‹ Histoire de l'Afrique septentrionale (Berbérie) depuis les temps les plus reculés jusqu'a la conquête français (1830) (volume 2)Chapitre 5 sur 174 · lievue africaine, n» 28. p · texte numérisé non relu

lievue africaine, n» 28. p

HISTOIRE DE I.'aFBIQI'E

pas à devenir le chef de la secte et l'apôtre du Soufisme en Berbérie. Il écrivit de nombreux ouvrages, parmi lesquels son Akida. (ou articlede foi), présenté sous diverses formes, a obtenu le plus grand succès et se trouve dans toutes les mains. Nul doute que l'action du Soufisme n'ait contribué, par le détachement des choses terrestres, répandu dans les esprits, à la réussite si surprenante des Turcs.

Un autre mystique de la même époque fut le docteur Abou- Zeïd-Abd-er-Rahmane-el-Thàalebi, né près d'Alger, en 13H5, et se rattachant comme origine aux Arabes Thàaleba. Dans sa jeunesse, il visila les principales écoles du Mag'reb et de l'Orient pour acquérir la science aux meilleures sources; puis il professa longtemps à Tlemcen, composa un grand nombre d'ouvrages et mourut, en 1471, à l'âge de 70 ans. Les Algériens lui élevèrent un tombeau et une mosquée1, et, d'après une tradition, son corps serait également dans un autre cercueil, dans la tribu des Guechtoula (Grande Kabilie), ce qui lui a valu le surnom de Bou-Knbrcfne (l'homme aux deux tombeaux}. Il est le fondateur de la secte des Khouandc Sidi-Abd-er-Rahmane, si répandue en Algérie, et qui a joué un certain rôle dans son histoire, notamment lors de la révolte de 1871.

Nous avons tenu à indiquer dans quelles conditions les confréries de Khouan se sont formées et propagées en Berbérie. Celle des adeptes de Sidi-Abd-el-Kader-el-Djilani (ou Ghilani) existait déjà, depuis plus de trois siècles, mais elle se rattachait plus particulièrement aux Fatemides; les nouvelles confréries lui empruntèrent une partie de ses rites et de ses formules d'admission, tout en ayant des tendances différentes ; mais le résultat direct de ces associations a été d'achever la destruction de tout lien national et de le remplacer par des affiliations purement religieuses exclusives de toute idée de patrie cl soumises à l'impulsion du chef, qui réside souvent à l'étranger*.

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