PREFACE
Le sujet que nous traitons se recommande par lui-même; il intéresse toutes les classes de la société , les pauvres pour qui c’est un besoin de recevoir, les riches pour qui c’est un besoin de donner; car de toutes les jouissances attachées à une grande fortune , la plus douce , la seule qui ne fatigue point, c’est de pouvoir faire des heureux.
On ne manque pas d’ouvrages didactiques sur l’Administration des secours publics ; mais aucun ne . présente l’analyse historique de la législation, dans ses rapports avec les événemens, le changement
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des mœurs les progrès de la civilisation et la marche de Fesprit humain. C’est ce tableau que nous avons voulu esquisser. Il existe dans les lois une filiation qu’il faut connaître. Ce n’est pas une chose indigne de curiosité que de voir les cahiers présentés aux états d’Orléans par la noblesse dissidente , être adoptés cent ans plus tard par Louis xrv dans ses édits sur la formation des hôpitaux» généraux et des ateliers de charité; les projets des Ministres de Louis xv pour la déportation des mendians , des Ministres de Louis xvi pour l’aliénation du patrimoine des hôpitaux * trouver place ensuite dans les décrets de la Convention. En rapportant les anciennes ordonnances, nous en faisons connaître les motifs puisés dans leurs préambules ; en parlant des changemens faits depuis iy8g, nous disons dans quelles vues ils furent entrepris, par quelle suite d’illu-
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sions on y était arrivé, par quelle suite de faux calculs on se trouva entouré de ruines.
Nous rendons compte des réglemens administratifs, parce qu’ils forment le complément de la législation et qu’ils en fixent le sens. Sur le régime intérieur des établissemens de charité, nous rappelons sommairement les instructions éparses dans divers ouvrages publiés soit avec l’attache du Gouvernement soit par les médecins les plus expérimentés.
Outre les établissemens consacrés par la loi, il en existe beaucoup d’autres que la bienfaisance particulière a créés et qu’elle soutient de ses dons : nous mentionnons les plus importans. Ils honorent la nation ; ils font voir que la générosité et la pitié sont un des plus beaux attributs du caractère français.