AVANT-PROPOS
Les oludos hisloriquos ont subi, comme toutes les connaissances humaines, la loi do division du travail ; grâce à ce besoin de restreindre l'étendue des sujets afin de donner plus de profondeur aux recherches, il a été publié, pour un certain nombre de villes françaises, des annales composées sur l»ioces d'archives, sans parler des curieux inventaires mis au jour, depuis 1852, et qui révèlent, sous ses divers aspects, la vie municipale, avant la Révolution.
Les ouvrages écrits, d'après cette méthode, sont, de beaucoup, les plus utiles et les plus durables, par la raison très sijnplo qu'ils ont une base (ixo cl solide.
Paris a inspiré maintes publications, sur son origine, ses développements, ses édifices ; sur les événements dont cette Capitale a été le théâtre. Mais, il n'existe qu'un très petit nombre d'ouvrages
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sérieusement consacrés à ses institutions locales, dont les plus obscurs auteurs, dans des exposés chronologiques, ont prétendu retracer riiistoire, en répétant les mêmes allégations, en reproduisant les mêmes conjectures, en s'appropriant les mêuics erreurs.
Malgré leurs imper l'ections aussi graves (jucî nombreuses, les recueils de Sauvai, De Lamare Félibien et Lobineau possèdent une richesse documentaire dont la valeur s'est grandement relevée, par les pertes survenues, dans les archives publiques quecescompilateursavaientconsultées; mais, là se borne le prix des gros volumes publiés, aux xvii^etxviii® siècles, sur l'histoire générale de Paris. C'est également à raison de l'authenticité des sources où ils ont puisé que les livres de Tabbé Lebœuf et de Jaillot conservent une place dans la collection des œuvres pouvant oiïrir de l'intérêt, pour certaines restitutions topographiques ou monumentales.
Leroux de Lincy, en composant son IHsloire do rilôlel (le Ville, eut lo mérite Iros appréciable de dépouiller d'autres documents inédits et de les faire connaître; mais, ce savant auteur n'a, ni embrassé l'étude complète des institutions municipales de Paris, ni commenté, avec exactitude, tous les actes auxquels il se réfère.
AVANT-PIIOPOS III
En 1861, M. Haussmann, préfet de la Seine, créa un service d'historiographie et fit appel à des collaborateurs éminents, pour traiter divers sujets ayant tous un caractère particulier d'érudition. Quant aux études embrassant Tensemble des institutions échevinales, elles furentfaites en dehors des recherches nécessaires pour juger sainement les choses ; l'initiative des travaux fut abandonnée à Tappréciation de quelques personnes d'une compétence douteuse : on en a la preuve dans ce fait que la série renfermant les textes qu'il importait, tout d'abord, de publier n'a été placée qu'en 1880 au rang des documents à imprimer : c'est la collection des registres du Bureau de la Ville, depuis la fin du XV* siocle; encore a-t-on décidé de s'arrêter à la mort d'Henri IV, en 1010.
Quant aux délibérations du corps municipal, du xm® au xv'^ siècle, elles sont en déficit ; une parlie se trouve de l'autre côté de la Manche, depuis l'époquede la domination anglaise. Ajoutonsqu'une perle considérable a été faite, en 1871 ; elle consiste dans l'incendie des registres de tous les actes d'assemblées communales, de 1790 à 1870 inclusivement ; néanmoins, l'exercice de la tutelle administrative confiée aux divers ministres permet de reconstituer la teneur des principales réso-