U DE R AC AN
M. de Racan, diverses particularités qui concernent M. de Racan lui-même, et qu'il raconte d une manière si franche, si désintéressée, qu'on douteroit presque s'il est l'auteur de l'ouvrage. Mais une personne de sa condition étoit au-dessus de cet amour-propre, dont un auteur, qui n'est qu'auteur, ne se défend jamais bien.
Je suis, au reste, trop sérieux dans tout ce volume, pour que je me permette ici de l'égayer par l'aventure des trois Racans , et par quelques autres contes semblables, dont le Ménagiana est la source '.
1 On retrouve ce conte dansTailemant, et, sous des noms supposés, dans le Francion de Sorel, où M'1'" de Gournay est remplacée par le pédant Hortensius.
Tallemant a donné sur Racan une notice que M. Paulin Paris a enrichie d'un utile commentaire. Nous en tirons les passages suivants qui nous montrent Racan dans son rôle d'Académicien :
T. il, p. 363.— ■ A r Académie, quand ce fut à son tour à haranguer, il ; vint avec un chiffon de papier tout déchire dans ses mains: a Messieurs, leur dit-il, je vous apportois ma harangue; mais ma grande levrette nie l'a toute mâchonnée. La voilà. Tirezen ce que vous voudrez, car je ne la sais point par cœur et je n'en ai point de copie. »
Pellisson raconte le Tait autrement, et Ton voit par une lettre de Racan, publiée pour la première fois dans l'édition de la Bibltothb/ne elzévirienne, que le récit de Pellisson peut seul être vrai.
• Il est le seul qui ait voulu avoir ses lettres d'Académicien, et, quand son lils afne fut assez grand, il le mena à l'Académie pour lui faire saluer tous les Académiciens. »
Racan n'est pas le seul qui ait eu ses lettres; celles de Muet existent encore.
T. il, p. ôiifi. — t Étant à Paris pour un procè», il s'ennu>oit quelquefois et ne perdoit pas un jour d'Académie. Même il lui prit
HARDOUIN DE PÉRËFIXE,
Archevêque de Pari», Chancelier de» Ordres du Roi, reçu i l'Académie en 1 6M,
mort le 31 décembre 1670
Il étoit d'une famille originaire de Naples , établie depuis un siècle dans le Mirebalais.
Après avoir pris le bonnet en Sorbonne , il prêcha dans Paris ; et sa réputation commencée par l'éclat de ses talents, soutenue par la sagesse de sa conduite, l'ayant fait connoltre à la Cour, il fut nommé précepteur de Louis XIV».
Jamais la France ne rappellera l'idée de ce grand Roi, qu'elle ne bénisse la mémoire de ceux qui l'élevèrent dans la vertu. C'est à quoi tendent les deux ouvrages que M. de Péréfixe a publiés : l'un en latin, et c'est proprement un recueil de maximes qui renferment les devoirs d'un Roi enfant ; l'autre en françois. où il
une telle amitié pour elle, qu'il disoil qu'il n'atok d'amis que Messieurs de l'Académie, et prit pour procureur le beau -frère de M. Chapelain (M. Faroard), parce qu'il lui semhloit que cet homme doit heau-frere de l'Académie. »
1 Dans la nuit du v T janvier 1671, à deux heures du matin. (GaWa christiana.) (o.ï
' Le 28 mai 1644.— Il fut aussi conseiller do Roi, commandeur • l chancelier des ordres.
Ilf» HARDOUIN DE PEREFIXE.
instruit un Roi majeur, non plus par de simples maximes, mais par des exemples d'autant plus propres à faire impression sur le feu Roi, que c'étaient ceux d'Henri ÏV.
Vouloir, comme d'audacieux critiques l'ont avancé, qu'à l'égard de ce dernier livre, il n'ait fait qu'emprunter la plume de Mézeray, ce n'est pas faire attention à lu différence des styles. Mézeray, dans tout ce qui est certainement de lui, retombe à tout moment dans un style dur et peu châtié. Donnera-t-on à la môme plume une histoire écrite purement, avec élégance, avec dignité? Outre que dans cette histoire d'Henri IV, nous y retrouvons d'un bout à l'autre un goût pour la vertu et un certain air de sagesse que M. de Pérétixe avoit pareillement répandu dans son premier ouvrage.
Pendant qu'il étoit précepteur du Roi , il fut fait évéque de Rhodez 1 , et depuis il eut l'archevêché de Paris2, où il se gouverna en grand homme, recouvra la juridiction spirituelle du faubourg Saint-Germain3, acquit celle de Versailles \ et fit pour :>on église beaucoup d'autres choses importantes, mais qui appartiennent
1 En 1648.
* 11 fut nommé à la place de P. de Marca, en 1662. — La même année et le même mois il avait été élu proviseur de Sorbonne.
3 Le 20 décembre 1668, il fit une transaction avec Henri de Bourbon; duc de Verneuil, abbé de Saint-Germain-des-Prés, et ses Religieux, et fit entrer ainsi sous sa juridiction spirituelle tout le faubourg Saint-Germain, qui en était indépendant.
4 Le 15 septembre 1670, il obtint un arrêt du parlement qui étendit son autorite diocésaine sur le prieuré, la ville, la paroisse et tout le territoire de Saint-Germain-en-Laye, malgré les réclamations de l'évêque de Chartres. {Gallia christ.)
JEAN DE MONTIGN Y. 117
moins aux mémoires de l'Académie . qu'à ceux du clergé1.
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