‹ Histoire de l'Académie française (volume 5)Chapitre 25 sur 81 · BALTHAZAR BARO · texte numérisé non relu

BALTHAZAR BARO

Balthazar Baro étoit de Valence en Dauphiné. En sa jeunesse il fut secrétaire de M. d'Urfé ', Tun des plus rares et des plus merveilleux esprits que la France ait jamais portés, lequel étant mort comme il achevoit la quatrième partie d'Âstrée, Baro la fit imprimer, et composa la cinquième sur ses mémoires. Il vint à Paris, et s'y maria avec une veuve, sœur de son hôtesse. Il eut grand accès chez la duchesse de Chevreuse, à cause de quoi le cardinal de Richelieu eut peine à souffrir i\\x\\ fût de TAcadémie. Il fut fait aussi gentilhomme de Mademoiselle^. Sur la fin de sa vie il avoit obtenu deux

* Honoré d*Urfé, auteur du fameux roman de VAslrée,

* Baro dut cet honneur à Richelieu même , que Pellisson lui suppose hostile. Voici ce que dit Baro dans la dédicace qu'il fit de Parthénie à Mademoiselle (16i2) : « Ce n*est point sur le rap-

Il fit un voyage exprès en Angleterre, par ordre de la reine Marie de Médicis, pour traduire YArcadie de la comtesse de Pembrok, et fut aidé dans ce travail^ à ce qu'on dit, par une demoiselle Françoise qui étoit depuis longtemps en ce pays-là, et qu*il épousa depuis. Dans tous ces ouvrages son style est facile, naturel et françois. Que si en plusieurs endroits il n'a peut-être pas porté les choses à leur dernière perfection, il s'en faut prendre à sa fortune, qui ne lui permettoit pas d'employer à tous ses écrits tout le temps et tout le soin qu'ils demandoient. Il mourut âgé de plus de soixante ans *• Il étoit de petite taille, avoit le poil châtain et le teint vif. Il a laissé des filles et un fils qui est mort à la guerre ^.

^ En i650. — Le Sorberiana dit : « J. Baudoin obiit aetatis anno 66^ pêne famé et frigore confectus.»

* Un de ses garçons fut tué devant Mardick, et Baudoin , dans un sonnet qu'il adressa au cardinal de Richelieu à ce sujet , lui dit:

Mais si bientôt le Ciel ne termine mon sort ,

Je ferai succéder ma plume à son épée

Et Toir que ta grandeur ne perd rien à sa mort.

{Les Muses illustres^ p. 450.)

— Un autre de ses fils fut une des créatures de Richelieu et servit Taillamment aussi à Tarmée. (Les Muses illustres, p. 133.)

— Enfin une demoiselle Baudoin, probablement sa fille, est connue par le Dictionnaire des Précieuses, ( Voy. notre édit. de ce livre» Btblioth, elzéviricnne, 2 vol. in-i6. — T. I, pp. 42, 104, et l. ir, p. Kil.)

Page 1