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S. Dupain, Notice sur le pavé de Paris

689. a L'enseignement libre est une des manifestations les plus élevées de l'énergie individuelle et morale d'un peuple. Ce n'est donc pas assez d'en respecter la légitime indépendance : il faut en seconder le développement régulier. Si le devoir de l'Etat est de créer des établissements types, pour ainsi dire, et qui représentent l'esprit national dont il est luimême l'expression, c'est son devoir, aussi, d'aider à se produire, à côté de lui, sous la forme d'établissements libres, toutes les forces vives du pays.

« En général, et sauf quelques exceptions, il est vrai, remarquables, l'enseignement primaire libre a toujours eu de la peine à se développer, à Paris.

« Les causes de ces difficultés sont multiples. L'une d'elles, assurément, est le nombre toujours croissant des écoles corn-

manales et Tapplication de la gratuité à toutes ces écoles. » (Octave Gréard, Besoins de l'instruction primaire^ à Paris^ 1871).

Dans ce passage si remarquable, par Télévation de la pensée, une seule assertion appelle des réserves. Les administrateurs du département de la Seine, sous le Directoire, Fi^chot, sous le Consulat et l'Empire, s'attristaient de l'activité prise par, l'enseignement libre; malgré les mesures restrictives qu'on ne cessa d'employer, vis-à-vis de lui, la statistique constate qu'il y avait, à Paris :

En 1821, 22 écoles communales.

1828 id./ — —

— 721 — de charité soutenues par les bureaux de

] bienfaisance.

— 28] — confessionnelles^ privées et gratuites.

— 281/ — privées et non gratuites, soit 70 0/0 du

[ total.

1834 49 — communales.

— 71 — de charité.

Observation faite que, dans le tome II de la Statistique de l'enseignement primaire (1880), on donne, pour 1829, le chiffre global de 402 écoles, comme applicable à tout le département delà Seine, alors que le tableau n^ 98, tome IV de la statistique particulière à la Ville de Paris, indique, en 1828, un nom* bre de 403 établissements, dans la capitale. En poursuivant le relevé des chiffres inscrits dans le recueil ministériel, il se trouve que le nombre des écoles, suivant leur caractère, se répartissait dabs les proportions ci-après :

Totaux Ecoles libres Proportion 0/0

Ainsi, de 1828 à 1850, la proportion d'écoles privées et non gratuites n*a presque pas varié, à Paris, et elle s'est accrue, de 1850 à 1863, pour diminuer, ensuite, et revenir presque à la môme quotité qu'en 1828 ; malgré tout, comme on peut le voir, elle n a oscillé qu'entre 70 et 80 0/0 de l'ensemble des établissements.

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