‹ Histoire de l'Académie française (volume 4)Chapitre 71 sur 95 · ÎLS · texte numérisé non relu

ÎLS

43i PIÈCES JUSTIFICATIVES.

BAUDOUIN

Vous puis-je supplier D'avertir de ceci notre grand Chancelier?

LE SERGENT

Il n*en est pas besoin. Donnez-nous quelque chose.

■ LE GEÔLIER

Mais comment ferez-vous?

LE SERGENT

Nous feindrons quelque cause, Quelque subtilité qui Ta fait échapper...

BAUDOUIN

Et que vous n'aurez pu jamais me rattraper. Tenez, voilà dix sols.

LE SERGENT

Dix sols... quelle infamie !

Et vous tranchez du grand dedans l'Académie !

Contentez-vous, Messieurs, vous aurez un teston.

LE SERGENT

J'aime mieux te donner cinq cents coups de bâton.

LE GEÔLIER

Monsieur, pour échapper, donnez-nous de quoi boire.

BAUDOUIN

Je n'ai que trente sols.

LE SERGENT

£t qui le pourroit croire ?

BAUDOUIN

Fouillez-moi, s'il vous plaît.

LE SERGENT

Il a ma foi raison.

Pour moi, je suis content qu'il sorte de prison.

LE GEÔLIEB.

Tout beau, tout beau, Monsieur, il roe faut le geôlage.

BA.UDODIN.

Si je n'ai point d'argent ?

LE GEÔLIER

Laissez-moi quelque gage.

Que vous puis-je laisser ?... il me faut un ebapeau.

LE GEÔLIER

Vous ne sortirez point.

BAUDOUIN

Tenez donc mon manteau.

Quel étrange discours, mon Dieu ! quelle barangue ! Ces coquins, ces marauds n'entendent point la langue. Mais, grâce à.mon démon, j'en suis bien écbappé, Sans désir, sur ma foi, de m'y voir rattrapé.

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