA6ë»II€IËNS £N PAftIlCULlEll.

qui regarde le service -, tout le reste, qui pouvoit instruire la postérité, qui pouvoit contribuer à la gloire tant des particuliers que du Corps, a été laissé en arrière, par une négligence blâmable et entièrement indigne de cette illustre Compagnie * .

Page 1