CHAPITRE XXXir
Ce i|iii se passa Uaas le diâteav apWs cctfcdflac]lldilioii.
On se mit à table sitôt qu'on eut eu soin des blessés et qu'on se lut assuré des prisonniers j et» comme lajoiKuéa lirait été fatigante, on. se coucha de bonne heure. Le lendemain on fit enterretr lés morts, fort hou6^ab(e«ici|t»att«tout le^n tilbom^ic qui avait été afisasainè dans :1e carrosse de la dpohesa^- Los dJx-«ept bao!" dits qui avaient été luéa.on dedans ot aA ddiors da la forèi SweMt ||ar provision, êuvQjés snr les voues» en atlendaM que le reste leur fût covojé pour oompagnie.
4pré^ccUeexpéditiaft^ io lieutenant parlai» etjdwv^MiOO baigago. Le linutcnant ne^ vifftit tfifjpq jfUirs nfir^^ ^ fit voir au dw.
les iiifor«)i^tians et kstnterrogalèonsdes bandits. Le duc 1^ trouva oomme il Ta* vait souhaiiè» ot les comrauuiqna à VaieiiO| qnâ eut Uen d'en être salisfatl. Ce lioutenanl et son greffior, aprèi^ êfffmr été amplement rfcon^^vaés de'Ieur feiae par le coBUtei eurent encore le butin èta bandiUA, qu'ils. reCMroèraatobercher éuas la caverne^ obilsi'avaâettt Unasé, sans parler de leura chevaUK/ ànr kaqoels ces malfaenrc«x n'avaient poinf ou le temps de raen- 1er. Pour «eplusparkrd'objcts si affreux, JHSéice fut feilo d'eux tous» et ils furent ewvoyés border lesgrandscbeaabs^eKceplé oefaii à qtti lo«doc da Jttâduo evaM fnmi$
JKM» ÛlUCHOTTE,
la vie ; et à ^i U donua non-sealomeDt la liberté 9 mim encore une somoïc d^argcat 3uflisan(e pour le conduire hors d'Espagne > et mener an train de vie plus lion* note.
Comme Sancho, en confiant son butin à son bon maître^ de peur qu'on ne le lui prit pendant son sommeil, Favait prié de le compter^ ion Quicholie Tavait déjà fait, e4 lorsque Sançbo commença d'ouvrir les ^eux , il le lui rendit, et lui dit qu'il j avait dedans plus de bail cents pistoles.
Ceux qoi connaissent le eM^a€)t^^ 4( Sancho peuvent ^'imaginer ques4 joie fui au-dessus de toute expressjoa. £n efie|t) cette bonne nouvelle penia lui faire perdre le peu de raison qui lui restait $ m^i$ la tranquillité et le repo^dont il jouissait dans son Ut lui aidèrent à calmer ses (ranaportsj et eomme sa màehoiire se raccom** moda, et qu'il buvait et mangeait t^Htf son soûl, il se releva avec un embonpoia^t qui ne cédait en rien À celui oix on l'av^ vu auparavant»
♦ CHAPITRE XXXm...
IV>uiK^ot Siuvcho perdit ses armes cndiaiiU'es, et du terrîbk cembat ({uH! eut a soutenir
pour les rccouvrei*. " • '
La duqbesse de Mcdoc, qui l'avait souvent été voir, claît très fâchée de son indisposition, parce qu'elle n'en pouvait pas tirer tout le plaisir qu'elle en aiurait voulu j mais clic comptait bien de s'en dédommager sitôt qu'il serait en état d'agir et de sortir, ce qui ^arriva dès qu'il put ouvrir les jeux, c'est-à-dire environ huil jours après que l'accident fut arrivé. Yalerio, qui com^nvençait à se mieux porter, et qui était en état de prendre l'air, était monté dans sa chambre avec le reste de la compagnie , et Pu partie en sa présence pour aller le lendemain tous ensemble a l'entrée de la fbrét, et se promener au même endroit où. Eugénie avai^ été délivrée.
Celle partie avait été faite et liée exprès devant Sancho, afin qu'il ne cnU pas que ce l^t un rendez-vous pris à dessein pour être téipvinie l'aventure qu'on lui préparait. Comme il se portait bien^ jl sortit de sa cbaqdire , et descendit pour aller se promener dans le parc, ou plutôt jpour aller boîrç à TofCce, comme il faisait avant son accident.
ly'ufficier le laissa avec des gens capabicii 4e lui tenir la tète à boire ^ ci lui, par Ai^ ^jf^u gui ré^ndaii du grenier à Ja
chambre de nos aventuriers i ou plntôt par une planche du grenier qu'il enleva, il j descendit j il attacha toutes les armes de Sancho, pièce par pièce ^ avec de la ficeHe qui répondait au haut du plancher, qu'on pouvait ôter et remettre sans bruit , et^ afin que les armes n'en fissent point en les enlevant, il mit du coton où il en fallait pour les soutenir. Sancho , s'étant retiré le soir, et voyant ses armes dans le xnême coin où il les avait mises, et n'y remarquant aucun changement, ne les visita pas plus qu'il avait accoutumé de le fairi», et les laissa telles qu'elles étaient. Dos que l'officier les crut endormis, il monta au grenier, et, s^ans faire le moindre bruit, enleva les armes d|i chevalier Sai^ho. C«. coup étant fait, il alla au môim^ endroit où il avait d(!^â fait le personnage deParafaragaramus, et où illecoutrefiteacare de la même manière.
À toi, invincible chevaUer des liions,, $'écria-l*U,ie viens te remercier de cejqua, tu as fait pour la duchesse do Méduc etpour la vengeance de la ooipte^se Ëugér nie* Tu t'es rendu digne des armes que jo. t'ai données, etjeteîeUaisiej maisi poar, le chevalier Sancho^ jo suit wiuié.co«ar«
DON QUrCHOTTÊ.
lui, po* avmr touché des Armes infernales^ qui soaillent les mains d'an chcvaticr erranty et pont lesquelles tont ce qu'il y a de braves chevaliers doit avoir de Vhorreur. A toi donc, Sancho Pança, qui déshonores Tordre de chevalerie, je te déclare que j'emporte tes armes et ton cheval ; je ne te ferai point d'autre mal , en iuveur de ton bon mattre^ et je me contenterai de te regarder avec indifférence. Je t^ déclare pourtant qu'il ne tiendra qu^à toi de regagner mon amitié et tes armes , pourvu que tu travailles à t'en rendre digne^ et, en ce cas , tu les retrouveras au même endroit où tu les as déjà trouvées ; elles y seront gardées par un enchanteur d'un ordre inférieur au mien, contre qui tu auras à combattre. Vois si tu te sens assez de cœur pour entreprendre l'avcnlurc. Le seigneur don Quichotte peut t'assister de ses conseils^ il peut même to favoriser de sa présence -, mais je lui défends de te secourir, et même d'approcher de quinze pas de ces armes, sous peine de perdre les siennes et d'encourir ma haine pour toujours. Vois , indigne Sancho, quel malheur ton imprudence t'attire. Souvicns-toî que l'enchanteur qui garde ta dépouille n'a point de temps k perdre, parce qu'il faut qu'il aille et revienne duGatha y avant le coucher du soleil ; il est levé , ainsi ton épée ne te servira de rien contre lui. Cours donc dés la pointe du jour à la conquête de tes armes, ou ne te présente jamais devant les braves gens, et renonce à la profession et aux espérances de devenir roi ou empereur de la Chine. N'v va pas, si tu ne te sens assez de cœur pour soutenir un rude combat, ou bien prépare-loi à être assommé de coups cl accable de honte en présence de tous les gens qui sont dans le château de la comtesse, et qui seront témoins de (a valeur ou de ta lâcheté.
L'ihfortuné chevalier ne savait s'il était mort ou vif, tant il était épouvanté du combat qu'il avait à soutenir, on désespéré de perdre lès armes qui le garantissaient de totitmal, et soos lesquelles, quoiqujil n'en cAl rien dît à son maître , il avait résolu cîo déltôner pourU moins l'hérétique reine d'A'figleterre. Don Quichotte, qui vît sa pe^e^tilé, tAcba do le consoler, mais sa
douleur était trop vive pour être soulagée. Il se leva , alla à l'endroit où il les avait mises, et, ne les trouvant pas, sa douleur monta à son comble. Prends courage, mon enfant, lui dit don Quichotte : tous ceux de notre profession ont toujours eu des traverses, el tu dois être bien aise que Parafaragaramus ne t'impose point d'autre peine que celle d'un combat. Par ma foi, monsieur, lui répondit Sancho, vous parlez toujours le mieux du monde ; vous n'avez rien à craindre, et vous ne voulez pas me laisser démanger où il me cuit : que diable ferai-je contre un enchanteur, sur qui une épée ne fera rien , et qui va me percer de la sienne comme utt crîWe? Tenez, monsieur, ajoul«-t-il, c'est madame la duchesse qui m'attire tout ceci : r^r, si je n'avais pas voulu tirer aussi bien que les autres pour lui faire plaisir , je n'aurais pas mis la main où je n'avais que faire. Oui , jarnidienne , c'est elle oui me cause tout ce beau ménage. Au diable les femmes ! elles m'ont toujours porté guignon.
Là-dessus il s'emporta contre les femmes d'une manière terrible, et lit rire toute la compagnie qui l'ôcoutaît, et surtout la duchesse, qui n'en perdit pas un mot. Il dit contre elle'mille invectives, et les aurait continuées avec la dolcancc do ses armes perdues , si on ne fùt^ pas venu frapper à sa porle. II ouvrit, et vit l'ccuvcr de la comtesse, qui lui demanda fort froidement s'il avait déjà pris son cheval à l'écurie, et par où il l'avait fiiît sortir, puisque la porte avait toujours été fermée, cl qu'on ne l'y trouvait point, ni dans aucun endroit du château , quoiqu*on l'ciU cherche partout , ol c^u'il n'en avait jîas pu sortir, le ponl-levîs n'étant pas encore baissé.
La perte de son cheval renouvela toutes ses doléances et ses cris. Don Quichotte, qui avait honte que l'abattement de son écujer parAt à d'autres, se contenta de dire à cet écuyer qu'ils savaient bien où îl était, et qu'on le ramènerait en peu de icmp?; et, cet homme étant sorti, îl revint h Sancho, el lui remit le cœur au ventre le mieux qu'il put, et le fit résoudre enfin à fentter Taventure. Il le pria de ne point so)rtir sans lai, ctd'atlendrc qu'il iilt armé :
8IIII8 eela , il aiimii. troovë loate la compagQic> qui écoutait à la porte. Elle se retira.quand elle vit qu^il était résolu, et le de?au(a > de sorta que don Quichotte et lui la trouvèrent qui allait à pied en se promenant. Notre béros était armé, et oanchct, désarmé, voulail passer sans rien dire; mais la duchesse l'arrôla, et lui demanda où il allait si vite. Il lui répondit en grondant qu'elle était cause de.l'aven* ture dangereuse quHl était obligé d'entreprendre, et lui aurait peut-être ditde» injures, si chacun ne IVùt questionné. On marchait toujours ccpendaot, et cnlin les ducs, qui marchaieal les premiers, s^arrétércnt tout d'un coup, en feignant une grande surprise d'être arrêtés sans voir par qui ni coiuipent. Ceux qui les suivaient dirent qu'ils ne voyaient ricD, et voulant avancer, ils s'arrêtèrent aussi tout court, en criant qu on les retenait. I^s dames firent semblant de vouloir passer^ et feignirent de trouve^ le même empêchement.
Leurs gens firent la même chose à environ quinze pas dea armes, et le firent si naturellement, que dor^ Quichotte crut qu'ils étaient enchantés, ou du moins retenus par la force de quelqiie enchantemenl. O^n le pria de tenter l'aventure, puisque ses armes le délivraient des enchantements. Il répondit qu'il lui était défendu d'approcher de quinze pas des armes qu'on voyait. Je no vois ricn^ dit le duc. Ni nous non plus, dirent tous les autres presque en même temps. Quoi ! leur dit don Quichotte . vous ne voyez pas les armes et le cheval du chev.ilier Sancho pendus h un arbre, oc un enchanteur au pied qui les garde? Nous ne voyons rien, répondirent-ils tous pres(|ue en nu^me temps. Je les vois bien, moi, dit Sancho; mort de ma vie, il faut que je les aie. Il entra en même temps dans la lice, que tout le monde, maîtres et domestiques, entourait environ à quinze pas en tond.
H était armé d'un gros bâton en forme de massue. Pardienue, dit il à son maître, si mon énéc no peut rien contre ce diable , ceci 1 assommera s'il me laisse faire. Il alla donc seul d!.un pas précipité, sans s'apercevoir ni d'une ficelle qu'on avait mise en travers de son chemiuji ni d'un .paquet qu'on lui avait attaché au derrière, pon-
dant que la duchesse et les autres le 4|iies* tionnaient.
L'enchanteur qui gardait ces armes était encore le maître d'b6te) même qui avait toujours joué le personnage de Parar faragaramus : c'était un homme extrême* ment grand, fort et robuste ; il était vétn d'une grande simarre rouge, qui te couvrait depuis le sommet de la tète Jusqu^à la plante des pieds, ce qui le faisait paraître encore plus grand qu'il n'était 11 n'a-* yait point de masque sur le visage , mais il se Tétait rougi avec du yermillon , el sur ce rouge on lui avait peinl^unè barbe noire en forme de poignard ; il avait sur les yeux des lunettes et des besicles, teltea qu'on en met aux enfants qui louchent , pour leur redresser la vue , et Sancho croyait que c'étaient ses yeux qui lui sor* talent de la tête ; au lieu de cheveux tressés, il s'était mis des peaux d'anguilles pleines de son, que ilou Quichotte prit , aussi bien quesonécuyer, pour des couleuvres. Il s'était appuyé contre l'arhre où les armes étaient pendues, et n'avait bougé que lorsqu'il vit Sancho venir à lui. Pour lors, il fit un pas do son côté, et parut s'appuyer sur une massue réelle , armée de peintes de fer, telle qu'on peint celle d'Hercule.
Cet objet terrible avait arrêté Sancho tout court. La peur lui avait ouvert les conduits par où la nature se décharge ; du moins semblait-il bien certain qu'au lieu de son air furibond, il devint tout pAle et tremblant.. Don Quichotte se ressouvint qu'il lui était permis de Taidcr de ses conseils ; c'est pourquoi il lui cria t Courage, ami Sancho, avance toujours, évite le premier coup, et la victoire est à toi. lié! contre qui Tanimoz-vous, seigneur cheva^ lier ? lui dit le duc, nous ne voyons rien. Je ranime, monseigneur, répondit notre héros, contre on enchanteur qui est au pied de cet arbre , et qui est un géant monstrueux. Pour lors l'enchanteur vint à Sancho comme pour l'assommer avec sa massue, qu'il releva. Ah ! nous le voyons! crièrent en même temps tous les spectateurs, quelle horrible figure 1 Seigneur chevalier don Quichotte , au nom de l'il- Justre Uulciqée, ne nous abandonnez pas! dirent-ils en lignant, une terreur fort.