‹ Histoire de l'Académie française (volume 4)Chapitre 79 sur 95 · L*B8T01LB · texte numérisé non relu

L*B8T01LB

Paradis est un mot ignoré du Parnasse,

Et les deux dans nos vers auront meilleure grAce.

[b) SBRISAT.

Que dira Colletet ?

COLLETET

Le plus grand de mes soins Est d'ùter nonobstant et casser néanmoins.

Ce mot, à votre avis, n'a-t-il point bonne grâce? II remplit bien la phrase, il coule doucement ; Il met dans le discours un certain ornement, Et, s'il n'est trouvé bon d*un homme de cervelle, On le condamnera.

COLLETET

Faisons langue nouvelle, Puisque l'Académie en a bien le pouvoir ; Tandis que nous voici faisons notre devoir. Néanmoins a mille ans; la troupe académique Laissera-t-elle un mot de la langue gothique ?

HABEBT.

S'il étoit plus nouveau, je le tiendrois suspect; Plus il est ancien, plus on lui doit respect.

COLLETET

Laissez donc ainsi soit, piéça, les blandices^ Dont la vieille Gournay fait toutes ses délices.

HABEBT.

On les a retranchés, non pas pour être vieux, Mais pour ce qu'aisément on pourra dire mieux.

COLLETET

Vraiment, gentil Habert, un homme de votre âge

9 HABBRT.

Condamner néanmoins l d'où vient cette pensée ? Colletet, avez- vous la cervelle blessée ? • Néanmoins l qui remplit et coule doucement, Qui met dans le discours un certain ornement.... Pour casser nonobstant, c'est un méchant office Que nous nous rendrions dans les cours de justice.

Page 1