SCÈNE PREMIÈRE (a
SERISAY', PRÉsiDEXT, BOIS-ROBEKT, SïLHON.
^ SEiusAY, président.
Rois-Robert, voyez-vous un de nos maleontents, 0"i sVn va droit à vous.
BOTS'ROBERT
Pour se plaindre du temps.
1 Lo toxto porlft Sorisy. C'est Serisay qu'il faut lire, ot nnn Serisy, qui semblorait rire le nom de rahh« de Cerisy.
{h) nan<( rédition de 17R3, cMte scène, qui est la 2* du 2* acte, débute ainsi :
Sbribay à Chapelain. Vous attendiez ici cette heure fortunée Où la réforme enfin doit Hre terminée.
CHAPRLAIH.
Depuis plus de huit ans nous attendons ce jour
où doit être ré|;lé tout langage de Cour.
Mais que les ifo^orants Tont nous dire d'injures !
SKRISAT.
Nous saurons mépriser les sots et vains murmure .«.
BOIS-ROBRIIT.
Nous allons bientôt voir un de nos mécontent*:. Késolii de se plaindre et de nous et du temps.
CHAPELAIX. ^ •
C'est Silhon irrite contre l'Académie F.t prêt à la traiter de mortelle ennemie.
StaiSAY.
F.t de sa haine encor quel est le fondement ?
CnAPSLAIX.
Nous réformons un root propre au raisonnement. 11 laissera sans or tous discours politiques. F.t n'écrira jamais des affaires publiques. Silhon est violent ; s'il }>arlc conti*e nous
SKRISàV.
Monsieur le ChanccliiT i*.i!ruora s-mi coiirroii.
PIÈCES JUSTIFICATIVES. ATo
SILIIOX.
A (lire vrai, Messieurs, c'est une chose étrange; On a beau mériter honneur, gloire, louange, Affermir tant qu'on peut l'autorité des lois, Faire service à Dieu , travailler pour les Rois, Prescrire le devoir et du peuple et du prince. Instruire un potentat, régler une province ; Il faut avoir Taffront de voir ces esprits doux Gagner chez nos auteurs plus de crédit que nous. Qu'ils fassent quatre vers, ou trois lignes de prose Sans jamais se piquer de savoir autre chose ; Qu'ils blâment sans respect les ouvrages d'autrui. Ils seront estimés les sages d'aujourd'hui.
p. SERISAV;
Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'on voit cette injustice.
BOIS-BOBEBT.
Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'on a vu du caprice.
SILHON.
Les siècles, mon ami, sont assez différents ; L'on blâmoit autrefois les hommes ignorants; L'ignorance à présent donne toute l'estimCf Et ne pas ignorer, c'est commettre un grand crime.
BOIS-BOBEBT.
Heureux les ignorants d'avoir tant de bonheur !
SILHON.
Vous n'avez pas manqué d'acquérir cet honneur
BOIS-IIOBBRT.
Faut-il un Chancelier pour calmer sa colère ? Godeau m*a répondu d'entreprendre rafTairc. Il doit attaquer or que Sîlhon aime tant. Aussi bien que parfois, pour re que, et d'autant.
SMMO's entre. A «liro wai . MossiiMti's
BOIS*BOBBBT.
Sachez, docteur Silhoo, qne les premiers de France Ont acquis leur crédit d'une telle ignorance.
SILHON.
Si vous leur ressemblez, je ne puis dénier Qu'il vaut mieux autre part être tout le dernier.
BOIS-BOBKBT*
Vous êtes, sur ma foi, le premier qui me blâme.
SILHON,
Vous ne fûtes jamais loué que d'une femme.
B0IS*B0BEBT.
Mes ouvrages sont lus dedans les cabinets.
SILHON.
Eu effet, vous avez des compliments bien nets.
BOIS-BOBBBT.
J'en fais de beaux essais.
SILHON.
Certe, il devroit se taire, Mais il n'est rien si beau que ce qu'il voudroit faire.
SERISAY.
Messieurs, apaisez-vous.
BOIS-BOBEBT.
J'ai fait de grands travaux, Où j'ai bien réussi.
SILHON.
Comme aux Amis rivavx, Polyxène aujourd'hui ne doit plus rien prétendre : Le plus digne roman est sans doute Ânaxandre.
BOTS-BOBEBT.
Vous ne connoissez pas des charmes, des beautés Qu'on remarque aux sujets que ma plume a traités?
SILHON .
Non.