‹ Histoire de l'Académie françaiseChapitre 14 sur 180 · J.-I. GUEZ DE BALZAC · texte numérisé non relu

J.-I. GUEZ DE BALZAC

milité, de résignation, de confiance en Dieu î Sa foible santé Favoit depuis longtemps averti de se préparer à sa dernière heure. Dans cette vue il s'étoit bâti deux chambres aux Capucins d'Angoulêmc, où plusieurs fois l'année il alloitse recueillir Il voulut être inhumé parmi les pauvres de l'hôpital2.

pièces relatives a Dalzac. Celte relation qui commence à la page 213 et ûnil a la page 218, est l'œuvre de 51. Moriscet, avocat en parlement. Voyez ci-dessus, p. G8, note r.

1 Godeau, évéque de Grasse, et confrère de Balzac à l'Académie françoise, lui écrivait à ce sujet :

« M., j'ai appris la retraite que vous avez faite dans le monastère des Capucins d'Angouleme, mais avec vous les muses latines et françoises, la rhétorique, la morale, la politique et l'éloquence s'y sont retirées. Je ne sais quelle dispense ont eue les bons Pères d'y recevoir tant de pucelles, et comment ils les pourront loger dans leur dortoir. Mais ce sont d'honnêtes lilles, que vous avez rendues aussi modestes que leurs novices. Parlons sérieusement : Je ne puis assez louer votre dessein. » Lettres de M. Codeau, Paris, (ianeau, 1715, I vol. in- 12, p. 270.)

5 Voici un acte qui nous acte conservé par M. Caslaigne (ouv. cité), et qu'il a copie dans un registre des délibérations de l'Hôtel- Dicu-Nolre Dame-des-Ange?, au H° du I" 18.

Pu y février Whi.— Assembler extraordinaire. « A comparu vénérable personne Cl. Girard, archidiacre d'Angoulesme, lequel a remonstré que Me Jean-Louis deGuez, seigneur de Dallezac, historiographe du Roi, luy a tesmoigné dans les entretiens qu'il a eus avecq luy ûWant la maladie de laquelle il est decédé, qu'il désiroil estre inhumé dans le présent hosptlal, et qu'il a fait la mesnié déclaration au directeur de sa conscience, le R. P. Simon, jésuisle, et les a suppliés de le vouloir faire savoir a MM. les directeurs dudil bo pilai , et les prier de l'avoir agréable, et permettre que sa fosse fût faite au-devaut la chapelle dudit hospital.

» Sur quny, l'a flaire mize en délibération, il a esté arresté d'une commune voix que le corps dudit seigneur de Ballczac sera receu

J-L. GUEZ DE BALZAC. 77 Mais de toutes les preuves qu'un auteur donne de sa religion , je ne sais si Tune des moins suspectes n'est pas de se réconcilier avec des gens qui , mal à propos et de gaieté de cœur, ont travaillé à le flétrir. Rien donc de plus glorieux pour M. de Balzac, rien de plus exemplaire que sa réconciliation avec les Feuillants. Tout se passa de part et d'autre dans les règles de la charité. Dom André de Saint-Denis , qui avoit été l'agresseur, alla exprès à Bilzac pour le voir1, et M. de Balzac nonseulement le rec,ut à bras ouverts, mais lui jura une tendre amitié, dont en eflét ses derniers ouvrages sont tout pleins2. Il voulut même laisser à l'église de ce redans ledit hospital el inhume dans une fosse qui sera faite au-devant la chapelle d'iceluy el vi>-a-v is la milieu (sic) du grand autel, au-dessnuhz la lampe d'iceluy, ï\:iiis en tirer à cous» quenec pour les parents dudit seigneur de Itallczac, et autres <]iii pouiroienl avoir le mesme desir que luy ; lequel consentement a été preste par messieurs du ttireau en considération du mérite dudit feu seigneurde Itallczac, el des notables légats (legs) et biens par luy faits audit ho-pilal. •) — Suivent les signatures.

■ tialzac fut donc inhumé dans l'hôpital, dont il était un des bienfaiteurs les plus généreux, mais non parmi les pauvres. Du re>te,ses funérailles furent « faites a\ec heaucoupde magiiilieenee>>. (Moriscet : Relation de la mort de Balzac.) — Voyez le travail consciencieux de M C.astaigne, et les pièces qu'il a recueillies et citées dans l'ouvrage indique plus haut.

1 S. Romuald. continuât, chronici Ademari; ad annum lf.27. Cite par Bay le. — On voit dans les œuvres de li ilz ac de nombreuses lettres qu'il lui adressa après leur reconciliation.

! Dans une lettre latine adressée Ihrnardmo Tcxlori (« dit. In-folio, vol. complém., p. 91), il dit en effet : « .Kternum taceant locta» in Kamlult -tiani s et Thuanis adibus apologie ; Phylarcliiani bellt vel lenuisMiiue teliquic aboleanlur. Si qu!d asperius el inclementius diclum su^gessil dolor, hoc dieluin nolim, et deleat amor quidquid ira, qutdquid scripsil indigualio. w

78 J.-L. GlEZ DE BALZAC.

ligieux un monument de sa piété; et comme ses idées ne se bornoient pas à quelque chose de vulgaire , son présent fut une cassolette de vermeil, avec une fondation pour l'entretien des parfums.

Tous ses ouvrages, rassemblés par les soins de M. Conrarl, furent imprimés en deux volumes in-folio, à Paris, en 16551. Mais, par les raisons que j'ai touchées ci-dessus, il esta propos d'en marquer les premières éditions, à l'exception pourtant de ses Lettres ; car, puisqu'elles sont toutes datées2, qu'importe de savoir quand elles sont tombées entre les mains de l'imprimeur?

1 Un autre Louis de Balzac, ne a Rliodez, et disciple de Jean Dorât, a Tait imprimer en 1508 un vol. de vers latins et français. Il n'est pas besoin de faire remarquer que c'est de celui-ci, et non de l'Académicien, que Du Monin a écrit ce vers ridicule :

Auricom<r, Halzar, pratique melotqtw Chely$.

* Elles sont généralement mal datées; nous avons pu rectifier quelques dates dans les extraits que nous en avons donnés parmi les Pièces justificatives de notre premier volume.

PlEMîE DE BOISSAT

Chevalier et Comte palatin, l'an des premiers Académicien*, mort le 28 mars I6f»ï ».

Il naquit, en 1603, à Vienne en Dauphiné.Ce fut, dès l'enfance, un prodigieux talent pour les vers. On lui dictoit un thème en prose française, et sur-le-champ, à mesure qu'on le dicloit , il le tournoit en vers latins ; aussi fut-il dès lors appelé Boissat fespril, nom qui lui resta toujours dans sa province, et qui, sans doute, étoit fondé sur ce que l'inclination à la poésie fut de tout temps un des signes les plus certains par où se manifeste l'esprit d'un enfant.

Au sortir du collège, il s'appliquoit à l'étude du droit 3, lorsqu'on 1022 le connétable de Lesdiguières fit

• Voy« nnx Pièces justificatives les extraits des lettres de l'abbe d'Olivet. — Nous avons sa Vie par Nicolas Chnrier, son compatriote, de Pétri Bocssalii, Kquitis et Comitis Palatini, vitat nmicisque titer ni is, hhri duo, imprimée à Grenoble, 1080, 1 vol. in- 12.

f n Ad dietn quinlum K:ilendarum aprilium animant efflavit. » (C.norier, p. 98.)

3 Non prie l'avait d'abord destiné aux ordres, et l'amitié que portait à l'enfant le célèbre Valladier, abbé de Saint-Arnulphe, faisait espérer qu'il le désignerait pour son successeur, W'ita P. Borssatii, p. i \ .)

HO

PIERRE DE BOiSSAT.

marcher des troupes contre les huguenots du Vivarais. Il y alla en qualité de volontaire f, et les éloges qu'y mérita sa bravoure lui firent oublier que sa famille l'eut destiné à la robe.

Peu de temps après il fit le voyage de Malte2, où il fut comblé de politesses, non-seulement à cause de son mérite personnel , mais parce que son père avoit écrit l'histoire de cet ordre si célèbre3.

A son retour, une tempête le jela sur les cotes de Languedoc. Henri de Montmorency, alors gouverneur de celte province , lui fit un bon accueil cl n'oublia rien pour le retenir; mais le connétable de Lesdiguièresayant invité la noblesse de Daupbiné à secourir le due de Savoie contre les Génois en 1 aussitôt M. de Boissat prit congé du duc de Montmorency pour voler où la gloire l'appiloit4. Il s'y distingua et par l'épée et par la plume, car les Génois décriant fort la conduite du soldat François , il arrêta le cours de leurs libelles par une apologie qu'il lit en htin. et qu'il adressa au pape Urbain VIII \

1 Sous les ordres (Je son frère, André: do Boissat, ol il y courut môme do grands danois.

! Avec le commandeur du Passage, de la maison de Poisicu. [Ibid. p. 2<î.)

3 Pierre de Boissat, porc do l'Académicien, outre son Histoire de Mallhr, a publié divers autres ouvrages, sur lesquels on peut voir (iui Allard, dans sa bibliothèque du Dauphinë. (o.)

* Il servit alors, non plus sous les ordres de son frère aîné André, auprès duquel était déjà son autre frère Claude de Boissat, chevalier de Malle, mais sous M. de Harlay de Sancy.

5 Ghorier, de qui j'apprends ceci, ne dit point si celte Apologie est imprimée, (o.)

îl se trouva en 1627 à la défense de nie de Ré ; Tannée suivante au siège de La Rochelle. Il en revint à la suite de Gaston, duc d'Orléans, prince qui aimoit les esprits cultivés, et qui, dans les temps où la guerre lui donnoit du relâche , faisoit tenir chez lui de savantes conférences, où l'on arrivoit préparé sur les matières qu'il avoit indiquées lui-même. Ce fut par là que M. de Boissat eut occasion de se lier avec ceux de nos écrivains qui primoient alors, et nommément avec Baudoin , Faret, Théophile, Bourbon, Balzac'. Il s'étoit fait une habitude , même ù l'armée , d'apprendre par cœur quelque chose tous les jours , et de le réciter à haute voix *. De là une grande facilité à parler d'un ton soutenu , et une mémoire enrichie de mille traits remarquables, qui le faisoient infiniment briller dans ces assemblées3.

1 A «'os ikuiis joule/, les suivants, que. donne Cborier, page:» 32-53 : M. de La Grange, philosophe, cl le |H>ete Saint-Amant. — C'est dans, ce temps aus>i qu'il se lia avec Itab.ac et avec Mairet pour qui sa t>ourse s'ouvrit souvent, et qu'il fréquenta le plus la maison <!e madame Des Loues, la et Ichre amie de Hal/.ac et de Malbcrl>c.

' Précieux détail qui montre I amour de> lettres persistant jusque dans les camps. Les mémoires de Campion douuent aus>i sur les habitudes studieuses des jeunes militaires eu campagne des renseignements curieux. {Mtm.de Campion, bibliothèque elzev., pa*e 87.)

» Citons ici le texte de Choner : « Vidimus, quum Viennam ad Mandalcnam Lorasiam \Mmc de Chaponay.de la maison de l.oras , Gratianopoli a Grenoble) , ad Joannam Cruciam Hevclliam Mme de Revel, de la maison de la Crouc-Chcvrien, Lugdunl, ad Angelicam Baisiam Mlle de Rms\y ventitaret, bominuro et fitmnarum velut concursum tieri : jam non circulus. sed concio et c<j-tus crat. • Page 10.

Quelques duels où il fut heureux 1 achevaut de le mettre bien dans l'esprit de Gaston, ce prince le fit gentilhomme de sa chambre ; et, dans tout ce qu'il entreprit contre le roi son frère , en Lorraine , en Flandre, en Allemagne, il n'eut point de confident plus chéri que M. de Boissat , dont la bouche était propre à persuader et le bras prompt à exécuter.

Après la bataille de Nortlingue , Gaston , réconcilié avec le Roi, et de retour à Paris, garda toujours auprès de lui M. de Boissat , à qui Tune des quarante places de l'Académie naissante fut alors donnée par le cardinal de Richelieu

Pendant que ces premiers Académiciens s'exerçoient à faire entre eux des discours d'éloquence, il en lit un de r amour des corps*, pour l'opposer à celui qu'un de ses confrères avoit fait quinze jours auparavant , de famour des esprits.

Aimé de son maître , estimé du premier ministre , honoré des savants, il voyoit sa fortune plus riante que jamais, lorsqu'en 1030 il résolut d'aller se montrer dans sa patrie. Ce fut pour lui une source intarissable de chagrins. Étant à Grenoble, il se trouva, masqué en femme, à un bal que donuoit le comte de Sauît. lieutenant de Roi en Dauphiné. Il s'y servit du privilège des masques pour tenir des propos libres à madame la comtesse de S;mlt\ Klle s'm ofTensa, mais si fort.

4 Entre autres avec M. do Oavnye.

1 Le t ant, de Hioholieii avait r-sa\c do s'attacher M. de Poissât ; mais il ne put jamais vaincre sa (idelilo envers dasion. 3 Pellissnn. Htsf. rlr l'Arml. u .) — Voyez t. I. p. 7(5. * Ceci est tlillVicminenl r,i|»|><.| ; dan> le .S- yraisurvi : mais je

PIERRE DE B01SSAT. 83

qu'elle se porta dès le lendemain à une cruelle vengeance, qui , seize mois après , fut suivie d'un accommodement dont l acté solennel est inséré dans l'histoire de M. Pellisson.

Après un si triste accident, il perdit toute idée de reparoitre à la cour, et il se confina pour toujours à Vienne. Heureusement il avoit une ressource avec laquelle point de séjour qui ne plaise, point de disgrâce

suis pas à pas mon -unie Nicolas Chorier, qui en savoil bien aulant là-dessus, que ceux qui ont fait parler M. de Segrais. (o.) — Voici le passade des M< main s-Anecdutes de Segrais, auquel l'aUl-e d'Olivel fait allusion :

w La Calprenède a pris lc> principales intrigues de la Cassandre dans l'Histoire ncyrcjjontique de M. de Boissat, gentilhomme du Dauphinë, qui étoit de l'Académie françoise. Ce livre est trèsrare, et Ton avoit déjà beaucoup de peine à le trouver dans ma jeunesse.

» M. de Boiss.it se lit une grande ai) a ire auprès de Mme de Lesdiguières, et voici comment. On se sert dans le Daupliiné du mot de découper pour signifier medire, et c'etoil un défaut que l'on reprochoit à Mme de Lesdiguières. M. de Boissat lui ayant un jour fait présent d'une paire de ciseaux, en lui disant qu'elle lui convenoit, parce qu'elle eloil une grande decoupeuse, elle en fut si outrée, qu'elle s'en plaignit hautement à M. de Lesdiguières, qui la vengea en faisant donner des coups de bâton à M. de B )i>fot Quoique la noblesse de Dauphmé n'aimût pas M. de Boissat, néanmoins elle prit celle action de fort mauvaise part, et elle s'abstint d'aller chez lui, en lui faisant dire que ce n'éloil pas |>our M. de Boissat, mais parce qu'elle se Irouvoit offensée de cette violence. Pour faire sa paix a>ec elle, M. de Lesdiguières fut obligée de retirer sa protection de ceux qui avoient donne les coups de bâton et de les lui abandonner. M. Pellisson a parle de cela dans son Histoire de. l'Académie française, en faisant l'éloge de M. de Boissat. » {Mémoires-Anecdotes de Segrais. — Œuvres, i7:tf, t. il, p. I2R.

Ri PIERRE HE BOISSAT.

qu'on ne dévore : je veux dire l'amour de l'étude. H crut qu'une femme pourroit lui être aussi de quelque consolation, et il épousa Clémence de Gessans nièce d'un grand maître de Malte \ Un autre secours encore, mais le plus eflicace qu'il pût opposer à ses adversités, ce fut la dévotion solide qu'il embrassa pour le reste de ses jours, et même , si cela se peut , avec quelque sorte d'excès.

11 poussa effectivement l'esprit de pénitence jusqu'à des signes extérieurs , que les bienséances du monde ont peine à souffrir. Il négligeoit ses cheveux , se laissoit croître la barbe, affectoit de porter des habits grossiers, attroupoit et catéchisoit les pauvres dans les carrefours , faisoit de fréquents pèlerinages à pied ; en un mot, il ne vouloit nulle différence entre les vertus d'un cavalier et celles d'un moine.

On raconte que la reine de Suède passant par Vienne en lGciti. les principaux de la v ille prièrent M. de Boissat, qui lui étoit connu par ses poésies3 , de marcher à

1 [Elle eloit Clci mont de Chaste ] lr eut de ce mariage deux enfants : un fils, qui lut tué à sa première campagne; et une fille, mariée en Savoie au comte de Saint-Maurice, io.) — Les mots entre crochets ont ete ajoutes après la première édition.— Cborier la nomme ( Ivim nliaClnromontuna Gcssana, et son glossaire donne l'explication suivante : « Mme de Hoissat, de la maison de Clermont, de la branche de Chate-Gossans, présentement madame de Villeneuve. » Hoissat a\ail aime et voulu épouser précédemment Mlle tle f.haslé, que Chorier nomme Cutœn et Vhut.ra.

* M. de Gessans rtait , dit Chorier, grand maître de Tordre de Sainl-Jeau de Jerusalein.il mourut quelques jours après avoir reçu celte haute dignité.

1 C!;c,i i t n«us dit comment les poésies de Hois-at étaient con-

leur tète pour lui faire compliment; et que, s'étant présenté devant elle avec un air de malpropreté, il lui fit un sermon pathétique sur les jugements de Dieu et sur le mépris du monde. Christine, rentrée depuis peu dans le sein de l'Église , mais toujours femme et princesse , souffrit impatiemment qu'au lieu de lui donner des louanges, l'orateur se jetât sur une matière si lugubre. Quand il se fut retiré : « Ce n'est point là, ditelle, ce Boissat que je connois ; c'est un prêcheur qui emprunte son nom. » Après quoi , de tout le temps qu'elle fut à Vienne, elle ne voulut pas le revoir.

Outre les deux ouvrages françois qu'il a publiés sous son nom , et qui sont des monuments de sa piété, l'auteur de sa Vie nous apprend que deux autres ouvrages, Y Histoire nrgrèponiique et les Fables d'Ésope ' avec des notes, imprimés sous le nom de Jean Baudoin, sont certainement de M. de Boissat , qui , ne les trouvant pas assez graves pour lui , les lit adopter par Baudoin, sonaini et son compatriote2.

A l'égard de ses compositions latines, tant prose que

nues (ie la Reine : « Sacros majorum ritus Christina regina receperat : Principis nobilissimœ Boessatius pi<>t:itom laudavit, latina gallicaque linpua scriplis poematiis. Post vero abdieatum regnum, quum illa in Belgium venissel, novo poeniulio ut in Galliaiu immigraret invitavil : lecto carminé, mirificedelectata est. » P. 8î>-!»0.

1 « vEsopi fabulas, forte non gravi nec difiîcili laborans niorbo, sed ta m en corpore a?gro, gallico sermone quindecim intra die* expressit : Quod eredibile vix videriqueat, lueulenta quoque in eas et utilia commentatus. » fChorier. p. 40.) — Nous admirons beaucoup moins que Chorier ce tour de force, d'ailleurs peu surprenant.

1 Si peu flatteur que soit ce réc it pour Baudoin, celui «le Chorier l'est moins encore; après avoir cite les deux ouvrages de

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vers, ne croiroit-on pas, sur la foi de Chorier qu'elles n'ont pas été imprimées? Et cependant elles l'ont été. J'en ai tenu depuis peu l'exemplaire qui appartenoit à Chorier lui-même, et qui se garde dans la bibliothèque du grand collège de Lyon, d'où l'on m'a fait la grâce de me l'envoyer. C'est un assez gros in-folio , sans frontispice, sans préface, et où il manque par-ci par-là quelques feuillets, à la place desquels on a mis du papier blanc. Je soupçonne que c'étoit originairement le propre exemplaire de l'auteur, et que n'ayant pas voulu s'en priver tout à fait , du moins il prit le parti de le mutiler, afin que ses ouvrages ne lui survécussent pas en leur entier ; car on m'a dit que peu de temps avant sa mort, l'édition prête à paroître, il la supprima par délicatesse de conscience, de peur qu'elle ne lui attirât des louanges ; puis donc que cet exemplaire pourroit bien être l'unique reste du sacrifice, j'en vais détailler exactement le contenu 2.

Boissat, dont il est ici parlé, il ajoute : • Utrumque Baltluinus, suppresso auctoris nomine, suo inscripto, in vulgus opus emisit. Factura quidera nec probavit Bocssatius, nec etiam, pro sua in araicos indulgentia, moleste babuil. Lucri illi ingentis instar erat, quod ex ea re Balduinusquasslus faciebat. Conitnoda amicoruin suis ultro rationibus anteponebat. » (Page 41.)

1 Non-seulement Cborier, dans la Vie de Boissat, ne dit nulle part que ces ouvrages soient imprimés, mais il dit formellement le contraire, dans son État politique de la province de Dauphiné, tome i, page 126. (o.)

5 Nous apprenons, par une communication obligeante de M. Péricaud atné, de Lyon, que le précieux volume dont parle ici l'abbé d'Olivet, « existe encore ; mais il est aujourd'hui dans la bibliothèque de l'Académie, et provient du legs que lui a fait Pierre Adamoli. »

NERIIE DE BOISSAT. *7 On y trouve d'abord sept relations en prose , qui sont autant d'ouvrages séparés, et dont voici les titres : I. Pusinensis obsidio. H. Navigatio Melitensis. III. Ligustica erpeditio. IV. Anglorvm ad Rheam exscensio, et Rupella obsessa. V. RupeUa capta. VI. S/7va-Ducensis expugnatio. VII. Lot/iaringia capta, (lo sont les relations des guerres où M. de Boissat s'éloit trouvé en personne : la dernière est divisée en six livres.

Voilà pour la prose. On trouve ensuite ses poésies , qui toutes ensemble montent bien, je crois, à quinze ou seize mille vers.

I. Martcllus. Poème épique sur la défaite des Sarrasins par Charles Martel , en six livres, dont le plan et les arguments se voient dans les poésies latines de N. Chorier '.

II. Hermonomit sire Institvtionvm fmperialium libri IV. Cest une paraphrase en vers latins des Insfitules de Justinien.

III. Syharum liber primus, heroïca po'èmatia confinai* : set U7idusf eîogia quibusdam imayinibus ad vu vin expressis apponenda.

IV. Eirgiarvm Uhri In s .-primus sacras continent : spcundux, funrrras : frrtius. communes.

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