FARET
la langue et pour l'éloquence. Son principal ouvrage est Y Honnête Homme, qu'jl fit environ l'an 1633, et qui a été traduit en espagnol'. Ce livre mérite qu on en estime l'auteur, parce que s'étant fort judicieusement aidé du travail de ceux qui l'ont précédé, et particulièrement de celui du comte Baldessar Castiglione, il a ramassé en peu d'espace, et expliqué en fort beaux termes, beaucoup de conseils utiles à toutes sortes de personnes, et surtout à ceux qui sont à la Cour.
Il a laissé aussi la Traduction d'Eutropius, dédiée, comme je vou^ ai déjà dit, à M. Coefieteau, qui dès ce temps-là faisoit grande estime de lui pour la langue^.
Il recueillit deux volumes de Lettres de divers au-
* Voyez p. 13.
* Par nne lettre de Malherbe à Faret, du 14 décembre 1625, on voit que Coeffeteau, en mourant^ avoit chargé Faret de continner son Histoire romaine ; que Faret en ayant fait une partie , il la communiqua à Malherbe qui en fut très-^ontent,<et Texhorta à continuer en lui représentant néanmoins quMl feroit encore mieux d*écrire THistoire de France : Histoire qui jusquMci, disolt Malherbe, a été si malheureusement traitée. Mais apparemment, Faret n*acheva point son Histoire romaine et ne travailla point à celle de France. Deux autres de ses ouvrages, dont Guiclienon parle dans THistoire de Bresse, savoir : les Mémoires de M. le comte tTHarcourt, et la Vie de René II, duc de Lorraine, n'ont pas été publiés. (0.) — Guichenon dit que Faret « avoit projeté d'écrire la vie de M. le cardinal de Richelieu et celle de M. le comte d'Harcourt, dont il a laissé des mémoires assez curieux. » Ce passage a été mal interprété par d'Olivet ; Guichenon ne veut pas dire que Faret a écrit les mémoires du comte d*Harcourt, mais qu'il a laissé des mémoires, c'est-à-dire des notes sur cette vie. — Voy. p. 199 pareil emploi du mot mémoires.) — En faveur de son Histoire de René II f « Son Altesse de Lorraine lui envoya, dit Guichenon, un brevet de son conseiller et historiographe, le 6 mai 1628 : mais
IM DES ACADÉMICIBlfê EN PARTIClLIEEk
tears, où ift y ew » flliù&iew9é»&telkt\f^. Il faitoîC ^u de vers, et je* ne «sbe point qu*i( en* Mstie d'ântm^ de* Inî qu'une* dde air eaivKnal' de Knelielieo, qui" est: dans^ le Sacrifiée det J/i/jer * , et m» sennet qu'on' veiC dans l^ é^ glise Nolve-Bemev avec n» tableaiv pot» iiiv ^Meu qu'il* fit en KéiMiit âu> eemlial de l»Ronte,. oAf il éloît avee son* matlM '.
vni
MAYNA-RD:
ffançois filiiyiin'd, Toûlbusâin, étoit dis fort bonne faYnill'e. Son âleûl, Xéâïi JfTaynafd, natif de Saint-Céré', bien que né en un siècle où les Lettres ne cortfimençoient qti'à*rcnâiwe'dttï*fattt;e; sous le'rtgtte dfe PrattÇois f% fut* estimé par son: savoir, et* lit des commentaires sur les Psaumes, qu'on- voit encore aujour<l'hui^
ce livre ne fut pas publié a cause de la conjoncture du temps, « c*est-à-dire parce que la maison dé Lorraine était en disgrâce.
^ Le Sacrifice dh Muses est un recueil de pièces en l'honneur dii cardinal de Ëiclieliëu. H fut' publié par Boisrobert.
' Le tableau n'existait déjà plus du temps dé Sauvai! — Le sonnet se trouve à la page 35 du Jardin des Muses, mvec ce titre, qui contredit Pellisl^on : « Sonnet en lettres d*or, et offert avec un i:ibleau à N. D. dé I^aris par un jeune seigneur qui s'étoit voué à elle dans un péril manifeste au siège d'Aire : c'est le sieur I^aret qui l'a fait. »
' Dans ses Xolablcs et singulières questions du droit écrit ^ décidées et jugées par ariéls mémorables de la Cour souveraine du Parlement de Toulouse, Géraud de Maynard parlé, à la page it)S8 (édit. i(J38, in-f"), dé son père, « maistre Jean Maynard) qui êloît' juge ordinaire de Sainl-Céré. »
MATNAR0. i9b
De cielui-lA sortit Gérabd Maynard ' ^Conseilter au Parlehnent de Tovtouée^ grand bomme de Palais. On le loue d'être toufouri demeuré ferme dans le service du Roi, en uû tennis oik les guerres civiles avoient partagé prévue teviCes fas eours souveraines du royaume. Il fut de ceul ^ se retirèrent à Castel^rrasy, lorsque la Compagnie fut entièrement opprimée par le pouvoir du duc de loyeuse. Ekifin, pour s'éloigner evKH)re davantage des troubles, il ^itta sa charge, et retourna •demeurer i Sainl-Céré. H recueillit dans sa ^Kttrde ^ î^ros votome dXrPèts, où presque toute la juri^uidence de notre provwce *e^ contctotie. Ce livre, que féu ftion përepriftd^fpuista ^eîvie d'abréger pom* son usage particulier, avec le succès que vous savez, fut très-bien reçu du public, du vivant même de l'auteur, et traduit, comme j'apprends, en plusieurs langues.
Géraud eut Jean, son atné^, qui fut aussi Conseiller Mn Parlemenft de Toulouse, mais qui n'exerça pas longtemps cette charge, étant mort assez jeune, et François Maynard, dont nous parlons, qui, par son espriteft par ses vers, s'est rendu plus célèbre que pas un de ses aincètres. Il fut président au présidial d'Aurillac, et fut «Qssi honoré, avant sa mort, du brevet de conseiller 4'£tat. En sa jeunesse il vint a la Cour, et fut secrede la reine^ Marguerite, aimé de Desportes , et ca-
^ (Gérauld de Maynard (ainsi est signé son livre) passa ses degrés en ikroUà Toulouse, « es années 1553, «554, 1555, 1556 et 1557, sous ^. F^rnand. > (Ouvr. cil, p. 185). 11 fut reçu conseiller au Parlement <le Toulouse en décembre 1573 (ibid.t p. 203).
' il faut entendre : < son fils atné. » Géraud de Maynard parle dç ce fils den x ou trois fois dans le cours de son grand ouvrage.
marade de Régnier. Il fit alors un long poôme en stances, qu'il intitula Philandre ' , de la manière de celui de M. d'Urfé^ et des ChangemenU de la Bergère Iris de Deslingendes. En Tannée 1634 il alla à Rome ' où il fut auprès de M. de Noailles, ambassadeur pour le Roi *. Là il fut particulièrement connu et aimé du cardinal Bentivoglio, le plus bel esprit et le meilleur écrivain que ritalie ait porté en notre siècle ^. Il le fut aussi du pape Urbain VIII qui prenoit plaisir a s'entretenir souvent avec lui des belles choses ^, et qui lui donna de sa propre main un exemplaire de ses Poésies latines. Il ne fut pas moins connu ni estimé en France des plus grands, mais sa fortune n'en devint pas meilleure -, les
^ La première édilion est de 1619, 1 vol. m-16. Le Philandre^ de François Mayoard (imprimé à Toarnon, par Claude Michel), est un poème en cinq chants, en stances de six vers; les vers sont de huit syllabes.
' Le poëme d*Honoré d*Urfé, auquel fait allusion Pellisson, c*e8t la Sylvanire ou la Morte-Vive,
' Qn trouve , sur le séjour de Haynard à Borne , de fort jolies lettres adressées par lui à H. de Flotte (p. 158 et suiv.du Recueil),
* La place de secrétaire avait été offerte à Chapelain qui Tavait refusée avec beaucoup de dignité , à cause des conditions humiliantes que lui voulait imposer H. de Noailles. Maynard n*eut, auprès de Tambassadeur, aucun titre officiel, ni aucune fonction.
' Le cardinal Bentivoglio était ami aussi de Chapelain ; Haynard, dans ses Lettres, p. 274, parle des longues conversations où. le Cardinal et lui s*entretenoient de Chapelain.
' < Le bon Urbain, » comme rappelle Maynard, lui çommandf même une ode, que Ton trouve dans ses œuvres, et sur laquelle fl consulta plus d*une fois H. de Flotte, < son cher maître; » il en parle fréquemment dans ses Lettres. — Voy. Lettres du président Maynard^ p. 151.
plaintes contiDuelles et peut-être excessives qu^il en fait dans ses écrits, ne le témoignent que trop. Il fut nommé d'abord, comme vous avez déjà vu, pour être de TAcadémie '. Mais le cardinal de Richelieu ne lui fit jamais de bien, et ce fut en partie, comme j'ai oui dire à quelqu un, parce^qu'il aimoit qu'on ne lui demandât rien, et qu'on lui laissât la gloire de donner de son propre mouvement^. Tant y a qu'il rebuta cette belle épigramme de lui, qui commence :
Armand^ Tâge affoiblit mes yeux,
^ Maynard ne fat pas de rAcadémiè dès la fondation; il en parle souvent dans ses Lettres, et dans une entre autres adressée à M. de Flotte, on lit : < Dieu veuille que vous lisiez les vers que je vous envoie avec autant de plaisir que je lis votre prose! Sur mon âme, elle me ravit, et je vois bien que sur la fin de vos jours vous serez déclaré auteur et canonisé par Messieurs de TAcadémie. Si j'ai quelque jour Vhonneur d'y entrer, je leur en ferai la proposition (p. 798). » — Mais, avant d*en faire partie, il Tattaqua plus d*ane fois, et surtout dans une épigramme dont il disait à M. de Flotte : c Je seray bien aise que vous supprimiez Tépigramme de TAcadémie, sî vous croyez qu*il y ait quelque chose qui puisse être désagréable aux puissances supérieures (p. 114). » — On lit dans cette épigramme, qui est un sonnet irrégulier :
Je crois qu*eUe durera peu, Puisque le cheval qui Gt nutre L*eau d*où les vers tirent leur feu iTy troune pas de quoi se repaître.
* Il est facile de trouver d'autres causes de Tindifférence ou de Taversion de Richelieu pour le président Maynard. Ferrapvs (c*est ainsi que Maynard désigne le Cardinal dans ses Lettres) n'aimait pas les amis de ses ennemis; or, Maynard resta toujours fidèle au maréchal de Bassompierre et au comte de Cramail dans le temps même oii ils étaient prisonniers à la Bastille. Outre les lettres qu'il
et même, à ce que Ton dit, fort brusquement, contre sa coutume. Car ayant oui la fin qui dit :
Mais s'il demande en quel emploi Tu m'as tenu dedans le monde^ Et quel bien j*ai reçu de toi.
Que ¥eux-tu que je lui répon4e ?
Il répondit en colère : rien. Cela fut cause des vers que Maynard fit contre lui après sa mort. Il fit encore un
eur adresse, on le voit souvent par)er d*ei}^ à ses correspondants et surtout à M. de Flotte H dit quelque part à celui-ci : « Ob ! que vous êtes heureux, mon cher maître, d*avoir la lil)erté d*entrerà la Bastille et d'y jouir de la conversatiou de nos deux illustres malheureux (p. 250) ! > Et ailleurs : < Le récit que vous me faites de nos illustres malheureux me ravit et m'attriste en même temps... Puisque vous avez la liberté de les entretenir quelquefois, je vous conjure de les assurer que je les honore dans la Bastille comme je les honorais dans le Louvre, et que, quelque peu de bien qui me reste, j'en donnerais franchement la belle moitié pour leur liberté » (p. 408).
(In autre motif de réloignement de Richelieu paraît dans le passage suivant d*une lettre à M. de Flotte : « Tappréhendais que ce comte eût réussi à me ruiner dans Tesprit de Ferragut (Richelieu), et quMl eàt, par conséquent, détruit tout ce que vous aviez négocié pour me donner sujet de retourner à la cour... Quand vous aurez bien étudié la personne dont il est question, vous jugerez qu'une probité franche et libre comme la mienne n*est pas une viande que son estomac puisse digérer. 11 publie que j'ai écrit un grand nombre de lettres à la cour contre luy ; je vous jure que ma plume Ta toujours honoré, et que vous et le baroti de Fontes ôlcs les seuls que mes lettres ont entretenu de cet embarras, et vous sravez avec quelle modération je m'y suis gouverné. J'ose ^ous dire qu'il craint que son frère (le cardinal de Lyon, que Maynard avoit servi à Rome) iie me rappelle auprès de lui» (p. 823, 824)...
vDy«geiJ«i€our«(Mi$lii régeoQC4le h ceiae AoBe 4' Ai«r iridkie, iCt c*e$t là fi^ )e Tai y4i et «oittitt. Mais n'y jw^mut . fâsmwxirouvé fiojQ ieam(rf«, il âeiwtim chez luî^M Âl AKHirut à l'âge 4e soi3UM9ie-;<}ttatit€ aas , le SS M* cembre 1646. il avoit fait mettre ()lle^ue temf>SM]^* r^iYiu^, siAT «ov^abiBet, celte jMcri^tiQft4)ui téaROÎ^Qoit le 4c^giîM nu'A woÀt4e laO>ur «(t 4e son sîèeie :
Las d'espérer et de me plaindre Des Muses, des farauds et du t^^ £*est ici ^m j'attende la moti^ Sans la désirer ni la craindre.
il a laissé entre autres enfapts un fils notq.nié CJ^^HleSp dont i) est SQuyeot jpoxLé dd^s ^es v<er$^ ei de q,gi jm reçu quelques mémoires sur sa vie, «eràÉ £Mt ueUM^ ment et e& beaux leRW^^ U en H^/dl ^édfdu un autre x)uî jéloit sofx «lné\ ^ ^ui d^ou^it id^ grAnd<às ies(H^ noces. QuAot a lui, il étok èonaM 4e boanie iniMy id à peu près que vous le vayez dans ia taille-douce qui est au-deyant de ses Poésies. M. de Balzac a dit de lui sur ce sujet :
CimstHe Feérieio, éiffmaque numismate vuîitu,
' Dans «ae leUre 4 M. Laaaeatt, médeeiii de «m fils, on voit queUe wqaiéittde lai caosaU sa maA^éàe (lettres, y. i<^); pariant easttite à M. de FloUe 4e la mort de cet eitlMit : i Monsieur mon cfaer maître, il y a de Vapparence que tous aurez appris mon malheur ; i4 est si grand qu'après cette perte la fortune ne me sçau* roit pis faire. Sans rien donner à la passion que favols pour mon fi4s, la raison me force de vous d^re que e'étoit te commencement d'an homme qat eût va4u i>eaucoup « (p. 190). Cnfin on le voit 6 occuper avec une pieuse aifeetion des vers que cette mort a inspirés à ses amis, à Colletet, etc., (p. 362).
Sa taille n^étoit pas des plus grande^, ei il devint assez replet sur la fin de ses jours. Il était d'une humeur agréable en conversation, aimant extraordinairement la réjouissance et la bonne chère ', mais pourtant homme d'honneur et bon ami.
Outre ce poème en françois dont je vous ai parlé, et quelques poésies latines, qui ne sont pas imprimées, il y a deux volumes de lui, Tun de vers, qu'il publia en son dernier voyage de la Cour, Tautre de lettres, que son plus intime ami^ a fait imprimer après sa mort, et
< On en Toit à chaqae instant la preuve dans les lettres qa*U écrit à M. de Flotte, non moins illustre débauché que bon juge en matière de poésie. Il a pu dire cependant, et non saDS raison» dan» on vers fameux ,
Ma mate est une p mais ma vie est une sainte.
et ce passage d'une lettre à M. de Flotte (p. 129) porte assez à le croire : c Les sages m*ont défendu le jeu, les médecins la bouteille, et mon inclination les courtisanes. »
' M. de Flotte, ami aussi de Scarron et de Saint-Amant, qui parlent souvent de lui dans leurs vers. Maynard ne TappcUe jamais que c son cher maître: > H. de Flotte était pour lui un confident Gdèlc et un critique sévère qui lui faisait sur ses vers, sans jamais le flatter, les observations les plus justes. Maynard, dans une de ses Lettres , lui dit : < Faites de toute ma poésie ce que vous voudrez ; taillez, coupez, je vous jure que vous disposez de vohtre bien. » Et ailleurs : « Vous m avez écrit qu'il y a quelque chose dans Tépigramme du Savetier qui la gâte. De toutes les pièces que j*ay faites, c*est celle dont j'ay jusque» icy eu meilleure opinion ; prenez, s*il vous platt, la peine de me marquer le défaut qui la diffame... Je vous proteste solennellement que je me soumeltray toujours & vostre censure et à celle de nostre vieux amy M. de Porchères (Laugier). » (Ouvr. cit., p. 347 et 550 ; Cf, 47S, 470).
qu'il n'avoit pas faites, à mon avis, pour èlre imprimées. On peut dire néanmoins qu'elles né lui font point de tort-, car on y voit partout la netteté de son esprit, et ce style simple et familier que demande ce genre d'écrire. Mais c'est de ses vers qu'il a tiré sa plus grande gloire, comme il le prétendoit bien aussi ; et véritablement il faut avouer qu'ils ont une facilité, une clarté, une élégance et un certain tour que peu de personnes sont capables d'imiter. Deux cboscs, si je ne me trompe, ont produit principalement ce bel effet. Premièrement, comme il le reconnolt lui-même en la dix-septième de ses Lettres \ il affecte de détacher tous ses vers les uns des autres, d'où vient qu'on en trouve fort souvent cinq ou six de suite, dont chacun a son sens parfait :
Nos beaux soleils vont achever leur tour. Livrons nos cœurs à la merci d'Amour.
Le temps qui fuit, Cloris, nous le conseille.
1 Pellisson et d'Otivetont donné ce chiffre; cependant, dès la première édition des Lettres de Maynard (achevée d*imprimer le S6 février 1652), celle à laquelle renvoie Pellisson est la 176* (p. 5âl-52i). On y lit à la fin : « Pour ce que vous m'écrivez du détachement de mes vers, vous avez le nez trop bon pour ne connoître pas que c*est une façon que j*affecte et contre laquelle il y auroit bien de ta peine à me faire révolter : devant toute la terre, je souttendray que c'est la bonne façon d'écrire, jusque-là que je ne sau rois goûter une correction que vous avez faite, qui est dans une de mes dernières épigrammes, qui dit ainsi :
N^espère plus que je te baise, Comme je fis au temps passé...
Je ferois un livre entier là-dessus, et sachez que je ne puis m'em* pécher de rire lorsque jcT lis des vers qui sont faits d'autre façon. »
mt i»LS a«:aL£s:li£Ji& es paeticcueil
En MeofkiA béa. 3 obsene partout àaas ses exprès- «KXM uœ Cfjf^UiMfSju âflipie. iia:.;rene*^ où il n*y ait ni tnujtspo^tîoo ni coalrûnie; «le sorte qu^encore qa*fl travaillât avec on unn incroyable, il semble que toas Mss mots lui sont tombés fortoilcoient sous la plome, et que quand il eût toqIu, fl aoroît eu peine à les ranger autrement.
Il me souvient sur ce sujet, qu'un jour que j'allai te voir, je le trouvai qu*0 éeoutoit des vers de son fib, qui lui en faisoit la lecture. D vint à un lieu où il y avoit je ne sab quel mot hors de sa place naturelle, qui faisoil qu«flque espèce d*éq«ivoque, se pouvant rapporter égalerfieiil à ce qui suivoit et à ce qui précédoit. La force du sens pourtant ôtoit la difficulté, et le i>assage étoit asv'Z clair. Il se le fil lire trois fois, feignant de ne le pouvoir entendre, et enfin s'adressant à son fils : a Ah! mon fiU, dit-il, jk cette fois-la vous n .è4e$ pas Maynard^ car ils n'ont pas accoutumé de ranger leurs paroles de cette sorte. »
J'estime à propos de rapporter aussi sur ce SMJet,
I Jl ^^t à M. ffres^io , cliauiojpe de Keûqis : < l^i^f to»i ce que \<ius m^écrivez, ^oip a^joûdent (W. deFiolte) eil yav^i U semble i\tu» vous demandez que mes vers soient pointus, et, si je pouvoi:i , Je voudrois fuir les pointes et m'éloigner du style des Espagnols et deH déclamations. A mon avis, les poésies aiguës ne Hoiii pa» ïf» mfii^m^e», H Je Im» hM^ 4e le IHhhU qui ne sert de règle k» e mmf9 m4m 9 (Mifm p* âé^)'
trois passages assez jcuiieux où il est parlé de lui et de son génie pour Iss vers, da<is les miiDoires que M. de Bacao a écrite de la vie de Malherbe.
« Il avouoit, dit M. die Hacan parlant de Malherbe, pour ses écoliers les sueurs die Touvant, Coloiuby, Maynard et de BAcan^ il en jugeoit diversement, et disoit^ en tiennes généraux, que Touyaot faisoît fort bien des vers, sans dire en quoi il excelloit; que Colomby avoit fort bon esprit, mais qu'il n*avoit pas le génie à la poésie; que Naynard étoit celui qui faisoit le mieux des vers, mais qu'il n'avoit point de CcH'ce, et qu'il s'étoit adonné à un genre d'écrire auquel il n'éjtoit pas propre, voulant dire Tépigramme, et qu'il n'y réussiroit pas, parce qu'il n'avoit ppint assez de poipte. Pojur Racan, qu'il avoit ide la forcée, m^ <IM'il ne travailloit p^ assez ses vers; que le plus souvent, pour mettre une bonne pensée, il prenoit de trop grandes licences, et que de ces degx derniers on feroit un grand ppête. v
En un autre en4roit : (n H ^'obsfîp^ (il pi»r^ jtoujwrs de Malherbe) avec un nommé M. de Laleu a faire des sonnets licencieux^, dont les deux quatrains ne fus-
^ « Par ce que j*ai dit ci-dessus que le sonnet doit être composé de deux quatrains uniformes, c*est-à-dire de deux rimes seulement, il n*y a personne qui ne juge que ceux qui violent toujours celle fègle prescrite par les anciens maîtres de ra;*l, cojjjposeiit des sonnets que Ton peut justement appeler sonnets irréguliers, licencieux ou libertins. Je mets en ce rang presque tous les sonmas (Je notre illustre confrère Académicien^ Françfpisîfaynardy la plupart desquels sont composés de deux quatrains, .(^ui senibJe.çt avoir toujours ensemble une guerre éle;'nclle^ puisqu*lls ne s'acporden^ iamais dans Funion des* rimes, et qu'ils riment toujou^rs
t£5 jàCAi-ni:*:r£5s z^ f^kticulieil
tas «cr^f*t=»*s rja». CcOxnby ■*«■ mulot jamais Lire, et bp^ i» pjcrv :â afffovwv. bcan en fit un oa il-r^x. ELais ce f^t \t fnmitt qoî s'en csnon. Â la fin aoaa. IL àt Maîlierfe 5*cb ilrgnîtfa. et il ■> a en que Maynard. àt tous ses êco&en. qoi a eontîiiiié à en Eure jusqoes â h norL *
J'ajouterai à ce possase. qoH est Trai non-seulement que Maynard fit àt ces sonnets Kcencieox josques à la mort, mais encore qu*en ses dernières années où je Tai connu, il les soutenoit partout, et dédamoît contre la tyrannie de ceux qui s*y opposoient; qu il se fàchoit même quand, pour défendre son opinion, on alléguoit l'exemple de M« de Malherbe % disant qu'il n^en avoit
élfenememl H coaiae em dépit raa de raatie. Je ai'en suis quelquefois fifaJBt à hn-BéBe; sais pow toate nisoB il a*» allégaait qo« deux : la preaiére, qoe Malherbe avoit fait la aiénie chofe; et la seconde, qve la rime était d*dleHnéme si dilBcile, c*étoit ooe espèce de tjraDDÎe de la Toaloir donbler dans le sonnet, qui lui sembloit plaslibreetploTbean sans cette sérère contrainte... A quoi Maynard pooToit bien ajonter, qu'il s*en trouve encore pltisieurs avec cette mène Ucence parmi les sonnets de Jean- Antoine de Baîfpour sa chère Francine..., finalement que Ronsard lui-même, tout exact qu'il est en ce point, y estoit tombé, peutêtre sans y penser, dans quelques-uns de ses sonnets... Cette sorte de sonnets libertins ont été justement condamnés de tout le Parnasse intelligent et raffiné, comme le remarque agréablement Paul Pellisson dans sa belle Histoire de V Académie françoise. >
(G. Colletet, Traité du sonnet^ Paris, Sommaville, 1638, in-48, p. 70 et suivantes.)
^ Ma)nard, dans une lettre à H. Frémin, montre quel cas il faisait de Malherbe, et défend une de ses pièces « par Vautorité du bon Malherbe, dit-il, que j'ay toujours cru plus savant en notre grammaire que tous ceux qui se meslent de la raffiner » (p. 815). — 8on respect pour « le bon Malherbe » n*empéchait pas Maynard
pas besoin : qu'avec la raison, et avec sa propre autorité, il se trouvoit assez fort; et qu'enfin personne ne le pouvoit empêcher de faille des épigrammes de quatorze vers*.
Le dernier des trois passages est tel : « Au comment cernent que M. de Malherbe vint à la Cour, qui fut en 1605, comme nous avons déjà dit, il n'observoit pas encore de faire une pause au troisième vers des stances de six, comme il se peut voir en la Prière qu'il fit pour le Roi allant en Limousin^ où il y a deux ou trois stances où le sens est emporté; et au psaume Domine Dominus nosier^ en cette stance, et peut-être en quelques autres dont je ne me souviens point à présent :
Sitôt que le besoin excite ton désir, etc.
Il demeura toujours en cette négligence pendant la vie de Henri le Grand , comme il se voit encore en la pièce qui commence :
Que n'êtes-vous lassées,
de le juger avec indépendance : c Examinez, dit-il à M. de Flolte, s'il TOUS platt, toutes les plus raisonnables poésies qui ont été imprimées depuis cinquante ans, et vous trouverez que la servitude de la rime a fait des chevilles partout. Je n*en excepte pas même le bon Malherbe ; il est si rempli de bourre qu*en cerlains endroits il est insupportable Pour cela , je ne prétends pas d'authoriser ce que vous condamnez ; au contraire , je pense estre un des premiers qui ay tasché de nettoyer nos vers de cette ordure t (Le^/re^, p. 631).
* G*est en effet sous le titre d' Épigrammes qu'il adresse à M. de Flotte divers sonnets dont les rimes ne sont pas disposées suivant les règles habituelles. (Voy. ses Lettres^ p. 91 et 249).
2W DES AGADËMiGttNâ EN PARTICULIER.
ert hf seéotide àtatrte, dont le premier vers est :
Oue lie cessent mes larmes^ etc.
qu'il ût pour Madame la Princesse -, et je ne sais s'il n*a point encore continué cette même négligence, josques en 1612, aux vers qu'il fit pour la place Royale. Tant y a que ïe premier qui s'aperçut que cette observation étoit nécessaire pour la perfection des stances de six futMaynard'-, et o'est peut-être la raison pourquoi M. de Malherbe Testimoit Thomme de France qui savoit le mieux faire des vers. D'abord Racan, qui jouoit un peu du luth et aimoit la musique, se rendit, en faveur des musiciens qui ne pouvoient faire leur reprise aux stances de six, s'il n'y avoit un arrêt au troisième vers. Mais quand Wi. de Malherbe et Maynard voulurent qu'aux stances de dix, outre Tarrêt du quatrième vers, on en fit encore un au septième, Racan s'y opposa, et ne l'a jamais presque observé. Sa raison étoit que les
^ Ménage, qui cite aussi ce passage, dans ses Observations sur Malherbe, ajoute : c Je suis fort de l^avis de M. de Racan. Ces paui^es régulières au septième vers font une monotonie , et celte monotonie devient à la longue très-fastidieuse... Je crois mène que, dans les stances de six, on pourrait quelquefois se dispenser de la règle de Maynord » {Les Poésies de Malherbe avec les Obser^ valions de Ménage^ â« édit., Paris > 1689, p. 266). — Dans son excellent Trailé de versification française (â« édit., in-8^« Paris, 1850), M. Louis Quicherat fait justement remarquer (p. 555) que cBertaut, Belleau et particulièrement Desportes, avaient su, avant Maynard , diviser le sixain en deux tercets. Déjà , ajoute M. L. Quioberat , Ma rot avait bien coupé cette stance dans ses psaumes. Enfin, en remontant plus haut, on verra qu*un heureux instinct de Tbarmonie avait indiqué antérieurement ce repos, le rai trouvé dans Alain Cbartier. »
HfiCYNAHfiy. 207
stanees-de' dix '^ ne se éhantent prescpie ytimisv et (pie qpoand eHes'âé chMteroient, on ne léë ehfmtei^oît ]HHren trois relises : e'e^t pourcfsnoi il suffisoi<) bien d'eh' feâre une au (JiMitrièAie. Voit» la plus grande cotitestolîbil qu'il a elle contre M. de Malherbe et ses- écôliérs^> et poar({iibi' obp a été près de le déclarer hérétique en poé^. »
Le jjugeniertt que Malherbe' ftiit de Maynai^d doiks-Ie premier de ces- passagesy est asse^ conforme^ à eelui de heaueoil^ de perâonnes^ îrtteUîjgentes;- H* feut avouél* pourtant qu'il» a* mervmlleâseihent réussi en piusieui^ de ses épigrammes, partHNSulièremenl! eA' celles qu'il> a imitées des ailcietts, et notice illuâre Président de Ca^minade^,qtft lui donnoittous les ans, pour sesétrennes, un Martial, éloit sans doute de cet avis. Théophile, dont j'avoue néanmoins que l'esprit est beaucoup plus'à es^ limer que le jugement, a dit que son épigramme sembicit awù' de fa magie^, Mbis enfin, qlioi' qu'il» en soit,
* « Le repos du dizain après le septième vers, que Maynaid avait déjà établi en règle, avec Tapprobation de Malherbe, se trouve déjà dans ce psaume de Marot : Réveillez-'vouê , chacun fidèle y etc. » (Loais Qaicherat, ouvr, cité, p. 568). — Maynard, ponr mieux appuyer sur ceUe règle , dispose toujours ses dizains comme un sonnet auquel manquerait un quatrain, disposant ses vers de manière à former un quatrain et deux tercets séparés.
* Président au Parlement de Toulouse.
' Voyez Prière de Théophile aux poètes de ce temps :
Saint-Amant sait polir la rime
Atcc une si douce lime
Que sou luth n'est pas plus mignarcl,
Ni Gombaud dans une élégie,
Ni r épigramme de Maynard
Qui semble avoir de la magie.
(NouY. édit. — Bibliolh. eteév., t. II, p. 177.)
personne ne peut douter que llaynard, soit pour ce genre, soit pour les autres, ne mérite d'être complé parmi les premiers poètes françois. Les juges des Jeux Floraux de Toulouse, à qui le même M. de Caminade présidoit alors, le reçurent dans leur Corps *, bien qu'il n'eût pas disputé et gagné les trois fleurs, suivant la coutume. Et comme ils avoient autrefois donné à Ronsard un Apollon ^, et à Baîf un David d'argent, ils résolurent, avec beaucoup d'éloges, qu'on donneroit à Maynard une Minerve de même matière ; mais à la honte de notre siècle, les Capitouls, qui sont les seuls exécuteurs de ces délibérations, ou par avarice, ou par négligence, n'accomplirent jamais celle-là, comme on peut voir parVépigramme qui est dans ses œuvres, avec ce titre : Sur une Minerve d'argent^ promise et non donnée»
* Maynard écrivit alors au président Caminade une lettre qu'on trouve dans le Recueil public en i6b3 par M. de Flotte (p. 39), et OUI il le remercie d'un « honneur qui n*a esté fait qu*à deux écrivains que le siècle de nos pères a regardé avec admiration. »
' Claude Binet, dans la P^ie de Ronsard^ dit que c*était une Minerve : mais deux personnes de qualité de Toulouse, d^entre les juges des Jeux Floraux, m'ont assuré avoir vu dans leurs registres que c'étoit un Apollon, (p.)
DE MÂLLEVILLE.
Claude de Malleville étoit Parisien. Son père avoit été officier dans la maison de Retz, et sa mère étoit de bonne famille de Paris. Il étudia fort bien au collège, et avoit Tesprit fort délicat. On le mit pour s'instruire dans les affaires chez un Secrétaire du Roi, nommé Potiers, qui étoit dans les finances; mais il n'y demeura guère, par l'inclination qu'il avoit aux belles-lettres. Il fit connoissance avec M. de Porchères-Laugier, qui le donna au maréchal de Bassompierre. Il fut longtemps auprès de ce seigneur en qualité de Secrétaire, mais sans y avoir que fort peu d'emploi ; et comme il avoit beaucoup d'ambition, il s'en ennuya, et le pria d'agréer qu'il le quittât pour être au cardinal de BéruUe, qui étoit alors en faveur. Mais n'y ayant pas mieux fait ses affaires, il retourna à son premier maître, auquel.il rendit beaucoup de services dans sa prison, et qui, en étant sorti, et ayant été rétabli en sa charge de colonel des Suisses, lui donna la Secrétairerie qui y est alta^ chée '. Cet emploi lui valut beaucoup, et en peu de temps il gagna vingt mille écus. Il en employa une partie à une charge de Secrétaire du Roi, dont il se fit pourvoir : sur quoi il y a dans ses Œuvres quelques vers à
1 Bassompierre fat mis à la Bastille en i631, et il n*en sortit qu'en 4643.
M. le Chancelier '. Il avoit accompagné M. de Bassompierre en son voyage d'Angleterre^, mais non pas en celui de Suisse. Il mourut ftgé d*un peu plus de cinquante ans. Il étoit de petite taille, fort grêlé; ses cheveux étoient noirs, et ses yeux aussi, qu*il avoit assez foibles'. Ce qu'on estimoit le plus en lui, c*étpit son esprit, et te génie quMt avoit pour les vers. Il y a un volume de ses poésies imprimées après sa mort*, qui ont
* POHtêê di tleor de Mantrille» Paris, Courbé, 1649, p. f $7 :
SI )e prmdt mkè ebtrgt te ce tigtofé«s éft
Où kl néeestité ne connoit poiat de loi.
Ce n^eit pas, grand Séguier, {M>ur pténârt àt remploi,
m d*M titrt 4cltlaat reHrer faTUiagf ....
Cm! poor mrmt Vhoùmtmr de m*appr«cher d« l« Et te rendre un devoir où la charge m'engage.
* On trouve daos s«t Œuvres un sonnet sur la mort du Mare* chai, p. 150, et surtout, p. îîl, une courageuse requête en sa tateur, adressée k Richelieu.
* W dit dans ses Poésirt, p. 40 :
Met yen ptesmt îÉfewaiimmt»
— Page 54t, on irtrave un c Sranet burlesque i sar ara nal d'ynit :
C'en eit fait, ô Cloris, je perdi mon luminaire; ' Un &rag« le forme en mes yeui Itnguissâats....
De rétat où je sois je n*ti qn*utt pas à fnirt Afin de m*enr6lcr an nombre des trois cenls *. Je commets au bftton ma conduite ordinaire.
* Det Oninie-Vini^t».
* Claude de MaUeville mourut en 1647 Ses Poésies oui paru pour fa première fois avec la date de 1649, PaHs, Courbé, I Tol. in-^4*; m^nVachepé ^im^mer est du 1 9 d«v. 1646. Celte première édilion se fit en vertu d'un privilège de dix ans accorde ft MalictUlè lui-même , k la date du 6 fev iêSè. Ou ; Ht : < Louis.,., etc., Nostre cher et bien-amé le sieur de MalleftHe,
DE MALLBYILLE. 211
toutes de Fesprit, du feu, un beau tour devers, beaucoup de délicatesse et de douceur, et marquent grande fécondité, maie dont il y en a peu, ce me semble, de bien achevées '. En sa jeunesse il fit des éptires en prose, à rimitation de celles d'Ovide-, il les désavouoit depuis. Elles ne me sont jamais tombées entre les mains. En Tannée 1641, il fit imprimer chez Courbé un recueil de lettres d'amour, de plusieurs auteurs, sans mettre leur nom. Il y en a beaucoup de lui^ il y en a aussi, à ce qu'on dit, de Desportes, et j'y en ai remarqué quelqu'une de Voiture. 11 a fait aussi des vers latins, et j'en ai vu quelques-uns contre Mamurra^. On dit qu'il éloit
t*vn de nos gentilshommes servants^ noas a fait remontrer qu'il a esté adverty qne quelques libraires ayant recouvré plusieurs pièces mauttscriles tant en prose qu'en zers^ par luy composées, ont dessein de les faire imprimer sans àoa couseulement, et, parce que rimpression qui en sera ainsi faite illegilimenient et en cachette depraveroit sans doute lesdilis pièces par les fautes que les imprimeurs y laisseroieul couler, il s*est résolu à donner luymesme au public tous ses ouvrages, afin que l'impression qui en sera faite par son ordre, et de laquelle il prendra le soin, soit plus correcte...: a ces causes...» — Blalleville, comme on Ta vu, ne fit pas usage de son Privilège.
< « Le libratre au lecteur. — Je te donne les poésies de feu M- de Malleville, telles que nous les avons trouvées dans son ca- ' binet. Les dernières années de sa vie ayant été données tout entières à ce cher mattre, dont il a si longtemps pleuré la captivité, il n'a pas eu le loisir de.revoir soigneusement ses ouvrages. &i tu y trouves dune des fautes, assure-toi que si la mort ne uous Teùt pas ravi si tôt, elles n'y seraient pas demeurées. »
' Ou connaît de Malleville une assez plate épigramme contre
Monlmaur (Mamurra)^ mais elle est en français, et on ne voit au-
cun de ses vers latins dans le Accueil que publia, eu 17i5^ M. de
. Sallengre, de toutes les pièces écrites contre le célèbre parasite.
212 DES ACADÉMICIENS EN PARTICULIER. Fauteur de la traduction de Stratonice\ roman italieD, mais qu'il la donna à d'Audiguier, qui était un de ses meilleurs amis, neveu de cet autre d'Audiguier dont nous avons, entre plusieurs ouvrages, les Amours de Lisandre et de Calisie.
Vincent Voiture ^, né à Amiens , mais nourri à Paris et à la Cour, me fourniroit beaucoup de choses à dire de lui, si on n'en trouvoit déjà beaucoup ailleurs. La plupart des ouvrages qu'il a laissés sont en un genre où Tauleur se fait connoître lui-même malgré qu il en ait, et peint, s*il faut ainsi dire, son humeur, et les circonstances de sa vie. La pièce qu'on a imprimée sous le nom de sa Pompe funèbre^ contient aussi une
î Stratmke parut en 1644. On attribue, aussi à MaUerille h traduction d'Almér'mde, autre roman du même auteur italien, Lac Asserino. —Paris, Courbé, 4646, in-S».
* On lit VoYCTURE dans les deux pièces, l*une latine. l*iQtre françoise, qu'il pulilia en sortant du collège : et on lit Voictecr dans un Recueil de vers récités en 1610, sur la mort de Henri IV, par des écoliers du collège de Calfi du nombre desquels il éloit. (0.)
' Ouvrage de Sarasin, et l'un des plus jolis que nous ayons eo ce genre, (o.) — On.a fait aussi la Pompe ftUÊèàre de Scarron et la Pompe funèbre de La Calprenède.
VOITURE. 2i3
bonne partie de ses aventures, et enfin son génie et le caractère de son esprit est, à ce qu'on dit, très-naïvenient représenté dans le troisième volume de Cyrus en la personne de Callicrale '. Bien que sa naissance ne fût pas relevée, son mérite fit qu'il vécut familièrement avec les personnes de la plus haute condition.
< Le Cyrus ^ après avoir dit que Parthénie (Mademoiselle de SouTré), avait pour amants le prince de Salamis (le marquis de Sablé), qu*elle épousa depuis» et le prince Polydamas (le duc de Montmorency), ajoute {W part. Hv, 1*') : c Le troisième étoit un homme d*assez basse naissance, nommé Callicrate (Voiture) qui, par son esprit , en étoit venu au point qu'il alloit de pair avec tout ce qu'il y avoit de grand à Paphos, et parmi les hommes et parmi les dames, n écrivoit en prose et en vers fort agréablement et d'une manière si galante et si peu commune qu'on pouvoit presque dire qu il l'avoit inventée : du moins sais-je bien que je n'ay jamais rien vu qu'il ait pu imiter, et je crois même pouvoir dire que personne ne l'imitera jamais qu'imparfaitement. Car enfin d'une bagatelle, il en faisoit une agréable lettre ; et si les Phrygiens disent vrai, lorsqu'ils assurent que tout ce que Midas toucboit devenoit or, il est encore plus vrai de dire que tout ce qui passoit dans l'esprit de Callicrale devenoit diamant : estant certain que du sujet le plus stérile, le plus bas et le moins galant, il en tiroit quelque chose de brillant et d'agréable. Sa conversation étoit aussi très-divertissante à certains jours et à certaine$ heures, mais elle étoil fort inégale, et il y en avoit d'autres où il n'ennuyoit guère moins que la plupart du monde l'ennûyoit luy-mesme. En effet , il avoit une délicatesse dans l'esprit qui pouvoit quelquefois plutôt se nommer caprice que délicatesse, tant elle étoit excessive. Sa personne n'étoit pas extrêmement bien faite; cependant il faisoit profession ouverte de galanterie, mais d'une galanterie universelle, puisqu'il est vray que l'on peut dire qu'il a aimé des personnes de toutes sortes de conditions. Il avoit pourtant une qualité dangereuse pour un amant, étant certain qu'il u'aimoit pas moins à faire croire qu'il étoit aimé qu'à
Son père étoit marchand de vin en gros et suivant la Cour\ homme qui aimoit la bonne chère, et fort connu des grands. Il avoit trois fils, un aîné qui mourut jeune, celui-ci qui étoit le second, qu'il n*aimoit point, et dont il avoit accoutumé de dire qu'on Tavoit changé en nourrice, parce qu'il ne buvoit que de Teau, étant de fort foible complexion, et enfin un cadet qu'il aimoit fort tendrement, parce qu'il étoit bon compagnon comme lui, et qui mourut depuis à la guerre du roi de Suède, après avoir fait de fort bonnes actions. Comme fa Cour est le théâtre de l'envie, la naissance de Voiture lui étoit souvent reprochée par des railleries et dei bons mots. Ainsi, on dit qu un jour, chez M. le due d'Orléans, étant entré fortuitement dans une chambre où quelques officiers étoîent en débauche, il y en eut* un qui lui fit ce couplet, le verre à la main :
l'être... CoinnM il airoit TesprU impérieux, il aîiBi>it à •▼•ir Unijoort quelqtt*uD qu'il put népriher impunément; et« co«in« il a*eAt assurément pu trouver cela parmi des personnes de qnalile etdea personne» raisonnables, il en souîTroit quelques antres, senlement pour avoir le plaisir de |K>uvoir les tourmenter et d*éli« pluidt leur tyran que leur amant, de sorte que l'on peut assurer que jamais nul aulre que lui n*a eu des sentiments dans le rœer si opposés qu*étoient tous les siens. Au reste, tout le monde a toujours bien su qu'il adoroit plus dans son cœur Vénus Aaadyomène que Vénus Uranie; car enfin, il ne pou voit comprendre qu'il put y avoir de passion détachée des sens. •
' On le trouve mêlé à des affaires im|M)rlantes de ce temps dans le commerce des vins. (Voy. Recueil d'édits coooemant les aurc banda de vin suivant la cour.)
* Le tiaion de Bâot , f entillMmme ordinaire de GêUm , dnc d Orléans. Il étoit Chauvigny, excelieale aaiiM d Auvergne. Il
VOITlllE. 2i$
Quoi ! Yoiturei tu dégénère ?
Hors d'ici, maugrebi de tpi, Tu ne vaudras jamais ton père :
Tu ne vends du Tin, ni n'en boi*.
Une autre fois on fit cette épigramme, sur ce qu'on croyoit qu'il recherchoit la fille d'un pourvoyeur de chez le Roi, et qu'on parloit de les marier :
Q que ee beau couple d'amants Va goûter de contentements !
Que leurs délices seront grandes!
Ils seront toujours en festin, €ar si la Prou fournit les Tianëes , Voiture fournira le vin.
Madame Des Loges jouant au jeu des proverbes avec lui, et voulant en rejeter quelqu'un des siens : « Celui-là ne vaut rien, dit-elle, percez-nous-en d'un autre*. »
On attribue aussi à M. de Bassompierre ce mot sur Voiture : « C'est dommage qu'il ne soit du métier de son père; car aimant les douceurs comme il fait, il ne
mourut à Blois. Sa mort so trouve dans la Gautiê de Loret , au 13 mar^ 1655. Et par cett« date, pour le remarquer en passait, nous apprenons celle du Voyage de Bachaumont et Chapelle , où I OD voit que ces deux voyageurs, lorsqu'ils furent àBloJs, demandèrent des nouvelles de sa mort comme d'une chose toute récente. (0.)
* Ce couplet est cité dans Tallemant des Réaux, HislçrielU de Voilure.
' « Un jour, se trouvant dans une grosse compagnie où il faisoit ie récit d*une aventure plaisante, M"*"" Des Loges, contre laquelle il avoit parlé sans la coonoUre, cbercbant à le piquer, lui dit : Monsieur, vous pous avez déj^ dit cela d*autrea fois, tirez-nous du nouveau 9 (Tallemant des Beaux, HiHorïelH de Voiture),
2i6 DES ACADÉMICIENS EN PARTICULIER.
nous auroit fait boire que de Thypocras. ^ Et celui-ci encore : a Le vin qui fait revenir le cœur aux autres, le fait pâmer, » voulant dire qu il appréhendoit d'être raillé sur ce sujet.
Quant à moi, je n'ai pas fait difficulté de rapporter son origine, parce que suivant mon sentiment, si ceux qui naissent nobles sont plus heureux, ceux qui mériteroient d*être nobles sont plus louables. On dit qu'il s'introduisit à la Cour en partie par le moyen de M. d'Avaux 'y avec qui il avoit étudié au collège de Boncour, et qui étoit de même âge et avoit les mômes inclinations que lui. M. de Chaudebonne ^ fut le premier qui le mena à Thôtel de Rambouillet, c'est-à-dire au rendez-vous de tout ce qu'il y avoit de plus beaux esprits et de plus honnêtes gens à la Cour, dont le cabinet de la célèbre Arihénice étoit toujours rempli.
11 fut ensuite à M. le duc d'Orléans, alors frère unique du Roi, lequel, durant les brouilleries de ce royaume s'étant retiré en Languedoc, il l'y suivit. De là il fut envoyé par lui pour quelques affaires en Espagne, d'où il passa par curiosité jusques en Afrique,
' « M. d* A vaux a jeté les premiers fondements de sa réputation... Depuis, M. de Ctiavigny n*a pas peu contribué à rétablir par les marques d'estime quMl lui a données, i* {Avis au lecteur, par Ptnchesne).
* « M. de Chaudebonne, dit-il dans une de ses lettres, l'avait récn{;endré. » — M. de Chaudebonne était chevalier d*honnenr de la duchesse d'Orléans. — On lit en outre dans VAvis au lecteur, pincé par Pinchesne en télé de son édition des œuvres de son oncle : < M. le cardinal de La Valette a été un des premiers qui Tait poussé auprès des Princes et des Princesses. »
comme on peut le voir par ses Lettres. Il fut fort estimé à Madrid, et ce fut là qu'il fit ces vers espagnols, que tout le monde croyoit être de Lopez de Véga, tant la diction en étoit pure. Le comte duc d'Olivarès lui témoigna beaucoup de bienveillance, et prenoit plaisir de s'entretenir souvent avec lui. Il le pria même de lui écrire, quand il seroit de retour en France^ lui disant ' deux fois à son départ : No dexe V, M, de escrivir me; f aunque no fuera de negocios, nos escriviremos aforts- ; mos. G)mme qui diroit : a Ne laissez pas de m'écrire, si ce n'est d'affaires, ce sera de belles choses. )> J'ai trouvé ces paroles dans quelques mémoires écrits de la propre main de Voiture durant son voyage.
Il y a même d'autres particularités du Comte-Duc assez remarquables, et entre autres ces deux-ci, dont je me souviens. La première, qu'il se vantoit à lui en particulier qu'en toute sa faveur il n'avoit jamais dit à personne une parole offensante. L'autre, qu'il jugeoit d'ordinaire des hommes fort sainement, et plutôt par le mal, que par le bien qu'on en disoit : c'est-à-dire que s*il voyoit qu'on dit peu de mal de quelqu'un, ou avec peu de certitude, il en concevoit bonne opinion.
J'ai vu aussi quelques fragments d'une pièce en prose \ que Voiture étant en France vouloit faire à la louange de ce ministre, où il témoigne beaucoup d'estime et de vénération pour lui.
Il fit deux voyages à Rome, et fut envoyé à Florence
1 Voiture a fuit un éloge du duc dOlivarès; on le trouve dans ses « Nouvelles Œuvres (1658), » qui n*étaienl pas imprimées au moment où Pellisson écrivait (1652j.
porter la nouvelle de la naissance du roi Louis XIV\ aujourd'hui régnant. Il eut diverses charges a la Cour, comme de maUi% d'hôtel chez le Roi, et d'introducteur dos ambassadeurs chez H. le duc d'Orléans*. Il eut aussi plusieurs pensions^, et reçut divers bienfaits dt$ M. d'Avaux, qui, étant surintendant des finances, le fit son commis, seulement afin qu'il en touchât les appointements, sans en faire la fonction. 11 fût mort riche, sans la passion extrême qu'il avoit pour le jeu. Elle le tyrannisoit de telle sorte, qu'il s'engageoit insensiblement à des pertes, qui étoient fort au-desi$us de sa condition, comme fut celle de quinze cents pistoles qu'il fit en une nuit, et qui étoit encore toute fraîche, lorsque je fis mon premier voyage à Paris. En cela du moins il ressembloit à son père, qui avoit été fort grand joueur de piquet, et qui avoit accoutumé dédire qu'il tenoitia partie gagnée, quand il pouvoit attraper le cairéj c'està-dire soixanto-six, qu'on marque avec quatre jetons en carré : d'où vient qu'on appelle encore aujourd'hui ce point-là, parmi les joueurs, le carré de Voiture» Voilure étoit aussi de complexion fort amoureuse ',
> Les douze niaUres d'bolel servant par quartier chez le Roi avaient chacun 900 livres, et l'introducteur des ambassadeurs chez Monsieur 2,000 livres de gages,
' Talleoiant affirme qu*il y a teUe année où Voiture se fit plut de dix tiuit mille livres de revenu.
> Chapelain» lettre manuscrite à Balzac, du 24 juin 16io, parle ainsi de Voiture : (o.)
< Pour écrire des $pttres licencieuses et lascives, il n'en est < pas nioios bon chrétien, et il a trouvé le secret de vivre en c même temps selon le siècle et selon TÉvangile; d'aller soigneu-
OU du moins feignoit de Tètre ; et, bien qu'on Taccusàt de n'avoir jamais véritablement aimé, il se vantoit d'en avoir conté à toutes sortes de personnes, depuis la plus haute condition jusqu'à la plus basse, ou, comme on la dit de lui, depuis le sceptre jusqu'à la hovletie^ et depuis la couronne jusquà la cale\ Il étoit bien aise qu*on crût qu'il étoit favorisé de toutes ses différentes maltresses; et, en effet, il Tavoit été de plusieurs, qui furent très-passionnées pour lui ^. Il ne fut jamais marié, et ne laissa qu'une fille naturelle'.
Il mourut à Tâge de cinquante ans ou environ \ d'une fièvre qui lui prit) à ce qu'on dit, pour s'être purgé ayant la goutte. Il avoit la taille petite, les yeux et les cheveux noirs, le visage un peu niais, mais agréable pourtant. Il a fait lui-même son portrait dans une de ses lettres à une Maîtresse inconnue ^, et celui qui
« sèment à la messe le matin par vraie dévotion, et de galantiser c assidûment Taprès-dinée par une eorraplion d'esprit fnvéc térée. »
> Sarasin, dans la Pompe funèbre de Voiture.
■ On cite entre autres M""'' Saintot, sœur du poète Vion d'Alibray, et une fille de Théophraste Renaudot, le gazelier.
* Suivant Tallemant, Voiture aurait eu une première fille, nommée La Touche, qu*il aurait placée auprès de M"*'' de Sa))lé d*abord, puis de M"**= Le Page; une seconde fille naturelle de lui aurait en effet été religieuse.
* il movrot un merpredi 27 mai lôiS, & Paris, rue Sainl-TiiOr mas-du-Loavre, et fut euterré à Saint-Eustacbe.
A regard de son âge, voyez dans l'article de Balzac* en note, on fragment de lettre de Balzac, qui donna occasios i la réponse de Chapelain, rapportée dans la remarque précédente, (o.)
* On y lit : < Ma taUle est ûeax ou trois doigU au-descous de la médiocre. i*ai la tête assez belle, avec betoeoup de ebeveuz %m,
est en taille-dooce aa-devant de ses œuvres, est, à ce qu'on dit, très-ressemblant. Il disoit les choses d'une manière toute particulière, avec une naïveté ingénieuse.
Bien qu'il n'eût jamais rien fait imprimer \ il étoit en grande réputation, non^seulement en France, mais 'encore dans les pays étrangers, pour la beauté de son esprit ; et l'Académie des Humoristes de Rome lui envoya des lettres d'Académicien*. Ses oeuvres ont été publiées après sa mort en un seul volume, qui a été reçu du public avec tant d'approbation, qu'il en a fallu faire deux éditions en six mots. Sa prose est ce qu*il y a de plus châtié et de plus exact; elle a un certain air de galanterie qui ne se trouve point ailleurs, et quelque chose de si naturel et de si Qn tout ensemble que la lecture en est infiniment agréable. Ses vers ne sont peut-être guère moins beaux, encore qu'ils soient plus négligés. Il méprise souvent les règles, mais en maître, comme un homme qui se croit au-dessus d'elles, et qui ne daigneroit pas se contraindre pour les observer. Ce qu'il y a le plus à louer en tous ses écrits, c'est que ce ne sont pas des copies, mais des originaux, et que sur la lecture des Anciens et des Modernes, de Qcéron, de
les yeax doux, mais un pea égarés, et le visage assez niais. Eu récompense, une de vos amies vous dira que je suis le meilleur garçon du monde, et que, pour aimer en cinq ou six lieux à la fois, il n*y a personne qui le fasse si fidèlement que moi. »
' Voyez, par la liste de ses ouvrages, si cela est loul à fail vrai (g.)
' Flurance Rivaull, Peiresc dont la mort y fui céléhréc eu quarante langues, Naudé, etc., y avaient aussi été admis.
Térence, de FArioste, de Marot, et de plusieurs autres, il a formé je ne sais quel caractère nouveau, qu'il n'a imité de personne, et que personne presque ne peut imiter de lui. Il avoit écrit le commencement d'un roman en prose, qu'il appeloit Alcidalts ^donih matière lui avoit été fournie par madame la marquise de Montausier, qui étoit alors mademoiselle de Rambouillet, Julie d'Angennes*. Mais depuis sa mort, ce commencement étant venu entre les mains de cette dame, il n'a point été vu, et ne se verra peut-être jamais ^.
C'est lui, au reste, qui renouvela en notre siècle les rondeaux, dont l'usage étoit comme perdu depuis le temps de Marot. J'ai parmi mes papiers une chose qui justifie ce que je viens de dire. C'est une de ses lettres, qui n'a point été imprimée, écrite à M. de La Jonquière, père de M. de Paillerols, mon cousin. Elle est datée du 8 janvier 1636, et il y a cette apostille :
u Je ne sais si vous savez ce que c'est que rondeaux : « j'en ai fait depuis peu trois ou quatre, qui ont mis les ce beaux esprits en fantaisie d'en faire. C'est un genre (c d'écrire qui est propre à la raillerie. Je ne sais si (c vous éles devenu plus grave à cette heure que vous ft avez de grands enfants; pour moi, je suis toujours « de même humeur que j'étois quand nous dérobâmes « le canard. Si vous aimez donc encore mes folies,
1 Voiture, parlant de ce roman à mademoiselle de Rambouillet lui écriTait : « Vous y avez autant de part que personne » (édition 1681, Lettre y m).
' n fut imprimé dans ses Nouvelles Œuvres en 1658. (o.)
i2i DES ACADÉMICIENS EN PARTICULIER.
(( iiseï'-Ies; mais ne les montrez point aux dames, à qui « je fais mes baise-mains, d
eoxdeao.
Cinq ou six fois cette nuit en dormant, etc.
RONDRAU.
Ou vous layei tromper bien fioemeni, etc^
XJ