‹ Histoire de l'Acadie, Province de QuébecChapitre 28 sur 51 · CHAPITRE ONZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIEME

Les Écoles de UAcadie

Plusieurs paroissiens de L'Acadie ont, de tout temps, su faire des sacrifices pour la culture intellectuelle et morale de leurs enfants. Aussi la bonne éducation y prévaut-elle, et la paroisse a-t-elle donné plusieurs bons sujets au sacerdoce, à la vie religieuse et aux professions libérales.

Comme ailleurs, les plus anciennes écoles primaires valaient, en général, beaucoup mieux que celles de nos jours. Elles étaient alors sous la direction exclusive des pasteurs, qui savaient choisir des maîtres sérieux et chrétiens, capables de donner à leurs élèves une instruction solide et une éducation distinguée.

Plus tard, avec le prélevé légal, les écoles primaires passèrent sous le contrôle légalement et pratiquement exclusif des commissions scolaires, composées, souvent, d'hommes extrêmement illettrés. D'où un choix souvent ridicule des maîtres, et l'abaissement continuel du niveau des classes.

"Dans une campagne, — disait M. le Maire de Montréal, le 5 mai 1905, ainsi que l'a rapporté la Patrie de cette date, — si le curé est écarté de la com- " mission scolaire (ce qui est ordinairement le cas), " s'il ne la dirige pas, s'il n'en est pas l'âme, tout y

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^' marche de travers. J'ai vu moi-même, à la campa- " gne, des commissions scolaires élues par les contribu- " ables, par des pères de famille, composées, en majorité, " d'hommes qui ne savaient ni lire, ni écrire." ( Note G à la fin du volume.)

Selon toute apparence, le premier instituteur de L'Acadie a été le sieur Louis Gabouriaux. Il demeurait en cette paroisse, le 26 septembre 1810, où, qualifié maître-d' école, il assistait au testament solennel de Cécile Smith, épouse de Louis Rémillard, reçu par le notaire Pierre Lanctôt.

Un M. Hoffey, dit maître-d' école, et de L'Acadie, y fit baptiser un enfant le 18 novembre 1816.

Joseph Alexandre Sabatté, qui épousa, à L'Acadie,. le 3 septembre 1827, Euphrasine Poutre, veuve du docteur Rogers, y a longtemps enseigné. C'était, en même temps, un crieur public et un huissier, qui mourut hôtelier.

11 tenait ses classes dans le haut des Salles-deshahitants, après la construction du presbytère actuel.

Pour séparer les filles des garçons dans les classes, comme on essayait de le faire dès lors, selon l'esprit de l'Eglise, qui est encore le même (les écoles composées de filles et de garçons s'appelant écoles mixtes), la fabrique, dirigée par M. Paquin, fit construire, en 1828, pour les filles, la maison de pierre qu'elle possède encore à l'ouest du presbytère et sur son terrain, et pour laquelle elle paya 1439 francs de ses deniers.

Sous M. Crevier, les écoles se multiplièrent et firent des progrès. Il écrivit lui-même à Mgr de Montréal,.

le 29 août 1838, qu'il y avait sept écoles dans sa paroisse, et qu'elles étaient fréquentées par 202 enfants. D'après la lettre de M. Crevier, il y avait deux écoles, au village : l'une au presbytère pour les garçons, tenue par M. Tugault, avait 34 élèves ; l'autre, celle des filles, à la maison de pierre, dirigée par Mme Tugault, née Hortense-Eugénie Bouc, était fréquentée par 25 élèves. ^ Un M. Berthelot tenait l'école de la Carrière, et avait 15 élèves.

Une veuve respectable {sic) présidait à l'école du Haut de la Rivière, qui se composait de 12 élèves.

L'instituteur de la Grand'Ligne était Ignace Bernier. " Il ne fait pas de philosophes, — disait M. Crevier, — '' mais il enseigne le catéchisme." Son école était suivie de 51 élèves.

L'école mixte de Benziger, au Ruisseau-de-Belle-C orne (sic), avait 40 élèves.

Enfin, l'école mixte de François Nicolas, fréquentée jusque-là par environ 25 élèves, était vacante, son titulaire étant en prison à Montréal, accusé de haute trahison.

Sous M. LaRocque, les écoles progressèrent encore. La fabriqiie vota 400 piastres le 21 janvier 1841, pour la construction d'une école à la Grand'Ligne, aujourd'hui de Saint-Biaise, et 12 piastres par mois, pour le

1 M. et Mme Tugault (nés en France) suivirent ensuite M. La- Rocque à Saint-Jean, où ils n'élevèrent qu'un fils, qui devint avocat, et qui mourut sans enfant. Mme Tugault, décédée longtemps après son époux, donna presque tous ses considérables biens aux Sulpiciens de Montréal, qui ne la connaissaient pas, en reconnaissance de ce que leurs anciens les avaient protégés, elle et son mari, à leur arrivée en Canada.

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soutien de l'instituteur, ce qui fut payé pendant quelques années.^

Plus tard, MM. Martineau, Gervais, Duquet, Maucotel, et Liénard enseignèrent avec succès, au village, ainsi que Mlles Poirier, Boire et autres.

En 1907, il y avait encore six écoles dans la paroisse, avec les titulaires suivantes : au village, Mlles Masse et Martin ; en haut de la Rivière, côté est, Mlle Boulerice; à Bon-Jarrêt, Mlle Lécuyer ; aux Concessions, Mlle Morin; au Ruisseau-des-Noyers, Mlle Sicotte; et à Belle-Corne, Mlle Thérèse Gagnon.

Ces six écoles étaient fréquentées par environ 190 élèves.

Il est sorti des anciennes écoles de L'Acadie, pour les collèges classiques et autres écoles, plusieurs jeunes gens, qui sont entrés plus tard dans les professions libérales, et qui ont fait honneur à leur paroisse natale.

Pour l'exercice de 1907-08, la commission scolaire était composée de MM. Israël Brunelle, président, J.-Bte Déland, Ignace Gélineau, Hilaire Senécal et Maxime Coupai, commissaires, et de M. J.-Bte Brault, secrétaire-trésorier depuis 30 ans.

Les protestants ont aussi une école dissidente.

1 L'emplacement de cette école appartient encore à la fabrique de L'Acadie.

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