‹ Histoire de l'Afrique septentrionale (Berbérie) depuis les temps les plus reculés jusqu'a la conquête français (1830) (volume 2)Chapitre 122 sur 174 · RÉVOLTES RELIGIEUSES HN ALGERIE · texte numérisé non relu

RÉVOLTES RELIGIEUSES HN ALGERIE

donnèrent notamment un fusil à trois coups, invention toute nouvelle dont le cherif devait tirer un grand parti. Grâce à cette liaison, il obtint que la plupart des pèlerins de Berbérie fussent rapatriés par des navires anglais et prit place sur l'un d'eux. On le débarqua, avec quelques-uns de ses compagnons, à Tunis ou à Bône, et il n'est pas douteux que le marabout n'eût reçu des Anglais une mission politique que nous allons le voir remplir de son mieux (1803).

Le cherif Bel- (contraction de Ben-El) Ahrèche, dit Bou-Dali, se rendit d'abord incognito à Conslantine, où le pouvoir était entre les mains du bey Osmane. Lorsqu'il fut bien renseigné sur les hommes et les choses, il se lança dans les montagnes kabileset, de proche en proche, favorisé par le prestige qui entoure un marabout , il atteignit la petite ville de Djidjeli et s'établit dans l'oratoire de Sidi-Zitouni. Bou-Dali était alors dans la force de l'âge; c'était un homme de haute taille à la barbe rousse, portant la livrée des Khouane-Derkaoua, c'est-à-dire, des vêtements en loques. En peu de temps, il fut entouré d'un grand nombre d'adhérents qu'il enflammait par le récit de ses prouesses en Egypte. 11 annonçait de prochains et grands événements et se proclamait l'ami des Anglais qui avaient purgé l'Egypte de la présence des Français.

Bientôt il se prépara à la guerre, si bien que la petite garnison turque ne se jugea plus en sûreté. Une belle nuit, les Yoldachs s'embarquèrent et furent imités par la nouba de Collo. Rien ne pouvait mieux servir les projets du cherif; il se revêtit d'un magniGque burnous vert, s'établit en maître à Djidjeli et chargea de la défense de cette place un Koulour'li nommé Ahmed-ben-Dernali, auquel il acheta un petit bateau armé et équipé, annonçant qu'il allait faire la course contre les Français. Il s'embarqua en effet et, dans la nuit du 9 juin 1801, attaqua de malheureux corailleurs de l'île d'Elbe, montés sur six felouques et qui, poursuivis par un corsaire anglais, étaicntvenusse réfugier près de La Galle; il fit prisonniers les 55 hommes qui les montaient et les débarqua sous le cap Sebâ- Rous, d'où il les conduisità Djerab 1 dans la vallée de l'Ouad-Zcnour. Il se construisit un village dans ce lieu reculé, et s'y établit avec une belle Kabile de ces contrées nommée Yamena, qu'il avait enlevée. Ses premiers succès, ses violences, son étrangeté lui acquirent une énorme influence sur les populations guerrières de cette région.

Sur cesentrefaites, un marabout nommé Si Abd-Allah-Zebbouchi, dont le centre était à Redjas, au delà de Mila, se mit également à provoquer des troubles, en annonçant la chute prochaine de la domination turque. Pour le punir, Osmane-bey lui retira les concessions

Page 1