SIR UNE SECONDE ACADEMIE. :>0I
de Votre Majesté que nous la supplions, très-humbleineut, de nous accorder l'honneur de sa protection et les caractères de son autorité, pour établir en Académie ro\ale les conférence.» que nous avons continuées depuis deux ans, dans une mutuelle communication de nos études1; elles nous ont fait counoitre la grandeur et l'utilité de ce dessein ; elles nous ont serti d'épreuves à nos forces, et nous ont confirmés dans l'espérance de pouvoir quelques jours satisfaire à ce que le public en peut souhaiter. Nous ne voulons pas dire que cette Compagnie a des esprits aussi noblement passionnés pour les bonnes lettres que le reste de votre État... ; mais nous pouvons assurer Votre Majesté qu'ils ne sont pas indignes d'être les puînés de l'Académie franroise, et qu ils justifieront à tout le monde qu'elle ne renferme pas tous les savants de nos provinces. Et quand nous n'aurions point maintenant de quoi nous égaler à ces excellents maîtres de noire langue, que ne pouvons-nous point espérer quand nos travaux auront été communs dans l'espace de vingt années, quand nous aurons mis en société nos méditations, nos recherches, nos veilles, nos efforts....?
« L'Académie française nous encouragera même à bien faire, et nous pourrons dire que nous l'encouragerons aussi. Oui, Sire, plus votre bonté royale établira de pareilles Académies, plus on verra les sciences germer en votre Etal ... Il n'est pas nouveau de dire que l'émulation nourrit les beaux-arts... Ouand celui qui court dans la lice se trouve seul, il ne se hâte pas d'arriver au but pour cueillir la palme qui l'attend, et que personne ne lui sauroit ravir.... Enfin, les savants sont toujours pressés d'un louuble désir de mieux faire quand ils veulent aller plus loin que ceux qui les précèdent, et ne se I>as trouver derrière ceux qui les suivent; et c'est ce qui donna sujet à l'institution de ces jeux publics de musique et de
1 Depuis deux a m. Le privilège, daté do 15 janvier 165C, a «le registre le 20 janvier l6^>6 ; mais, quoique le privilège ne fût donne que poor cinq année», c'e»t seulement le 3 décembre 1604 <|t:e le volume a ele achevé d'imprimer pour la première fols.
poésie qui s'exercent depuis longtemps en plusieurs villes de ce royaume. »
L'auteur termine en parlant des efforts que fera la nouvelle société pour dépasser l'Académie française et pour montrer son attachement au service du Roi, « par les respects d'une parfaite soumission, par les devoirs d'obéissance indispensable, par les ardeurs d'une affection sans réserve, et par les serments d'une inviolable fidélité. »