FARET
Nicolas Faret étoit de Bresse, d'une famille peu connue. Il vint à Paris, fort jeune*, avec des lettres de recommandation de M. de Méziriac pour plusieurs personnes d'esprit, entre autres pour Messieurs de Yaugelas et de Boisrobert, Il s'attacha fort à ces deux-là, et à
^ Dans la première des trois lettres indiquées dans la remarque précédente» U dit positirement qu*en 1630 il conroit sa cinquantesixième année : et par conséquent, étant mort en 1644, il est mort juste dans la soixante et dixième, (o.)
* Il a voit éjLé d*abord, selon Guichenon, avocat au présidial de Bourg. (Hist, de Bresse^ 1. 1, p. 38.)
iM DES ACADÉMICIENS EN PARTICULIER.
M. Coeffeteau, à qui il dédia une tf^duction qu1l fit d*Ëutropius. li languit longtemps à Paris sans trouve!aucun emploi*
EnGn M. de Boisrobert et quelques autres de ses amis le donnèrent pour secrétaire à M. le comte d'Hercourt» Cétoit une place en apparence peu avantageuse, car ce prince n'avoit point encore d'établissement qui répondu à sa naissance, et toute la maison de Lorraine étoit alors en disgrâce. Il arriva pourtant que Faret contribua à la fortune de son maître, et en même temps à la sienne \ Car comme il voyoit souvent M. de Boisrobert, il lui persuada que le Cardinal, pour diviser cette maison de Lorraine qui lui étoit ennemie, ne pouvoit mieux faire que d'attirer à lui ce prince, qui étoit déjà fort mal tant avec M. d*Elbeuf son aîné qu'avec madame sa mère, et qui en Tétat où il se trouvoit, s'accommoderoit plus aisément à toutes les volontés de la
< « Faret, qui étoit à lui, pour ie mettre eu train de faire quelque cliose , lui proposa de s'offrir au cardinal de Richelieu pour épouser telle qn*1l Votfdroit de ses parentes; et après 11 eli t^&rla à Bois-Robert, qu*i1 connoissoil comme étant de l*Acad(^mik ai^si bien que lui. Bois-Robert en parla an Cardinal, qui lui répondit
en riant :
Le comte dUUreourt, Du Bois, a Tcsprit bien court.
Bois-Robert pourtant, voyant qu'il ne lui avoit pas défendu dVn parler davantage , recharge encore une fois. — Est-ce tout dtf boa? dit le Cardinal. — Oui, monseigneur, c'est un homme qui sera absolument à vous. — Le Cardinal lui donna emploi. » (Tal* lemant des Réaux.) — Il le chargea de commander, sous la direction du cardinal de Sotirdls, la flotte qui flt, en 1657, Texpédition de la Méditerranée.
Cour. Le GMHnil «ffiHiyi^stô èè 9MM\^ ffiK ffiffîS %dti alliatiûé le BoHUe d'Hfl^^6ttiCt, et Idi 6«llt)fl ètl^îié )6S premieM «ihtrtdft. Fhfiet^ qui atbil tôujdOfi veM fOPt familiëretiîéiîk iVec lui \ et plutdt eti ttWl qu'en ém»e§tique, ebt pêH k (^ette prospérité ^.
Il fui trtèHë ^eUx fois fort fiébèfffehf , pfiMlctlttere^ ment la dét-fllëfè. On lient qu'it mmtW. fôfl 8c<^§ifimode, quolc]tië pût ufié fecbnt^llissâHcé IdUSMé, Il se fût diverses Toh engage (xiruf âë(^f4r N. àé YlKigelks en ses affaires , eë 4ii) tàiilit k git«Pl«§ ^ittie^ prbpréj. Il mourut âge d^éhvifdn èiti^ilinlë afii',* d'urne fie?Pe maligne, après évoii" bëJMjeëu^ ^offëft ^ D « Ihissd UK
< Faret ftf oit ^eri^ b4 cfiai^ë de lecrétéifè ad «oiâlè d*ftft^court f avec tant de 6d élite et de zèle qxfb ce prince, ayant eu en Tan 1637 le commandement de Tarmée navale de Sa Majesté^ Nicolas Faret y fit celle de secrétaire de cette armée. Il eut encore cet emploi en Tarmée d'Italie, pendant trois ans, sous le même prince. Outre cela, il fut conseiller et secrétaire du Roi« maison et couronne de France et de ses finances, et intendant de la maison de M. le comte d'Harcourt. » (Guicbenon, Idf, cih)
* Le prince d'Harcourt vivoit très-familièrement avec tous ses domestiques, comme on disoit alors; dans ses réunions intimes, le comte d*Harcourt c'est le Rond, Saint- Amant est le Gros et Faret le Vieux. (Voy. Œuvres de Saint- Amant, Biblioth. elzév. — Notice,
p. XXVI.)
* Il mourut, selon Guicbenon, âgé de 46 ans, âi Paris, aa mois de septembre 1646.
* La Reine donna au comte d'AarconrJt îa charge de grand écuyer, après la mort de M. Le Grand (Cinq-Mars).... Quand il eut celte charge, après Tobligation qu'il avoit à Faret, il délibéra s'il lui devoit donner le secrétariat de sa charge, et pensa lai préférer un petit Mouêron, que Faret avoit pris comme copiste pour écrire sous lui. Faret est mort de regret de se voir si mal reconnu.»
fils de son premier mariage et d'autres enfants du second. Il étoit homme de bonne mine, un peu gros et replet, et avoit les cheveux châtains, et te visage haut en couleur. Il étoit grand ami de Molière, auteur de la Polyxène^ et de M. de Saint-Amant, qui l'a célébré dans ses vers comme un illustre débauché. Cependant il ne rétoit pas à beaucoup près autant qu'on le jugeroit par là, bien qu'il ne hait pas la bonne chère et le divertissement; et il dit lui-même en quelque endroit de ses œuvres', que la commodité de son nom, qui rimoità C(ûfaretf étoit en partie cause de ce bruit que M. de Saint-Amant lui avoit donné. On voit par la lecture de sei^ écrits qu'il avoit l'esprit bien fait, beaucoup de pureté et de netteté dans le style, beaucoup de génie pour
(Tallemant des Beaux.) — « Il est mort aimé et chéri de tous ceux qui le connoissoient, et infiniment regretté de toute celle iUuslre Académie, composée des meilleurs et plus polis esprits du royaume. » (Guichenon, /or. cit., 1650.) — « Faret fut enterré à Saint-Germain-rAuxerrois. » (Sauvai, 1. 1, p. 308.)
' C*est dans sa Préface aux Œuvres de Saint-Amanl; il dit, à la fin : « Combien qu*il m*ait fail passer pour vieux et grand buveur dans ses vers, avec la même injustice qu*on a écril dans tous les cabarets le nom de Chaudière, qu'on dit qui ne but jamais que de Teau... t (Œuvres de Saint-Amant, nouvelle édition, Biblioth. elzév. 1. 1, page 40.)
— Saint-Amant, dans sa pièce intitulée . la Vigne, dit .
Chère rime de cabaret,
Mon coeur, mon aimable Faret.*..
(Édit. citée, p. 170.)
*- Vion d*Alibray dit, dans ses Vers bacMques:
Je me rendrai dn moins célèbre au cabaret ; On pariera de moi comme on fait de Faret.