‹ Histoire de l'Acadie, Province de QuébecChapitre 31 sur 51 · LE R. P. JOSEPH BRAULT, S. J · texte numérisé non relu

LE R. P. JOSEPH BRAULT, S. J

Né à L'Acadie

OFFICIERS ET ORGUES DE l'ÊGUSE 99

voix est sonore, et plusieurs autres, qui se succédèrent à de courts intervalles.

Il n'y eut d'abord, à L'Acadie, comme en bien d'autres paroisses rurales, que du plain-chant, sans aucun instrument, si ce n'est, peut-être, qu'on employa des orgues à manivelle, ou des serpents, comme on le fit à Saint-Luc.

Le premier orgue à tuyaux, que la fabrique acheta en 1832 après avoir voté 12,000 francs pour le payer, €t qui avait été fabriqué par Joseph Bourdon, fut inauguré le 25 juillet 1833. Il avait été accepté sur l'expertise de M. Alexandre Duff, qui reçut 90 francs «n 1833, et de M. Gauvreau, qui en fut sans doute le premier organiste régulier, puisqu'il reçut comme salaire 373 livres et 10 sous en 1833, et 180 livres pour trois mois de service en 1834.

Cet orgue dura jusqu'en 1869, où il fut remplacé par l'orgue actuel, construit par Louis Mitchel, de Montréal, et payé 5,400 francs, le vieil orgue ayant été donné en à compte à raison de vingt-cinq piastres.

L'orgue est de tous les instruments celui qui imite le mieux la voix humaine, et qui soutient mieux le plain-chant. L'Église le tolère aux conditions posées par Pie X dans son Motu-Proprio de 1903, c'est-à-dire qu'il ne doit jouer que des morceaux graves et capables de porter à la piété, et qu'il lui est défendu de noyer les voix des chantres au point d'empêcher de comprendre leurs paroles.

Les orgues trop puissantes, comme nous l'avons

toujours cru, sont donc des hors-d'œuvre et des contresens, qu'il faudra faire disparaître.

Il est difficile parfois, à la campagne, de trouver des organistes bien qualifiés. Cette difficulté s'est aussi rencontrée, à L'Acadie.

Ainsi, en 1840, à son arrivée à L'Acadie, M. La- Rocque dut écrire à Mgr Bourget qu'il y avait trouvé un assez bon orgue, mais qu'il n'y avait pas d'organiste. Il demandait, dans la même lettre, la permission de prendre de l'argent à la fabrique pour faire apprendre la musique à quelque jeune fille de talent, qui pourrait ensuite toucher l'orgue, si toutefois Sa Grandeur, malgré sa répugnance, voulait autoriser une femme à toucher un orgue à l'église.

Mgr de Montréal n'ayant pas accordé cette permission, M. LaRocque finit par faire toucher son orgue par le protestant John Richardson, époux de Mlle Antoinette Herse.

Sous M. Ricard, il n'y eut pas de musique à l'église,, faute d'organiste de son goût ; mais, en 1850 et en 1851, l'orgue fut joué par Mlle Rouxel. Puis il fut confié à Mlle Charlotte Roy, qui le toucha jusqu'à son mariage au docteur Régnier, en 1853. Charlotte Roy, remariée plus tard au notaire Côté, fut encore organiste, de 1870 à 1876, où elle fut remplacée par Mlle Hermine Roy, fille du sieur Lévi Roy. Puis, les organistes furent, entre autres, Mme L'Heureux (née Filion, de Saint-Jacques-le-Mineur), et Mlles Maucotel,, Desnoyers, et Bourassa, l'organiste actuelle.

Les organistes doivent toujours se souvenir que le

M. L'ABBE MEDARD BOURASSA Né à L'Acadie

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principal, pour l'orgue, est d'accompagner le chant grégorien, et que, à la rigueur, ils pourraient fort bien se dispenser de jouer aucun autre morceau. Les fidèles n'en seraient peut-être que plus recueillis et plus attentifs aux saints mystères.

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