L'ÉGLISE DE SAINT-JACQUES-LE-MINEUR
par l'Évêque, et qui avait tenu son assemblée dans la seigneurie de De Léry, à la maison d'Amable Lamoureux, le 25 février 1830.
La même année (1831) le Grand - Bernier passa à Saint-Jean. Le curé de cette dernière paroisse, quêtant pour Saint-Jean encore récent, ayant dit à M. Paquin, curé de L'Acadie: " Que me donnerez-voiis povr ma paroisse F " M. Paquin répondit : " Le Grand-Bernier.^'* On prit, en effet, les formalités voulues, et, comme ce beau rang devait nécessairement appartenir à Saint- Jean, il y fut annexé.
La chose ne fut pas aussi facile pour le Petit-Bemier, qui ne passa à Saint-Jean qu'une vingtaine d'années plus tard.
Il en avait été question, en 1843, pendant que M. LaRocque était curé de L'Acadie, mais il ne trouvait pas les raisons assez plausibles pour motiver cette annexion. Ce ne fut que lorsqu'il fut devenu curé de Saint-Jean que les raisons lui parurent assez fortes pour y consentir.
§ III — Saint-Jacques-le-Mineur
Plus tard, comme il devenait nécessaire au bien des âmes d'ériger une église au village de Johnstown, aux profondeurs des seigneuries de Laprairie et de De Léry, et d'y établir une paroisse sur le territoire adjacent, Mgr Signay érigea celle de Saint-Jacques-le- Mineur, le 26 novembre 1834, et lui donna cinq milles de longueur du fertile rang double du Ruisseau-des- Noyers, jusque là desservis de L'Acadie.
Ce ne fut, cependant, qu'au printemps de 1840, que- Saint-Jacques-le-Mineur put avoir son curé, les fidèles du Ruisseau continuant à aller aux offices à L'Acadie, tant il y eut d'obstacles à la nouvelle paroisse, Louis. Lucier, J.-Bte Perrier, Pierre Régnier, et autres, ayant d'ailleurs supplié l'Évêque, par une requête du 28 septembre 1836, de ne pas permettre aux syndics d'y faire une répartition, pour éviter des procès, et à cause de la mauvaise année.
C'était à l'époque où le blé commençait à manquer.
§ IV — Saint-Biaise
Enfin, le 5 février 1873, quelques habitants de la première Grand' Ligne, où se trouve aujourd'hui Saint- Biaise, dont Louis Laberge qui ofifrait gratuitement le terrain, Zéphirin Roy, Antoine Bissonnette, et autres, présentèrent une requête à Mgr Bourget, évêque de Montréal, le suppliant de leur accorder une paroisse et une église.
" Le loup, en effet, — comme l'écrivait M. LaRocque dans les Mélanges Religieux de 1841, — s'était placé " en embuscade sur les confins de L'Acadie et de Saint- " Valentin, cherchant à dévorer le troupeau", et y faisait beaucoup de mal.
Ils alléguaient, à l'appui de leur requête, surtout le grand éloignement où ils se trouvaient des églises de L'Acadie et de Saint- Valentin.
Ce ne fut pourtant qu'en 1886 que Mgr Fabre accepta un terrain offert par Théophile Morin et dame
L'EGUSE DE SAlNT-BIvAISE
veuve Alfred Girardin, à la première Grand' Ligne, qu'il y fixa, à neuf milles de l'église de L'Acadie, mais sur le territoire de la paroisse-mère, une église, un presbytère et un cimetière, et qu'il y envoya un premier curé.
11 y eut beaucoup d'opposition. On plaida jusqu'en Angleterre, tant on tenait à rester à l'ancienne église ; mais ce fut inutile. Le décret érigeant ce territoire et d'autres adjacents en paroisse, sous l'invocation de Saint-Biaise, évêque de Sébaste, fut lancé en 1890, par M. Maréchal, alors administrateur du diocèse de Montréal, et fut lu, à L'Acadie, les 19 et 26 octobre de la même année.
Saint-Biaise a été le quatrième rejeton de L'Acadie, et l'on croit que ce sera son dernier.