L-J. C.IEZ Dfc! BALZAC. 7S
dans notre prose La gloire qui lui appartient en propre, dont il est en possession depuis plus d'un siècle, et qui vraisemblablement ne mourra jamais , consiste en ce qu'il nous a fait sentir que notre langue , sans le secours du vers , étoit susceptible d'un tour nombreux ; à moins pourtant qu'on ne veuille lui faire un crime d'avoir souvent employé dans le style épistolaire le tour et la cadence du style oratoire. Mais c'est une faute qui ne fait tort qu'à lui , et dont l'effet ne laisse pas d'tHre heureux pour nous, puisqu'elle nous a découvert le mérite de l'harmonie. Il a mal appliqué son art, mais il l'a trouvé, et nous en profitons.
J'ai parlé ailleurs du prix qu'il a fondé2, et que l'Académie donne tous les deux ans , pour contribuer à former ceux qui se destinent à la chaire. En le fondant, il a immortalisé tout ensemble et sa passion pour l'éloquence et son zèle pour la- religion ; car, je le dis encore , non-seulement sa foi , mais ses mœurs étoient véritablement chrétiennes , et sa mort fut des plus édifiantes. Peut-on lire, sans en être vivement ému, lu relation que nous en avons3? Quels sentiments d'hu-
» On lui a appliqué Tort justement ce passage du dialogue De causts corrvp(& éloquent ut- : « Primus excoluit oralionem, primus et verbis deleclum adbibuit et composition! arlem. lot-osque la?tiores attentavil et quasdam senlentias invenit. U tique in bis orationibus quas senior jaui et juxta finem vita? romposuit, id est postquam uiagis profecerat, usuque el experimeulis didicerat, quod optimum dicendi genus e>t. »
' Voyez ci-dessus, p. 12.
3 Parmi les œuvres de lial/.ae, tout a la lin du luuie il. (o.) — Non pas à la tin du tome n. mais à la lin du volume supplémentaire, réuni au tome il, qui contient les Œuvres latines et diverses