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SAINTE MARGUERITE D'ÉCOSSE

Cependant, ses devoirs d'épouse, de mère et de reine ne la pouvaient distraire de la vie chrétienne. Ses biographes nous disent que, souvent, elle passait des nuits entières dans la prière et la méditation, qui l'alimente; que chaque matin elle entendait plusieurs messes, et qu'elle y faisait presque toujours la sainte communion.

§ IV — Sa mort , ses reliques et ses tableaux

Douce et tendre pour le prochain, sainte Marguerite était d'une grande sévérité pour elle-même, ne croyant jamais assez souffrir, ni en faire assez pour Dieu. Elle faisait deux carêmes par année, l'un avant Noël, et l'autre avant Pâques. Ses jeûnes, pourtant, lui faisaient parfois éprouver de grandes douleurs d'estomac, qu'elle endurait avec patience.

Épuisée enfin par ses souffrances et ses pénitences, elle tomba en langueur, et, pendant six mois, elle ne put ni monter à cheval, ni visiter les pauvres, ne pouvant seulement que se rendre avec peine à sa chapelle et à la sainte table.

C'est pendant cette maladie que le roi porta la guerre en Angleterre, malgré les conseils de la reine, que, pour la première fois peut-être, il ne voulut pas suivre, les attribuant à un excès de bonté, et qu'il y perdit la vie.

Ayant, en son absence, appris le moment où elle devait mourir, elle fit aussitôt venir son confesseur, et lui parla en particulier. " Elle me fit une revue géné- " raie de toute sa vie,— dit saint Thierri. — Des torrents

'' de larmes coulaient de ses yeux, et sa componction " était si grande que je ne pouvais pas moi-même m'em- " pêcher de pleurer."

Quatre jours avant sa mort, elle apprit par révélation la fin tragique de Malcolm et de son fils Edouard, ainsi que les futurs malheurs spirituels de l'Ecosse, et en parut bien affligée.

Enfin, elle put encore, le dernier jour de sa vie, se rendre à son oratoire et recevoir encore une fois le saint Viatique. Puis, de retour à sa chambre, se sentant plus mal, elle se fit apporter un crucifix fort vénéré en Ecosse. Elle le prit dans ses mains, le couvrit de ses baisers, et fit avec lui plusieurs signes de croix sur son corps, en récitant le Miserere et autres prières, et demanda à ses chapelains de recommander son âme à Dieu.

Elle dit encore plusieurs fois ces paroles : ^' Seigneur Jésus, délivrez-moi de tout inal^\ et rendit son âme à Dieu, le 16 novembre 1093, dans la quarante-septième année de son âge, ayant peu vécu mais rempli beaucoup de jours.

Son saint confesseur, qui put la contempler après sa mort, écrivit ce qui suit : " Il y avait dans ses traits " tant de paix et de tranquillité, qu'on ne saurait " douter que son âme n'ait été admise dans le séjour " de la paix éternelle. Chose prodigieuse ! son visage, " sur lequel la mort avait mis sa pâleur habituelle, " reçut, après la mort même, une teinte si pure et si '' parfaite de rose et de blanc, qu'on n'eût pas dit que '' la reine était morte mais qu'elle dormait."

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