‹ Histoire de l'Académie française (volume 5)Chapitre 12 sur 81 · ARRIVÉES DANS L'ACADÉMIE · texte numérisé non relu

ARRIVÉES DANS L'ACADÉMIE

qui Yous l'ont préparé avec tant de sagesse et de jugement. Elle croit donc que tous avez eu raison de déférer aux avis et à la prudence de ces Messieurs, et que vous ne pouviez avoir de plus sûres ni de plus illustres cautions de la réparation de votre honneur^ que tant de personnes à qui il est plus précieux que leur propre vie, qui en connoissent parfaitement les lois et qui, pour user de vos termes, sont très-capabjes d'en faire de nou^ velies, comme ils l'ont fait voir en cette occasion. Enfin, Monsieur, elle estime qu'un Gentilhomme ne peut être traité plus glorieusement que vous l'avez été par tous ceux de votre profession, qui, dans cet accommodement, ne paroissent pas moins vos protecteurs que vos juges, et elle s'en promet un avantage particulier, qui est de vous voir bientôt ici, où elle vous témoignera elle-même combien elle loue Dieu de ce que cette affaire s'est terminée si beureusement. Mais en vous attendant, elle a jugé à propos de vous donner ce témoignage, que vous avez déâré, de son sentiment et de son affection, par la plume.

Monsieur ,

De votre très-humble et très-affectionné serviteur^

Conràrt.

C'est là, si je ne me trompe, tout ce qui a été écrit jusqu'ici à rAcadémie françoise, ou qui a été fait en son honneur.

Hais comme j'étois en cet endroit de ma Relation, il est arrivé une chose qui mérite d'y être ajoutée et qui yous témoignera en quelle estime est aujourd'hui cette Compagnie dans les pays étrangers. Les Inlronati de Sienne se vantent qu'un homme de savoir, nommé Thomas, de la ville de Bergue en Norwége, envoyé par son prince pour rechercher les plus grandes raretés de l'Italie, vint exprès dans leur ville avec des lettres de

i4ê DES ClOtlt liBMARQUABLIt, ITG.

reeoniBiiidatioii da CHnem Vicenzo Piii«lli de Piidoue, pour voir leur Compagnie et emporter leurs statuts. L'Académie Craoçoise a reça ces jours passés un bonneor qu'on peot estimer encore plus grand ' , Le barop Spar, grand seigneur de Suède, lui fit témoigner, par M. Tristan, quHl désiroît de la saluer, et ayant été introduit, il lui fit son compliment, comme je le trouve dans les Re^stres, en termes non-seulement fort purs H fort francois, mai? encore fort élégants* Il assura ces Messieurs, et de la passion qu'il «voit eue de voir leur assemblée, comme une des ehoses les plus remarqua^ blés de Paris et du royaume, et de Testime particulière qi}e la Reine * sa maltresse faisoit de leur Corps, dont elle ne nianqupit jamais de demander des nouvelies A tous ceux qui retoumoient de France en Suède. Le Directeur répondit pour tous, comme le méritoit la civilité de ce seigneur et les rares qualités de cette auguste princesse, qu'on peut appeler avec raison Fornement de notre siècle et la principale gloire des belleslettres. Le baron, qu'on avoitfait asseoir A main gauche du Directeur, en la place du Secrétaire, qui étoit ab* sent, assista encore à la lecture d'une ode d'Horace , traduite par M. Tristan*, après quoi il se retira et fut reconduit par les Officiers, suivis des autres Académiciens, jusques A la porte de la salle , où Messieurs de Racan et de Roisrobert avoient été le recevoir avec M. Tristan.

< Registres, {5 mai i652.

* La reine Christine de Suède. Quelques années plus tard, en lasa, elle fit eile-méme nne yisite à l'Académie. — Voy. l. II.

Me wam m&nà la dernier» partie de mon travail, qui regarde k» Académiciens en particulier. J*y observerai cet ordre. Premièrement, je dirai en quel temps et en quelle occasion chaque Académicien a été rsQU dans la Compagnie, depuis son premier établissement ; puis je parlerai séparément de ceux qui sont déjà morts, et enfin j'ajouterai quelque chose des vivants.

Je les appelle Académictem^ parce qu'ils ont eux* mêmes choisi ce nom en rassemblée du 13 février i63K« ee\m à'AcadimUies^ qu'on proposoit aussi, ayant été rejeté à cause des autres significations qu'il a d'ordi* naire%

* Voici comment VAcadémfe définit ces deux mots dans la I"" édition de sob IMctionnaire .

ACADÉMICIEN^ qui est de quelque Académie de sens de lettres : ht Académicmi 4$ V Académie française, les Académ^cieHi de la Cnuca.

AcADÉmsTS» qui apprend à nionter à cheval et aiiired eiep<cices dans une Académie,

Je vous ai dit au commencement que ceux qui donnèrent naissance à T Académie par leurs assemblées secrètes et familières, furent M. Godeau, maintenant évèquede Grasse, M. de-Gombauld, M. Giry, M. Chapelain, Messieurs Habert, M. Conrart, M. de Sérisay'et M. de Malleville. A ceux-là se joignirent Messieurs Faret, Desmarets et de Boisrobert. Depuis, lorsque le Cardinal en voulut former un Corps, on y ajouta plusieurs personnes à la fois, qui -furent M. de Bautru, M. Silhon, M. de Sirmond, M. Tabbé de Bourzeys, M. de Méziriac, M. Maynard, M. Colletet, M. de Gomberville, M. de Saint-Amant, M. de Colomby, M. Baudoin, M. de FEstoile et M. de Porchères- d'Arbaud, sans que Vabsence de quelques-uns de ces Messieurs les empêchât de recevoir cet honneur. Aloss on commença à faire des assemblées réglées et à tenir un registre qui justifie en quel temps chacun des autres Académiciens a été reçu.

Le premier fut M. Servien, alors secrétaire d'État, depuis plénipotentiaire et ambassadeur pour la paix à Munster, et ministre d'État ', dont il est ainsi parlé dans le registre du 13 de mars 1634 : « L'Académie se tenant honorée de la prière que M. Servien, secrétaire d'Etat, lui a fait faire d'y être admis, a résolu qu'il en sera remercié et qu'on l'assurera qu'il y sera reçu, quand il lui plaira. » Il y vint ensuite le 10 d avril,

^ Cet ouvrage, pour de bonnes considérations, a été imprimé tel qa*il étoit quand on commença à le voir manuscrit; c*est pourquoi la qualité de surintendant des finances n'est pas donnée id à M. Servlen« (?.) — Abel Servien ne fut surintendant des finances qu'en 1683, après la mort du duc de la VieavUle.

s'excusa de n'y avoir pas assisté plus tôt sur les affaires importantes auxquelles il étoit occupé, fit son compliment à TAcadémie et en reçut la réponse par la bouche du Directeur; mais je passe en deux mots toutes ces choses, pour n'être pas excessivement long.

Le même jour 13 de mars 4634, auquel on proposa M. Servien, M. de Boisrobert fit voir une lettre qu'il écrivoit de son chef à M. de Balzac. Il Tavertissoit dû dessein de M. le Cardinal pour rétablissement de TAcademie, ajoutant « que s*il. désiroit d'y être admis, it pouvoit le témoigner à la Compagnie par ses lettres, et qu'il ne doutott point qu'elle ne le lui accordât volontiers en considération de son mérite. » On en usa ainsi pour exécuter une résolution qu'on venoit de faire, de ne recevoir personne qui ne l'eût fait demander, ce qu'on observe encore aujourd'hui. Je ne vois pas dans le registre ce qui suivit -, mais infailliblement M. de Balzac, sur sa réponse, fut reçu peu de temps après dans l'Académie ' ; et je trouve qu'en Tannée 1636 il y lut quelque partie de son Prince^ qu'il nommoit alors le Minisire d'État ^

M. Bardin ', qui étoit du nombre de ceux sur les-

1 Nicolas Bourbon, dans sa lettre Georgio Campenio Harlemaulf datée du 17 mars i656, explique assez ce que Balzac fit alors. Qui anU aliquot annos^ dit-il, regem eloquentise agebat, nune quodammodo in ordinem coactus est^ sêd Ubenter et ultro, poslquam civili more prensavit ut ditertissifius Curixpars esset, et in Àeademiam prxstantium virorum, Richelii auspicii* institutanif adaùtteretur. (o.) — Voy. aux Pièces justificatives.

' Voyez cl-dessas, p. 115 et suiv., rem. 4.

* Registres, 37 mars. — 3 ayril 1634.

im DES ACADÉMICIENS EN PARTICULIER.

quels on avoii jeté les yeux au commencement, fut reçu ensuite, après qu'il se fut excusé de quelque froideur qu'on Taccusoit d'avoir témoignée, et qu'il eut assuré la Compagnie du déplaisir qu'il ressentoit dea mauvais discours qu'on avoit tenus de lui«

Ceux qui furent reçus les premiers après celui-là sont M. de Boiasat, M. de Yaugelas, Mé de Voiture et 3i. dePorchères^Laugier'. Mais i la réception de ce dernier, qui avoit été proposé par M. de Malleville, il fut fait deux règlements, que je ne dois pas omettre.

Le premier ^, qu'à l'avenir on oplneroit sur lea élections par billets, et non pas de tive voix, comme on avoit fait jusques alors ^«

Le second ^ qu'on ne recetroit plus d'Académicien qui n'eût été présenté au Cardinal et n'eût reçu son ap« probation ^ J'ai oui dire là^desstis qu'il n'aimoit point M« de Porchères^Laugier , le regardant comme un homme qui avoit eu de l'attachement avec ses plus grands ennemis; qu'ainsi 11 fut très-fâché de cette élection ; qu'on lui offrit de la révoquer, et qu'il eut celte modération de se contenter d'un règlement pour Tave^ nir. Ce règlement a été observé jusques ici, tant pour lui que pour M, le Chancelier, depuis qu'il est Protec-

* Mg^9Xrêêf 9, 27 iiotemirf» il é àééembm 463é.

* ll«gi»tres, 4 déceflibr» I654# > Vùftz p. 60, r«tt. 1/ *ll€#stfe», «î Janvier I63l»«

* De lii «st tsnflê la néceMité dss deux ierttllns : le premier, |M)ur déterminer ii la ploralilé des Miffràgês, qitl Toa propMSfa au Protecteur; le second, pour élire après qae le Pro^^etevr a flonné son agrément à celui ^a| » M propeaé* (00

DB8 ACADÉMICIENS BN PAHTICUL1BR. 4M

teuf^ sur la propontîon qu'en fit II« de La Ghatnbre^ le S7 novembre 1640. Ce fut, si je ne me tfompei pour epaiaer le Cardinal^ que U* de Porehères-Laugier ee UUa de haranguer aTant que son tour fftt renUf i là plaee de M. de Sérizay, et prit poitf sujet de son dia^ eoun, b# knumgêt de l'AcddèmiÊ et cêUêé de wn Pro^ ieciéur^ tomme tous avez vu 6iKleMuii«

M* Habort de Montmor^ maître dee requMee, et M. de La Chambre furent reçue un peu aprètf, et en même temp9« Et je voie que le .9 janvier 1635, M. de La Chambre s'y trouva pour la première fois ) et que M. de Cerisy parlant pour M. de Hontmor, son cousin, remer* eia la Compagnie u de la grâce qu'elle loi avoit faite en la stenee derniire , n et Tassura « qu*il y viendrolt prendre sa place, dès qu'il seroit de retour d'un voyage qu'il étoit obligé de faire i 8ainM]lerniain« «

Ce fut ce même jour, 2 janvier 1035, que l'on proposa de faire des discours, et que l'on dressa pour cet effet un tableau des Académioieni, dont je vous ai parlé ei^essos* Ils voulurent y être rangés par sort, sans avoir aucun ^ard i la différence des conditions ^ et moi, je vous avertis aussi que, lorsqu'il m'arrive d'en âommer plusieurs ensemble dans cette Relation, je les fange de même par sort, c*est«à*dire suivant que leurs noms se présentent fortuitement à moi| sans qu'il en faille tirer nulle conséquence.

Ce tableau, qui étoit de trente-^ personnes ', ayant été montré à M. le gafde des sceaux, maintetiftllt cban-

I PiBgi&tres, 8 janvier 16^,

œlier de France, il fit dire à la Compagnie, par M. de Cérisy, qu!il désiroit d'y être compris. On ordonna que son nom seroit écrit à la tète, comme je vous ai dit ailleurs, et que Messieurs de Montmor, du Chastelet, Habert, et les trois Officiers iroient lui rendre grâces trèshumbles de rhonneur qu'il faisoit à tout le Corps. En cette occasion M. de Sérizay, qui étoit le Directeur, porta la parole, et on dit qu'il s'en acquitta merveilleusement bien. Sa harangue fut lue huit jours après dans l'assemblée ' ; il fut dit qu'il en donneroit une copie qui seroit gardée entre les ouvrages académiques; mais quelle qu'en soit la cause, ni cette harangue, ni plusieurs autres qu'il eut occasion de faire durant le long temps qu'il fut Directeur, et dans lesquelles il satisfaisoit tout le monde au dernier point, ne se trouvent plus, et je n'en ai vu pas une entre les papiers qui m'ont été communiqués.

On reçut ensuite M. l'abbé de Chambon, frère de M. du Chastelet^-, et six mois après, ou environ, fut reçu M. Granier '. Il fut élu par billets, qui furent tous en sa faveur, excepté trois. L'événement a montré que les trois qui vouloient l'exclure n'avoient point de tort; car je trouve dans les Registres, que le 14 du mois de mai suivant, sur la proposition qui en fut faite par le

< Registres, i5 janyier i655.

* Registres, 26 février 1635.

* Registres, 3 septembre 1635. — Colomiés, dans sa Biblio^ thèque choisie^ le nomme Auger de Mauléon, sieur de Granier; et Ricbelet, dans son JfecueÛ de Lettres françoises^ nous apprend qae cet Académicien fut exclu pour ne s*étre pas bien acquitté d*un dépôt qu*on lui avoit confié, (o.)

Directeur, de la part de M. le Cardinal , il fut déposé pour une mauvaise action, d'une commune voix, et sans espérance d'être restitué ^ Il y auroit peut-être quelque inhumanité à s'arrêter davantage sur cette matière, puisqu'il vit encore, et, comme on dit, tout à fait dans la dévotion, bien que le livre intitulé, £tai de la France en 1652, l'ait mis entre les Académiciens morts. 11 me suffira de vous dire, pour n*y revenir plus, que c'étoit un ecclésiastique, natif, comme l'on m*a dit, du pays de Bresse, homme de bonne mine, de bon esprit, d'agréable conversation, qui avoit même du savoir et des belles-lettres. Pour s'établir à Paris, il s'associa avec un libraire nommé Chapelain, et depuis avec un autre nommé Bouillerot. Et comme il avoit été curieux de bons manuscrits, il en mit au jour quelquesuns qui étoient encore fort rares. Nous lui devons les Mémoires de la reine Marguerite et ceux de M. de Villeroy, les Lettres du cardinal d'Ossat et celles de Mk de Foix. Il faisoit imprimer et relier ses livres avec le plus de soin qu'il étoit possible^ en faisoit beaucoup de présents, étoit fort propre dans sa maison, fort civil, et

^ On lit Hans le Recueil des Factums de Puretiëra ( I, 540 ) : * Quoique ces Messieurs (les Académiciens) prétendent que dans l'histoire de TAcadémie il soit fait mention qu*un nommé Grenier {sic) en a été exclu, on sçait que ce fut par un ordre particulier de M. le cardinal de Richelieu qu'il en fut chassé pour un cas fort sale, parce qu'il avoit abusé du dépôt d'une somme considérable que lui a voient confiée des Religieuses. Aussi ne trouve-t-on point dans les Registres et Mémoires de l'Académie, qu'elle ait fait aucune procédure ni rendu aucune sentence de déposition contre lui. »

i54 DES ACADÉMICIEN» EN PARTICULIER.

fort officieux ânTers les perionbes d'esprit^ et les geiis de lettres, qui pour cette raison se Irouvoient vo1od«tiers chez lui, où il se faisoit comitie une espèee d'A-^ cadémie. Toutes ces choses le mirent en réputation, et le firent connoltre^ premièrement à M« le Chancelier^ qui lui donna pension, puis au Cardinal, qui trotiTa bon que M. de Boisrobert le proposât pour Atre de TAcadémie.

Le premier qui fut reçu après lui fut M. Giry '. Car encore qu^il eût été de ces assemblées d'amis qui se faisoient chez M« Conrart^ il s'en étoit retiré^ et n'avràt point été appelé quand on commença à faire un corps d'Académie* Je trouve dans les Registres qu'il fut pro* posé alors par M. de Boisrobert, de la part du Cardinal, qui laYoit jugé digne d'en être, sur la lecture de sa traduction de l'Apologétique de Tertullien«

Le nombre de quarante n'étoit pas encore rempli -, cependant M. Bardin et Mé du Chastelet moururent presque en même temps, et laissèrent deux nouvelles places vacantes^ On répara ^ cette double perte en recevant M« Bourbon ' et M« d' Ablancourté

< Regiatresi 14 jàiiTler Id3d# *

* n«gi9tre0| 19 septinnbrs 1697»

* Aa tfljet de rélêetion dd Nioola» BotirlMni^ on IfMite ti UsUte qui suit dtD8 \êê' CEttf res eamp\ète9 d« Balsan :

t MoDsIear^ *^Qiie toat sembls du dboU c|ti'où s ftilt de aosife ii(rafe«a confrère* tteo I«qifdl Je tleat de me réùoïKïMm^ Crofëtr ▼OQs qii*ll rende de gnnidt serttces k TAeiKiénile, ei qae ee fioft on tiMitrameni propre pour tretsiller steo Toifs kUiHfa

* IVlcolàt SooflMm Atait été btoaOlé ftTM Balttd, «oittkiê «Il le toll daos h

notice <|ui lui est consiMVée à U fin dç ce irolume, n* VI.

Il mourut encore etiriron ce iemp^^là deux aulre» Académiciens', M. Habert^ cômmiMaire des Guerres^ et M. de Méziriae«

On reçut ' ensuite^ et en même jour, M» Esprit et Mé de La Mothe*le-Yayer ; le sort les rangea comme je viens de les nommer. Et enfin pour remplir la seule place qui restoit du nombre de quarante, on proposa datis la même assemblée M. de PriézaC| conseiller d'État, qui fut reçu huit jours après.

Ceux qui ont été reçus depuis sont : M. PatrU^, au lieu de M. Porchères-d' Arbaud ; M. de Bezons^, alors premier avocat général au grand Conseil ^ maintenant conseiller d'État ordinaire, au lieu de M. le Chancelier, quand il fut fait Protecteur après la mort du Cardinal ; M. de Salomon, aussi alors atocat général au grand Conseil S au lieu de M« Bourbon. « II fut* préféré à

Messieurs^ *« desfricbeineiii de nostre langue? Je toas » j aotrefoÎB montré de se» lettres franco! ses qui sont escrites du stjle dès Bardes et des Druides« Et si tous croyez que »'eximer des afiees de droit, que Vofftcinê d'un artisan que V^npéritie de âon art, et antres semblables despouilles des Tîeux romaosi soient de grandes riobeases en Franee, il a de quoy en remplir le LouYre^ I* Arsenal el la Bastille^ Après cette plaisante élection, je sais d*avi8 qu'on emplo/e nostre cber Monsieur de Raoan à la correcti(*n du Dictionnaire de Robert Estienne. -^ ie suis, Monsieur, etc. A< BalzaGi le IV novembre mdgxxiyii* »

(OEutres de Balzac, in-foliO| 1. 1, p. 756») < RegietreSf i5 mars i638< ^ * Registres^ i4 février, «059. —

* Registres, S^ septembre id40« — » ^ Registres» 16 janvier 1645* -^

* Registres, li août 1644.

' Les vingt lignes devant lesquelles on voit ici des guillemets on virgules renversées, ne se trouvent c|ae dans la premiers édi-^

156 DES ACADËMiaENS EN PARTICULIER.

« M. Corneille, qui avoit demandé la même place. Le « Protectear fit dire à FÂcadémie qu'il lui laissoit la « liberté du choix, et vous jugerez par la suite qu'elle a se détermina de cette sorte, pour cette raison que « M. Corneille, faisant son séjour à la province, ne pouce voit presque jamais se trouver aux assemblées et faire « la fonction d'Académicien.

« Je dis que vous le jugerez par la suite : car depuis, ft M. Faret étant mort, on proposa d'un côté le même a M. Corneille, et de l'autre M. du Byer, et ce dernier a fut préféré. Or le Registre ' en cet endroit fait mentt tion de la résolution que l'Académie avoit prise de c( préférer toujours entre deux personnes, dont l'une tt et l'autre auroient les qualités nécessaires, celle qui a feroit sa résidence â Pans.

(( M. Corneille fut pourtant reçu ensuite, au lieu de

tioD de cette histoire. Apparemment elles ont été retranchées des éditions suivantes, sur ce qu'on s*est imaginé que d*avoir essuyé deux refus, avant que d'obtenir une place à TAcadémie, ce n*étoit pas une chose honorable au grand Corneille. Mais pour des hommes tels que lui, comme rien ne peut augmenter leur gloire, rien aussi ne peut la diminuer, (o.) — Si Pellisson a retranché ce passage, c'est sans doute ou par déférence pour Corneille ou par suite d'un accommodement entre eux. Car Guy Patin nous apprend par une lettre du SI octobre 1653, que « Monsieur Corneille, il<» lustre faiseur de comédies, écrit contre luy. t {Letirei ehaUies de Guy Patin, 2 vol. in-i2, La Haye, 4734. — Lettre lxxv.) — Une lettre de ComeUle à Pellisson, citée par M. Tascbereau (VU de Corn., biblioth. Elzev., 1833, p. 36i), et qu*il croit avoir été écrite vers 1639, ne laisse aucun doute sur les rapports amicaux qu'ils eurent depuis.

' On Si novembre 1646.

« M« Maynard, parce qu'il fit dire à la Compagnie qu il <c avoit disposé ses affaires de telle sorte qu'il pourroit « passer une partie de Tannée à Paris. »

M. de Ballesdens avoit été proposé aussi ; et comme il avoit rhonneur d*ètre à M. le Chancelier, TAcadémie eut ce respect pour son Protecteur, de députer vers lui cinq des Académiciens, pour savoir si ces deux propositions lui étoîent également agréables. M. le Chancelier * témoigna qu'il vouloit laisser une entière liberté à la Compagnie. Mais lorsqu'elle commençoit à délibérer sur ce sujet, M. Tabbé de Cérisy lui présenta une lettre de M. de Ballesdens % pleine de beaucoup de civilités pour elle et pour M. Corneille, qu'il prioit la Compagnie de vouloir préférer à lui, protestant qu'il lui déferoit cet honneur , comme lui étant dû par toutes sortes de raisons. La lettre fut lue e(^ louée par l'assemblée, et depuis il fut reçu en la première place vacante, qui fut celle de M. de Malleville ; mais je ne trouve pas en quel jour', car depuis ce temps-là, les longues et fréquentes indispositions du Secrétaire de l'Académie ont laissé beaucoup de vide dans les Registres. De sorte que je n'y ai rien vu de cette réception, non plus que des cinq suivantes de Messieurs de Mézeray^ de Montereul, de Tristan, de Scudéry et Doujat. Tout ce que j'en ai pu savoir, c'est qu'ils ont suc-

> Registres, 22 janvier i647.

* Cette lettre a été imprimée. — Parts, 1647, in-S^.

* Aa moins avons-nous la date de son discours de réceptiont 1648; cette même année fut reçu aussi Tristan.

i^ DES ACADÉMICIENS EN PARTICULIER.

cédé i Me8«ieurs de Voiture, de Sirmond, de Colomby, de Yaugelas, et Baro.

Ensuite M. Charpentier fut reçu au lieu de M. Baudoin ^ , après qu'on eut lu une lettre de M. le Chancelier^ alors absent , par laquelle il témoignolt à M. de BaUesdens qu'il approuvoit cette élection, sur la connoissance qu'on lui avoit donnée du mérite de celui qu*on proposoit, et sur la lecture de l'ouvrage qu'on lui avoit envoyé. C'étoit la Vie ds Socràte^ et les Choses fnèmf>^ tables de ce même philosophe, traduites du grec de Xénophon.

M. rid)bé Tallemant, aumônier du Roi, a aussi stic* cédé depuis i M. de Montereul '.

Enfin, comme j'écrivois cette Relation, M. de TEstoile étant venu à mourir, M. le Chancelier fit deman* der ^ la place vacante pour M. le marquis de Coislin, son petit-fils, ne croyant pas pouvoir mieux cultiver Tinclination et les lumières que ce jeune seigneur^ témoigne pour toutes les belles connoissances. Il fit dire pourtant à la Compagnie avec beaucoup de civilité, qu'il demandoit cela comme une grâce; qu'il n'entendoit point aussi que cette réception tirât à conséquence, ni qu'elle fût faite d'autre sorte que les précédentes. Et en effet Ja Compagnie ayant agréablement reçu cette proposition, l'élection fut faite huit jours après par billets qui se trouvèrent tous favorables, et il fut ordonné

» Registres, 7 janvier 1651.

* Registres, iOmaiiGSl.

* Registres, 18 et 21 mai, et l«r Juin 1652.

Bien jeune en effet, puisqu'il était né le 1«' septem'bre 1635.

DES AGADÉHIGIENS EN PARTIGULIBR. iS9

que 1* Académie iroit en corps remercier M. le Chancelier de l'honneur qu'il lui avoit fait : ce qui fut exéeuté sur l'heure même, et reçu par lui avec une civilité extrême.

Je vous ai parlé de tous ceux qui ont été reçus dans l'Académie, depuis son institution. Vous aurez remarqué sans doute que le nombre de quarante, dont elle doit être composée, ne fut rempli qu'à la réception de M. de Priézac, en l'année 4639, cinq ou six ans après son premier établissement. M. Patru qui fut le premier reçu ensuite, entrant dans la Compagnie, y prononça un fort beauremerctment', dont on demeura si satisfait, qu'on a obligé tous ceux qui ont été reçus depuis d'en faire autant. Il y a parmi les papiers de l'Académie treize de ces remerciments, qui sont ceux de Messieurs Patru, de Bezons, de Salomon, Corneille, Ballesdens, de Mézeray, de Montereul, Tristan, Scudéry, Doujat, Charpentier, l'abbé Tallemant, et du marquis de Coislin ^.

Or de ce grand nombre d'Académiciens, sans parler de H. le Chancelier, qui d'Académicien est devenu Protecteur de la Compagnie, et dont les éloges se verront en des histoires plus importantes et plus fameuses que celle-ci, il y en a dix-sept qui ne sont plus : de chacun desquels je juge à propos de vous dire quelque

^ Le 3 septembre 1640.

* Oo trouve toas ces dîMonrt» moins eeus do Uéwmj et de Doojoi, dans le Recueil dee harangaos prononcées par Messieurs de rAeadétnlo fhinçoise dans leurs réceptions. -^ Paris, i. B. Coignard, 1608, 1 Tol. ln-4».

chose en particulier. Que si je suivois mon inclination, cette partie de mon ouvrage seroit excessivement Ion* gue, car je vous avoue que j'ai une curiosité extrême et insatiable pour tout ce qui peut me faire connottre les mœurs, le génie et la fortune des personnes extraor* dinaires; que j'ai même cette foiblesse d'étudier souvent dans les livres Tesprit de Tauteur beaucoup plus que la matière qu'il a traitée. Mais je tâcherai de me souvenir que j'écris plus pour autrui que pour moimême^ que c'est ici l'Histoire de l'Académie, et non pas celle des Académiciens, dont, à vrai dire, je ne dois parler qu'autant qu'il est nécessaire pour faire juger de tout le Corps par quelques-uns de ses membres. M. CoUetet, qui en est lui-même, suppléera quelque jour à ce défaut, eLn'oubliera pas sans doute ses amis et ses confrères dans les Vies des Poètes françois, qu'il a déjà fort avancées '.

Les dix-sept Académiciens qui sont morts sont :

Messieurs

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