‹ Histoire de l'Académie françaiseChapitre 31 sur 180 · LE DUC · texte numérisé non relu

LE DUC

DE SAINT- AKiNAN'.

croyoit pas qu'une haute naissance, pur don de la fortune, lui fût une raison de négliger, ou plutôt d'anéantir des talents, qui sont les plus précieux dons de la nature. Son exemple seul eût détruit le préjugé des siècles grossiers, qui se ûguroient que ces mêmes talents, par où s élève l'homme né dans l'obscurité, ravalent l'homme né dans la splendeur.

Mais en s'attachant à ce que les Muses ont de fleuri, il eut grand soin aussi de ne pas toucher à ce qu'elles peuvent avoir d'épineux. Il ne remporta de leur commerce que ce qui pouvoit contribuer à répandre dans sa manière de penser, d'agir et d'écrire, cette galanterie fine et ingénieuse qui est comme la fleur de la politesse.

On voit assez que, dans un homme si distingué par tant d'autres endroits, je ne cherche ici que l'homme de lettres. Car, si je m'engageois à parler des occasions brillantes, où sa valeur s'est signalée, combien de sièges, combien de batailles s'oflriroientàmon esprit'? Mais ici, encore une fois, je n'ai et ne dois avoir devant les yeux que le titre d'Académicien.

Jaloux de ce titre, non-seulement M. le duc de Saint- Aignan le souhaita dans l'Académie franchise, mais il l'accepta dans celle des Ricovrali de Padoue, et dans une Académie de physique, qui se forma en 1662 à Caen, sous les auspices de M. Huet, depuis éveque d'Avranches2.

' < A peine est-il sorti de l'enfance qu'il marche anx combats et a la gloire... Il est blessé au combat de Vaudrevange, au siège de Dôle, et plus dangereusement à celui de Gravelines. » {Discourt de réception de l'abbé de Cboisy, successeur à l'Académie du duc de Saint-Aîgnan.)

» Uuet. Comment, lib. IV, page 229. (o.) — Colberi, lit-on dans

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Il lit plus. Car sachant que dans cette même ville de Caen, la patrie du grand Malherbe, tous les ans on couronne une pièce de poésie à l'honneur de la sainte Vierge, il concourut pour le prix, dans la vue de ranimer ces sortes d'exercices et de leur attirer un nouvel éclat, en faisant voir qu'un seigneur de son rang étoit frappé de la gloire qu'on y acquiert. Il fut victorieux, et certainement la faveur y eut d'autant moins de part, que les juges le soupçonnoient moins d'êlre au nombre des concurrents. Tous les poètes de Normandie applaudirent à son triomphe, ceux mêmes qui avoient été ses rivaux sans le savoir ; au nom du vainqueur, la jalousie ne trouva point à entrer dans l'âme des vaincus, et il y eut un volume de pièces publiées à sa louange, tant en latin qu'en françois'.

le passage cité, soutenait, par une forte subvention, l'Académie de Huet, et ensuite : < Tarn féliciter autem increhuit florescenlis bujus Académie fama , ut Bellovillarius, dut Santanianus, literarix gloriae percupidus, in eam optaveril admilli, suumque nomen ut in Academicorum nostroram seriem referrelur valde à me contenderit. »

1 Voyei le Recueil de poésie* qui ont été couronnées sur le Puy de l'Immaculée conception de la Vierge, tenu a Caen dans les grande* écoles de ITniversilc, tGGI.(o.) — Le Recueil de 1667 (imprime en 1668 , et non de 1601, est dédie à Sainl-Aignan par I imprimeur, Jean Cavalier, et ce recueil contient une ode sur Tliesee, t où, dit l'imprimeur, voulant nous donner l idee parfaite d'un grand héros, vous nous ave* laissé tout ensemble un fidèle portrait de vous-même • Et il ajoute : • Je vous la présente. Monseigneur, avec les éloges de plusieurs savants hommes qui, par une noble émulation, ont travaillé a faire le panégyrique de vos vertus et des plus l>elles actions de votre vie. ■ — Les savants hommes dont il est ici parlé sont : Georges Pyron , professeur d'éloquence su collège du Rois, Antoine Halley, Mathieu Mabeult

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