I. il
4» CATALOGUA
tff même K^scé solide, si la censure ne pôrtdtt qde stlr bs V^rs dB M. Godeâu. Mais comme sa t)ersonne y est âitaq\iéè, Je 1 ai tfaité de libelle ; et par cette raison Je supprime le ïam du critique, qui a été le meilleur humaniste de mû temps.
Oti demandera, en voyant la liste des ouvrages de M. (jddèati, comment il a pu tant écrire. C'est utie facilité, i5*est une fécondité sans exemple, tl disolt « que te pÀi*adils tIPuh âtiteur, c'étoit de composer ; que son purgatoire, e'étoft de i^lire et de retouciier ses compositions ; mais que son enfei*, c'étoit de corriger les épreuves de l'imprimeur. »
Il tomba en apoplexie le 17 avril 1672, et mourut à Yenté le 21 du même mois, âgé de 67 ans \
On peut voir dans la Bibliotheca aprosiana^ imprimée à ëbuiogne en 1673, un catalogue de ses ouvrages, envoyé pttir lui-même à un de ses amis, peu de temps avant sa vtmlH. Mais il n'y renferma pas ceux qui pouvoient alors lui parottre un peu profanes, et il y parle de quelques livrets, tels qu*un Secuèil des exorcismes^ un Office de range gardien, et les Paraphrases des litanies du saint enfant Jésus^ que Je n'ai pu découvrir.
ÏU. François de MeîeL ^, sieur de BotskôbEfeT, âbbé de Chàtillon-sur-Seine , conseiller d'État et aumônier du Roi, né en la ville de Caen en Normandie. Il a eomposé, outre quelques lettres en prose et quelques poé-
« Gandido Hesychio. » Le second,, signé « Gandidus tiesyûhftts, » est unie sorte de réponse « Paulo Romane. »
* Le Gallia Chrisliana fixe sa mort à la date du 2t avril, jotûr de Pâ<îtoes, et ajoute qu'il fut enterré dans son église cathédrale.
* voyez le tome 11 de celte Histoire, seconde partie, art, iii.-=t3n Ht dans les Vrigines de Caen de M. Huet , non pas t)ft lÈéttî, Mais LeMétèl, et c'est ainsi qu'il faut dire, (o.)
DE MESSIEURS DE L'ACADÉMIE. îm
Aes qu'on voit de lui en divers Recueils , un livre sé*^ pire A'Épitrei^ ou de discours en vers à la manière d'Horace. Plusieurs Poèmes dramatiques^ Une tragédie intitulée : la Didon chaste , ou les Amours d*Hyarbas. Deux tragi-comédies, qui sont, le Couronnement de Darie , et Palène, Trois comédies : la première, qui est de son invention, intitulée les trois Orontes; et les deux autres qui sont : la Jalouse d^elletnême et la folle Gageure , tirées de Lopez de Véga.
IV. Henri-Louis Hàbert , sieur de Montmor \ conseiller du Roi en ses conseils ^ maître des requêtes de son hôtel, né à Paris.
Il étoit cousin de JPbilippe et de Germain Habert, académiciens l'unet ^autre^ C'est une famille qui a été féconde en hommes illustres. Celui-ci étoit ofnnisdoctrina et sublimioris Hhfimaniorisamantissitnus*^ comme le dit M. Huet dans ses mémoires, page 166. Un jour par semaine il se tenoit chez loi une assemblée de savants, où Ton traitoit des matières de physique. Sorbière, dans sa lettre LXXIX, rapporte les
* \\ existe un bizarre volame intitulé : Explicationem nominis ÉnMêninujirf 1647, in-i»; la dédicace est signée : Hector-Antoine- Gaillard de Saint-Cyr. — Cet ouvrage est un poëme latin en fUnces alcaïques , où Tauteur joue sur la triple étymologie du BOl : mons mortis, mons moris , mons mori , sans oublier que le Bom se termine par une syllabe précieuse (or),
* Sorbière, dans sa Vie de Gassendi , rapporte que le père de fiab«rt de Montmor étoit petit-neveu du célèbre Budée.
* « MONTMOB. — 11 a beaucoup d'esprit, et l'a plus témoigné dans plusieurs épigrammes latines qu'en autre chose. Son amour pour les lettres et pour les lettrés est très-ardent et quelquefois libéral.
règlements faits poor cette espèce d'Académie *. Gassendi, le plus savant philosophe du dernier siècle, et comparable loi seul à toQs^ ceux qui sont venus depuis Aristote, éprouva dans la maison de M. de Montmor que la possession d'un bon ami peut tenir lieu de tout^ Il y vécut plusieurs années, il y mourut, et M. de Montmor, après avoir recueilli ses derniers soupirs, non-seulement lui érigea un mausolée dans Saint-Nicolas-des-Champs; mais ce qui valoit encore mieux pour la gloire de son ami, et pour l'utilité du public, il rassembla tous les ouvrages de ce grand homme en six volumes in-folio*. A la tête de cette édition se trouve anepré-
A force de sablilités et d'affectation de méthode dans ses raisonnementSy il tombe dans la langueur et dans rembarras. On n*a rien vu dUmprimé de lui, quoiqu'on dise qu'il a force choses commencées en matière de philosophie. II fait profession de cartésianisme, et le bruit est qu'il n'a érigé une assemblée académique chez lui que pour établir cette nouveauté et pour détruire la doctrine d' Aristote : en quoi ii a trouvé de grandes contradictions, t (Chapelain, Mémoire de quelques gens de lettres vivants en 1662.)
* Voyez aux Pièces justificatives,
* Voici comment Sorbière, dans sa Vie de Gassendi^ parle de l'hospitalité de Montmor : « In aedibus tuis renidentibus, Mon-
-mori illustrissime» exceptus fuit tanta comitate tua, lectissimaeque conjugis tuae, ac tanta famulorum tuorum reverentia, ut herus alter videretur. » — (Cf. Loret, Muse historique. Gazette du 23 nov. 1652 et du 2 oct. 1655.)
* Publié à Lyon en 1658. fiassendi avoit la plus grande confiance dans l'amitié et le savoir de Montmor ; celui-ci dit en effet : < Tanta fuit viri erga me benevolentia, ut scripta mihi uni adjudicaret, quae omnibus litteratis potiori jure debebantur ; tanta denique modestia, ut quae ad amussim limata et expolita erant, judicio meo qualicumque subjiceret. » — Montmor fit cette édition, dit-il lui-même, « adjutore Henrico Bornaeo, in curia parisieusi patrono consultissimo, et communicato labore cum Claudio
face latine de M. de Montmor, écrite sensément et de bon goût. G'ebt presque le seul ouvrage par où sa plume nous soit connue, à trois ou quatre épigrammes près, qui se sont conservées dans les recueils de. son temps. Mixl^ le poëme De rerum natura^ où, à l'envi de Lucrèce, il avoit développé toute la physique, n'est point venu jusqu'à nous. Il mourut à Paris, le 21 janvier 1679 ^
V. Jean Ogier de Gombauld ^, né en Xaintonge , à Saînt-Just-de-Lussac, près de Brouage. Ses ouvrages imprimés sont.: YJEndymion; IMma^-an/^, pastorale-, un volume de Poésies; un volume de Lettres. Les suivants n'ont point encore été publiés : les Dandides^ tragédie; Cidippe y tragi-comédie •, Trois livres d'Épi" grammes; plusieurs autres Poésies ^ Lettres et Discours de prose.
Hardyaeo, senatore parisiensi, Francisco Henryxo, patricio lugdanensi, Joanne Gapellano, viris doctissimis, mihi et Gassendo carissimis. » {Prœfatio ad lectorem.) Toutefois, dit un avis des imprimeurs, « ut editio ad unguem foret conformis autographio, volait D. Montroorius recognita singula operum folia suo ipse Domine consignare, et cautionem à nobis exigere ut ne apice quidem immutato, ad designatum tempus perficeretur editio. »
* 11 étoit fils de Jean Habert de Montmor, trésorier de Textraordinaire des guerres; une de ses sœurs épousa le maréchal d*Estrées, une autre le président de Bercy, et la troisième le marquis de Rochefort. Lui-même épousa Henrye de Buade et fut, par cette alliance, beau-frère du marquis d'Épinay-Saint-Luc et de Louis de Buade, comte de Frontenac et de Palluau, qui fut gouverneur du Canada en 1672.
* Voyez le tome II de cette Histoire, seconde partie, art. x. (o.)
262 CATALUGIE
Je ne si\\s si la tragi-comédie de Ct^ipp^ * a été imprimée* Ce qui m*en fait douter, c'est qu'en 1669, trois ans après ia.mort de l'auteur, elle ne l'étoit pas encore; comme noos l'apprenons dans Favertissement de Gonrart à la tête dei traités postliumes de Gombauld. « Il a laissé encore, dit Gonrart, une tragi-comédie de Cidippe^ et de quoi faire un iioa« veau recueil de vers, particulièrement de sonnets et d'épi<<» grammes qui, pour être entre les mains de personnes pea intelligentes en ces sortes de clioses-là, n'ont pu encore être mis en lumière. »
YI. Marin Cureau de la Chambre, conseiller du Roi en SCS conseils, et son médecin ordinaire, né au Man§. Ses œuvres imprimées sont , les Nouvelles pensées sur les causes de la lumière , du débordement du Nil et de Tamour d^ inclination. Les Nouvelles conjectures sur la Digestion, Deux volumes des Caractères des jpatsions. Traité de la connaissance des animaux. NoU" velles observations et conjectures sur l'Iris, S'il acbAfO ce qu'il a commencé, nous verrons la suite des Carae» ter es des passions. Le traité de la beauté humaine ^ celui du naturel et des mœurs des peuples , et les autres qui composent le plan qu'il a fait pour VArt de connoître les hommes. Il a fait une traduction françoise des huit livres de la Physique d'Aristote^,qui n'est pas imprimée, et fait espérer dans peu de temps un Commen-
1 n existe une pastorale de ce nom publiée en 1633 parle cbevalier de Baussaye. La pièce de Gombauld n*a pas été imprimée.
* Sorbière dit, dans sa Vie de Gassendi, que La Chambre « primus Aristotelaeam philosopliiam et Platonica ratiocini» cul- ^ioreçul^u ornata deduxit in aulam nostram. »
^tVf »ur /#« Aphoriame^ d Hippocrate ^ qu'il app<i|e l/^its Aphorismorum^ où ion dessein est, après fivoir marqué le sens d'Hippocrate en chaque aphorisme , de rappliquer à d'autres sujets , et de faire voir tous les usages qu'on en peut tirer.
« Il Avûit naturellemeDt beaucoup d'éloquence, il étoit SfiviHftl; ^n toqte sorte dç littérature, ^t ces qualités étoitti^t souteniies par un grand fonds d'honneur et de probité. 11 étoit à tons les hommes de lettres un ami qui ne leur ipaaquoit jamais au besoin. La réputation qu^ son esprit lui pvQit acquise le (il cpnnoitre au chancelier Segnier, et pe magistrat voqlqt avqir La Chambre auprès de lui, ppu-seul^meut comme un excellent médecin, mais encore comme un homme consommé dans la philosophie et dans les belleslettres. Le cardinal de Richelieu en porta le même jugement et en fit une estime singulière. Il le destina pour être un des omements de 1* Académie françoise, quMI avoit établie deppis peu. La Chambre fut reçu dans cette illustre oompagQie^u aommencement de Tau 1635. Depuis, te même Cardinal le choisit dans le grand nombre d'écrivains qui s'étoient aHaehés à sa fortune, pour répondre à un ouvrage séditieux, iiftîtulé : Opiaius Gallus de cûvendo achismate \ Le roi Louis XIV rhonora d une affection particulière, et il la fui fit çonnoitre en le nommant un des premiers entre les gens
1 1 (i^ cardinal de Richelieu... le chargea ea 4640, de rép^ndre au livre de Hersant en faveur des prétentions de la Cour de Qi^fQ^. Ce livre fut regardé en France comme séditieux, et Vqu ordonna i)e9 rectierches contre Tauteurt qui chercha un ^sile «auprès de çe^j^ doq( i) dvoit défendu la cause. Mais ^ Rpme qaéfpe il f)}t p(Wrsi»l?i pfirnRqujsitiop comme jansémistei et e^cû|nmuni|^ pû|}r n*avoir point comparu. » (CondQfcet; £ loges ^ U 1).
de lettres qui dévoient avoir part à ses gratifications*. Il fût aussi choisi pour remplir une des premières places dans TAcadémie des sciences'. Tout ce qu*ila écrit porte non-seulement le caractère d*excellent philosophe, mais encore celui de bon chrétien. Il mourut en la 75« année de son âge, le 39 novembre 1669*. »
M. Tabbé de La Chambre est auteur de cet article, tiré presque mot à mot de Moréri. Il avoit promis de recueillir en deux volumes in-folio tous les ouvrages de son père, mais il ne l'a point fait. Il devoît y faire entrer plusieurs traités non imprimés de son vivant, et qui ne Tout pas été depuis : entre autres la traduction entière des huit livres de la physique d'Aristote, dont il n'y a eu d'imprimé que le premier.
VU. Marin le Roy, sieur de Gomberville , Parisien. Les œuvres imprimées que j'ai vues de lui sont les romans de Polexandre en eitiq volumes-, de la Citherée en quatre volumes •, Aq la jeune Alcidiane^ qui n'est pas achevé : la préface des Poésies de Maynard.
* Voir la liste des gens de lettres, présentée à Golbert par Chapelain : < C*est un excellent philosophe, et dont les écrits sont purs dans le langage, justes dans le dessein, soutenus dans les ornements, et subtils dans les raisonnements. Son application est dans les matières physiques et morales, en tant que celles-ci regardent la nature; je ne le tiens pas fort dans les politiques, et je doute quMl fût propre à écrire Thistoire, quoique fort judicieux. »
s En 1666.
* 11 étoit né au Mans vers 1605, dit Condorcet {Éloges, t. I); — vers 159-i, selon Niceron, et cette dernière date parott être la vraie, puisque Tabbé de La Chambre assure que son père avoi' 75 ans lorsqu'il mourut en 1669.
DE xMCSSIEURS DE L'ACADÉMIE. 265
II naquit en IGOO ^ Son premier ouvrnge fut imprimé en 1614. C*est un recueil de cent dix quatrains à l'honneur de la vieillesse. II le dédie à son père. La versification n'en vaut rien : mais que peut-on attendre d'un écolier? L ouvrnge qu'il donna en 1620 est d'un style incomparablement meilleur, et qui fait voir que dans un jeune homme six années d'études font beaucoup, au lieu que, dans un âge déjà un peu avancé, les progrès d'un écrivain sont lents et imperceptibles. M. de Gomberville s'appliqua ensuite à composer des romans. C'était la fureur de son siècle. Mais enfin, à l'âge d'environ quarante-cinq ans, comme il alloit faire de longs séjours à Gomberville, qui est à une lieue de Versailles, et que là il étoit voisin de Port-Royal-des-Ghamps, il fit connoissance avec les fameux solitaires de cette abbaye. Dès lors, non-seulement il cessa de composer des romans % mais Il embrassa une vie pénitente, et prit à tâche d'imiter les
modèles qu'il avoit devant les yeux.
Il eut dessein d'écrire l'histoire des cinq derniers rois de France, de la maison de Valois. Il avoit judicieusement formé son plan ; il avoit même commencé à l'exécuter; mais par les raisons qu'il touche dans sa préface des Mémoires du duc de Nevers^ il n'alla pas loin ». On a tout sujet de croire
^ Son père étolt buvetier de la Chambre des Comptes de Paris, selon le Menagiana; il fut élevé au collège de la Marche avec Tabbé de Marelles. L*assertion de Ménage semble contredite par Y état de la France de l'année 1658 entre autres qui range Gomberville parmi les gentilshommes de la noblesse la plus qualifiée. — Cf. le Dictionn. des Précieuses. Nouv. édit. Biblioth, elzév,, 1. 1, p. 28, 202, et t. II, p. 241.
' « Il eût voulu, si cela eût été possible, les avoir eifacés avec ses larmes. » ( Lettres d'Arnaud, t. Vil, p. 430, — à Perrault.) — Remarquons cependant que sa conversion, arrivée vers 16 i5, fut suivie de la publication du roman d\ilcidiane en 1651.
' Un abbé, favori de Richelieu, et ami de Gomberville, l'a voit,
2Ga CATALOGUE
que ce qu'il eo avoit fait, quoique cité par le P. le Lo9g, uum. 8201, est absolument perdu, car son petit-fils, aujourd'hui lieutenant général çl'Etampes, m'a fait savoir que rop ne conservoit dans sa famille aucun papier de son aïeul.
M. de Gomberville s*est déguisé sous un nom à la grecque, Thalassius Basilidès^ autour de son portrait en tailla douce, et dans un petit avertissement qu'il a mis h \^ M^\^ de quelques poésies latines de M. de Loménie , comte di^ Brienne. Mais ces poésies, elles sont du P.Gossart; et VIH^ nerarium^ qui porte aussi le nom de M, de Loméqie, est d^ Benjamin Priolo , si nous ea croyons les lettres manusçrit^^ de Chapelain .
Un§ lettre de M. Dodart, imprimée parmi celles d§ M^ A^nauld , nous apprend que M. de Gomberville , sur la fin d§ ses jours , rabattit un peu de sa grande dévotipo. Jl ipoufyl à Paris, le 14 juin 1674.
VIII. Jacques de Sérisày , né à Paris , intendant de la maison du duc de La Rochefoucauld. Il n'y a rien dMmprimé de lui; mais il a beaucoup de poésies et d'autres œuvres en prose à imprimer.
Il mourut à La Rochefoucauld au mois de novembre! 653 \
dit-il, engagé à s'occuper des vivants plutôt que des morts, à négliger l'histoire pour les romans et le théâtre, et à finir, avast toute autre chose, une pièce intitulée : Les amants d* Angélique; Gomberville, dégoûté de son travail, l'abandonna longtemps peor les romans^ mais n'acheva pas la pièce commencée.
1 Une lettre de Godeau, datée de Grasse le âO juillet 1641, félicite Sérisay de son progrès en la dévotion : « car je crois que vous y ea avez fait un grand, ayant si généreusement oommeneé. »<^ Depuis longtemps il était atteint d'une maladie dont on ne gnéf4l guère. (Lettres Mss, de Chapelain à Gonrart, 91 aoAt 4694) —
Du reste il ne m'est eonna par nul endroit , si oe n'est par quelques poésies, mais fort courtes, et en petit nombre, imprimées dans les Recueils de Sercy '.
IX. Marc-Antoine Gérard , -sieur de Saint-Amant i né i Rouen. Il y a de lui trois volumes de poésies. Il fait un poème héroïque, appelé Moïse.
Il n'étoit point fils d'un gentilhomme verrier , comme Font écrit divers auteurs. Il nous apprend lui-même, dans une de ses épîtres dédicatoires , que son père avait été chef d'escadre pendant vingt-deux ans au service d'Elisabeth, reine 4'Angleterre. Sa vie n'a presque été qu'une suite continuelle de voyages. On trouvera en parcourant ses poésies, que dans sa jeunesse il a vu l'Afrique et l'Amérique; qu'en 1643 fl accompagna le comte d'Uarcourt , ambassadeur extraordinaire de France à Londres; qu'en 1647 il étoit à Collioure, en Roussillon; qu'en 1650 il étoit à Dantzic, gentilhomme ordinaire de la reine de Pologne , Marie-Louise de Gonzague. If'abbé de Marolles, dan^ ^% Mémoires, page 167, se fait honneur de lui avoir procuré cette place, avec trois raille livres de pension. Mais en 1651, M. de Saint-Ainaut rêviQt en France et passa le reste de ses Jours à Paris.
Ce que M. Despréaux en raconte dans sa première satirç :
Que tout chargé de vers qu*il devoit mettre au jour, Conduit d'an vain espoir il parut à la Goar; Qu'il en revint convêrt de honte et de risée {
^rmj était, paraît-il, d'une paresse invincible : Godegtt #t Pal- M€y qui lui ont écrit plusieurs lettres et semblent être fort d$ s$s amis, «'«cçordent pour c'en plaipdre,
* Voy. la V« partie (5* vol.) du Recueil fie 1§60"16^, pp. 37é, 376 et 689.
Que la fièvre aa retour, terminant son destin, Fit par avance en lui ce qu*auroit fait la faim....
Tout cela, dis-je, pourrolt bien n'avoir pour fondement que rimagination de M. Despréaux, qui, sans doute, a cru qu'en plaçant ici un nom connu, cela rendroit sa narration plus vive et plus gaie. Car enfin les poésies de Saint-Amant font foi qu'il n'avoit pas attendu si tard , ni à mendier les grâces de la cour , ni à mettre au jour les vers qa*il avoit faits dans cette vue. On sait d'ailleurs, que ses dernières années furent toutes consacrées à la pénitence et à la piété. Nous pouvons Juger de ses sentiments par ses Stances sur r Imitation de Jésus-Christ, qui sont les derniers et les meilleurs vers qu'il ait publiés. II mourut en 1661 , âgé de soixante-sept ans.
Chapelain, dans ses lettres manuscrites, m'apprend que la JRome ridicule de Saint-Amant fut imprimée furtivement à Paris en 1643, et l'imprimeur mis en prison '•
X. Honorât Lâugier, sieur de Porchères, Provençal. On a imprimé de lui diverses Poésies^ dans les recueils : et cent Lettres amoureuses sous le nom d'Erandre. Il y a plusieurs pièces non imprimées , de vers et de prose, entre autres un Traité des Devises.
Il étoit de Forcalquier, dans le diocèse de Sistéron. A cela près, je n'ai pu trouver le moindre éclaircissement sur ce qui
' Nous ne pouvons que renvoyer, pour des détails plus complets sur ce poète, à la iiolice qui précède Tédition que nous avons donnée de ses œuvres complètes. (Paris, P. Jannet, 185S, 2 vol. in-16, Biblïoth, Elzévirienne.)
le regarde ^ J'ai déjà parlé de sa famille ci-dessus, daus Tarticle de François d'ÀRSAUo. Il mourut en 1654 ^